‹ Quatrièmes mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 4 sur 79 · XX. — Luchaire. — 4 es Mélanges d’histoire · texte numérisé non relu

XX. — Luchaire. — 4 es Mélanges d’histoire

contrer Joscelin, ce pourrait bien être un signe de quelque libéralisme de son esprit.

Tandis que dans la Cité, Guillaume de Champeaux enseigne le réalisme, Joscelin, a Sainte-Geneviève, donne des leçons tendant au nominalisme. Jean de Salisbury — (qui, cependant, classe Joscelin et ses partisans parmi « ceux qui tiennent pour les choses », ce qui pour lui veut dire les réalistes), — a écrit au chapitre xvii du livre II de la Métalogique : «... Il y en a un qui, avec Joscelin, évêque de Soissons, attribue l’universalité aux choses rassemblées en une et la refuse aux individus 1 ... » En dépit de l’obscurité des mots, cela est bien du nominalisme.

Il fut témoin des disputes d’Abélard avec Guillaume de Champeaux ; mais il ne paraît pas s’y être mêlé ni avoir pris parti. Peut-être celui qui, évêque, combattra vigoureusement le conceptualisme au concile de Sens et signera une lettre écrite en cette occasion au pape pour le presser d’intervenir, penchait-il, professeur, vers le conceptualisme, sans trop l’avouer? Gosvin qui ne craignit point d’attaquer publiquement Abélard, et qui eut assez de bonheur pour le vaincre, était le disciple favori de Joscelin ; le maître avait d’ailleurs fait tous ses efforts pour détourner son élève de ce projet, persuadé que c’était marchera une défaite inévitable*.

Il semble que Joscelin ait quitté son école vers iii5 et qu’il ait quelque temps fait partie du chapitre de Soissons 3 . En 1118, nous le trouvons à Bourges où il remplit les fonctions d’archidiacre. 11 y était déjà quand saint Godefroi, évêque d’Amiens, mourut le 8 novembre, dans le monastère de Saint-Crépin-le- Grand. Il composa l’épitaphe de celui qui, peut être, avait été son ami :

Gloria Pontificum, cleri decus ac monachorum Forma, gregis dux, exemplar morum Godefridus Hic jacety astra petens, octava luce Novembris k .

A Bourges, Joscelin vit mourir l’archevêque Léger ( 3 1 mars 1120) 5 .

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