CXCIX
Ive de Nesle, comte de Soissons, reconnaît par un acte public, rédigé en présence du roi Louis VII, les obligations qu’il a contractées envers l’évêque de Soissons quand l’héritage de Renaud lui a été reconnu. — \Cf. n° CXXVIII.]
Daté de 1147.
Cop.y Bibl. Nat., coll. Grenier, t. m, f° 48 .
Rédigé sans doute lorsque Ive prit possession effective de l’héritage de Renaud, mort vers la fin de ii 45 , du peut-être seulement à la fin de 11 46 .
ii47-ii48? — Entre le i er août 1147 et le i er août ii48.
Après avoir rappelé comment il a jadis reçu des mains de André de Baudiment et de son épouse Agnès, l’église de Braine où il a remplacé les chanoines séculiers par. des religieux Prémontrés, l’évêque Joscelin confirme à ceux-ci leurs possessions dans le diocèse de Soissons.
A savoir : i° Les biens que les seigneurs de Braine leur ont donnés jusque-là ;
2 ° Le quart de la dîme de Vailly, donnée au monastère par Louis VII, à l’exception du muid de froment et du muid de vin qu’il avait donnés antérieurement à l’abbaye de Cuissy 1 ;
3 ° La dîme donnée à Thorote par Raoul de Vermandois, avec le consentement du roi.
1. La donation de Louis VII est de 1 138 ; elle est datée de Soissons, en assemblée publique.
I 1 6 MÉLANGES D*HISTOIRE DÜ MOYEN AGE
Parmi les nombreux témoins de l’acte, on trouve : Hugue, abbé de Prémontré; Gauthier, abbé de Saint-Médard; Ernaud, abbé de Saint-Crépin-le-Grand ; le prévôt Ancoul ; les archidiacres Nivelon, Thibaud, Guillaume, Raoul, archidiacre et trésorier ; le comte Ive, Gérard de Quierzy.
Cop. Arch. Nat., LL. i 583 , Gartul. de Saint-Yved, f° 5 a. -— Bibl.
Nat., Latin, 5479 , Gartul. de Saint-Yved, f° 6i. — Bibl. Nat., Latin, 17028, Recueil de Gaignières, f° 192.
Ces trois copies portent la date de 1145 ; mais à côté, celles de XI e année du règne de Louis Vlï et de XXII e de l’épiscopat de Joscelin. Il est possible d’ailleurs que ce soient des indications fautives ajoutées par le copiste qui a rédigé le premier cartulaire de Saint-Yved. — Il faut remarquer que Gautier, abbé de Saint-Médard, paraît être mort dans le courant de 1148. [Cf. Gallia , IX.] — Ed. Gall. Chr. y X, ad pr., 118. Les auteurs du Gallia ont-ils connu un texte original ? Ils ont édité la date de 11 45 , celle de XI e année de Louis VII qui ne concorde pas, mais celle de XIX e année de l’épiscopat de Joscelin [vers novembre ii44-h45]. — Cf. Pécheur, II, p. 317.
n48. — 17 mars.
Par une bulle, datée de Reims où il était venu pour le concile, le pape Eugène III, à la demande de l’abbé Baudoin, prend sous sa protection l’abbaye de Longpont et lui accorde confirmation de ses biens.
Il lui confirme notamment la propriété que Pierre de Brainelui a donnée à Dementart par l’entremise de l’évêque Joscelin.
Cop. Arch. dép. Aisne, Cartul. de Longpont, H. 692, f° \l\. — Éd . Jaffé-Lœw., n° 9196. — Muldrac, Chron. Longip., p. 26. — Machaut, Hist. du bienh. Jean ..., p. 536 . — Migne, t. 180, i3ii.
n 48 . — 21 mars. — Reims.
L’évêque Joscelin assiste dans la cathédrale de Reims, au
second concile tenu par Eugène III contre Gilbert de la Porrée.
Joscelin fit partie, avec Geoffroi du Loroux, archevêque de Bordeaux; Milon, évêque de Térouanne; saint Bernard, abbé de Clairvaux ; Suger, abbé de Saint-Denis, de la commission à laquelle, en raison du trop grand nombre des évêques et docteurs accourus à Reims, on remit l’examen des doctrines de Gilbert. Cette commission se réunit dans le palais archiépiscopal de Reims.
Après ce travail préliminaire et au cours des discussions publiques, cette commission rédigea une profession de foi dont Gilbert de la Porrée accepta tous les articles, promettant de corriger ce qui, dans ses ouvrages, n’y était point conforme.
Sources : Otton. Frising. Gest. Frid. L. I, c. 54 (dans Pertz, XIII, 83 et seq.).— Hist. Pontificalis, c. 4 (Pertz, XX, 52 o). — Labbe, Concil., X. 111 5 et seq. — Abbé Berthaud, Gilbert de la Porrée, p. 280 et seq. — Jaffé-Lœw., n° 9197.
11 48 . — Mars. — Reims.
L’archevêque de Trêves, Albéron, vint au concile de Reims malgré son grand âge ; sur l’ordre du pape Eugène III, il siégea le premier parmi les prélats. A la fin du concile il demanda que les privilèges de son église lui fussent à nouveau confirmés : « Relegi de primatu sedis suæ plurima fecit privilégia super omnem Belgicam Galliam atque Germanium ... » L’archevêque de Reims, Samson, craignant quelque atteinte pour les droits de son église, s’en plaignit ouvertement. Il s’ensuivit une collision entre les gens de l’archevêque de Reims et ceux de l’archevêque de Trêves, dont plusieurs furent blessés. Albéron demanda raison de cette injure et réclama contre Samson, les peines canoniques, menaçant même de dévaster l’archevêché de Reims : «... Remensem vastaturum episcopatum... » Vivement effrayé, l’archevêque pria Joscelin de s’entremettre pour faire la paix. Grâce à l’évêque de Soissons, Albéron consentit à recevoir Samson qui lui fit satisfaction complète et lui livra les meurtriers.
Cf. HF., XIV, 358 (Vita Alberonis). — Gall. Chr XIII, 428.
MÉLANGES d’hISTOIRE DU MOYEN AGE
n 48 . — i 4 avril. — Reims.
Eugène III écrit aux archevêques de Bourges, de Reims, de Tours, de Bordeaux et de Rouen ; aux évêques de Soissons, de Laon et à dix-huit autres, pour leur enjoindre de rappeler à l’obéissance que, selon les canons, ils doivent pour le temporel à l’abbé de Marmoutier, les prêtres qui desservent des églises sujettes de ce monastère.
Êd. Jaffé-Lœw., n° 9240. — Mab., Ann . ord. ben., VI, 708. — HF., XV, 449 . — Migne, 180, 1337.
1 148 . — Octobre.
Eugène III écrit à Hugue, évêque d’Auxerre, à Joscelin, évêque de Soissons, et à Suger, abbé de Saint-Denis, au sujet de l’élection de l’écolâtre Hugue au siège épiscopal d’Arras.
Le pape mande aux évêques que L..., archidiacre d’Arras, qui est venu à Rome pour l’entretenir de cette affaire, lui a donné sur l’élection de Hugue des détails très différents de ce que lui avaient fait savoir Adam et les chanoines de son parti. Il a appris par l’archidiacre que l’élection de Hugue s’est faite contrairement à toutes les règles, en dépit de l’appel au Saint-Siège.
Le pape ordonne aux deux évêques et à l’abbé de Saint-Denis de faire comparaître les parties devant eux, d’entendre leurs raisons, et s’il leur semble prouvé que Hugue a été élu en dépit d’un appel au Saint-Siège, de casser son élection.
De plus, il leur ordonne de faire restituer*intégralement à L... et h ses partisans, les bénéfices dont ils avaient été dépouillés injustement.
Éd. Jaffé-Lœw., n° 9306. — Duchesne, H. Fr. SS., IV, 5 10. —
HF., XV, 452 . — Mansi, XXI, 64 i. — Migne, 180, col. 1376. —
Cartellieri, Aht Suger, n° 199.
Voir à ce sujet dans HF., XV, 519, à la date de 1149, la lettre que Thierri, comte de Flandre, écrit à Suger pour lui demander de mener
à bonne et rapide fin les affaires de l’église d’Arras, en reconnaissant et déclarant valide l’élection de Hugue.
1148. — Après le I er août. — Reims.
Sur le conseil de Joscelin, évêque de Soissons; de Barthélemi, évêque de Laon ; de Nicolas, évêque de Cambrai; Samson, archevêque de Reims, concède à Baudoin, abbé de Saint-Quentin en l’isle, l’administration de la léproserie construite en dehors du château de Saint-Quentin et la charge de sa chapelle.
Joscelin, évêque de Soissons; Barthélemi, évêque de Laon; Eude, abbé de Saint-Remi de Reims; Albéric, abbé de Saint- Thierri; Ursion, abbé de Saint-Denis de Reims ont souscrit.
L’acte est daté de 1148, Ind, 11, i 3 e année du règne de Louis VII [il faut lire 12 e année], 9® année de l’archiépiscopat de Samson.
Éd. Martène, Ampl. Coll., I, 806. = Analysé, Gall. Chr ., IX, 1088.
— Mab., Ann. hen ., VI, 449 - = Cop ., Bibl. Nat., coll. Grenier,
t. ni, f° 127.
CCVI*
n48. — Après le I er août. — Reims.
Samson, archevêque de Reims, notifie par une charte adressée à Pierre, abbé de Saint-Lucien de Beauvais, que Eude, évêque de Beauvais, a renoncé aux droits que, deux fois par an, il levait sur le monastère, « unde substantia fratrum... profligabatur ». L’évêque Eude y a mis cette condition : son anniversaire et celui de ses successeurs sera, chaque année, célébré solennellement dans le monastère et ce jour-là, les moines devront offrir un repas à i3 pauvres.
Ont souscrit : Joscelin, évêque de Soissons, Eude, abbé de Saint-Remi, Ursion, abbé de Saint-Denis de Reims, Boson, archidiacre de Reims, Dreu, prévôt, Léon, doyen, et les chanoines de Reims.
Daté de Reims, 1148, ind., XI, 12 e année du règne de Louis VII, s 9 e de Tarchiépiscopat de Samson.
120 MÉLANGES d’hISTOIRE DU MOYEN AGE
Cop., Bibl. Nat., coll. Grenier, t. m, f° io (d’après les archives de
l’abbaye Saint-Lucien de Beauvais.)