‹ Quatrièmes mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 5 sur 79 · Mabillon, loc. cit., Y, 612 ( 1 . 74, n · texte numérisé non relu

Mabillon, loc. cit., Y, 612 ( 1 . 74, n

4 - Mabillon, loc. cit . ; Gallia Christiana, IX, 357 ; Hist. litt. de la France, XII, 4 i 2 .

5 . De La Mainferme, Clypeus nascentis ordinis Fontebraldensis (1688), U, 52 .

Digiti . >y LjOOQle

Le nouvel archevêque, Vulgrin, le confirma dans ses fonctions d’archidiacre. Il les remplit encore en ii 23 . Depuis cette date jusqu’au moment de son élection au siège épiscopal de Soissons, nous n’avons pu trouver aucune trace de lui. Fut-il, comme le veulent Mabillon et les auteurs du Gallia Christiana , archidiacre de Soissons, avant d’en être l’évêque ? On voit fréquemment a cette époque un dignitaire du chapitre ou de l’évêché monter sur le siège épiscopal. Néanmoins dans les actes postérieurs à 1123 , très peu nombreux d’ailleurs, qui nous ont été conservés de l’évêque Lisiard, le nom de Joscelin ne se rencontre jamais ; on y lit pourtant le nom des archidiacres qui auraient été ses collègues, Eble, Ancoul.

A la fin de 1126, Joscelin est élu évêque de Soissons 1 . Il va dès lors gouverner cette église pendant vingt-six ans : le nombre des actes qui sont parvenus jusqu’à nous montre suffisamment que Joscelin ne fut point un prélat inactif.

Pour qui étudie ces actes de près, il est relativement aisé de soupçonner ce que fut cet évêque à qui les contemporains et les chroniqueurs n’ont pas ménagé les louanges*.

Nous sommés loin avec lui de ce prélat ardent et quelque peu intraitable qui fut Alvise d’Arras, toujours en querelle avec .les abbés de son diocèse ; Joscelin ne mourra point comme lui à la croisade. C’est à peine si une fois un désaccord, bientôt terminé par une composition à l’amiable, s’élève entre lui et Atton, évêque de Troyes, au sujet des limites de leur diocèse respectif. Au contraire, à chaque instant le pape ou les évêques ses voisins le chargent de terminer des différends. Il n’y a guère qu’une question sur laquelle il ne transige jamais : les droits de son église et ceux de ses monastères; le comte Renaud, entre autres, l’apprit à ses dépens.

La conduite de Joscelin n’est point d’ailleurs l’effet d’un caractère timide ni faible : l’abbé de Chézy l’offense ? il le prive de ses droits et les prières de saint Bernard même ne sont point assez puissantes pour apaiser son courroux. Au concile de Reims, il riposte vivement contre Gilbert de la Porrée et tombe à son tour dans l’erreur opposée à celle qu’il entendait combattre. Saint Bernard lui-même put lui reprocher un jour d’avoir mis à

1. Nous discutons ailleurs en appendice la date de son élection, p. 1^2.

2. Saint Bernard (cf. actes de n 43 ). — Suger lui dédie sa Vie de Louis le Gros. — Nobilissimus doctor , nécrologe de Fontevrault, etc.

une réponse cet entête quelque peu mordant qui est malheureusement la seule phrase que nous possédions de cette lettre : « Sala te m in Domino et non Spiritum blaspherniæ » [Cf n° CLIl],

L’impression qui se dégage de l’étude des actes de Joscelin lui est donc favorable. Ce furent, sans doute, cette sagesse et cette modération qui lui valurent d’être choisi par Louis VII pour l’un de ses conseillers. Il compta parmi ses amis saint Bernard et l’abbé Suger qui lui dédia sa Vie de Louis le Gros \

Un manuscrit 2 nous a conservé deux écrits de l’évêque de Soissons, une « Expositio in Symbolum » et une « Expositio in Orationeni dominicam ». Ce sont deux « expositions » qu’il a écrites pour quelqu’un de ses amis qui avait souhaité lire de ses sermons. Il les a écrites, dit-il lui-même, comme il prêche: « Sic ut in ecclesiis so/eo prædicare. » Ces deux courts opuscules dénotent chez l’ancien professeur de philosophie une connaissance approfondie des Ecritures qu’il cite fréquemment. La phrase latine elle-même se lit facilement, et, en dépit de quelques termes empruntés au vocabulaire philosophique de l’époque, elle n’est pas dépourvue de toute élégance.

Joscelin mourut le 24 octobre ii 52 après un épiscopat digne et actif. Il fut enseveli d’abord dans la nef de la cathédrale; puis quand les travaux de construction de l’église de Longpont le permirent, vers 1192, on y transféra son corps, peut-être pour obéir à un désir par lui exprimé avant sa mort. Longpont était la plus belle de ses fondations. Une inscription fut placée sur son mausolée : « Hic jacet Joslenus episcopus Suessionensis qui primo adduxit com>entum hujus domus de Claravalle, tempore B. Bernardi abbatis . » Une autre inscription fut gravée vis-à-vis du mausolée : « Joslenus anno M.CXXV , Suessionum creatur episcopus , antea archidiaconus Bituricensis, magister celeberrimus Parisiensis, pater justitiæ et multorum cœnobiorum, hostis vitiorum et casti tatis cultor præcipuus, obiit anno M.C.L.P. »

1. Lecoy de la Marche, Œuvres de Suger , notice , p. v, et Ed., p. a 83 . —- Cartellieri, Abt Süger von Saint-Denis , p. m.

2. Bibl. rial., L, 5129. — Les deux écrits de Joscelin ont été édités dans Martène, Amplissima Collectio , IX, iioi-im. — Gousset, Actes de la Province ecclésiastique de Reims , II, 289.

3 . Muldrac, Chronique de Longpont. On remarquera qu’il n’est point dit dans cette inscription que Joscelin ait été archidiacre de Soissons. Cf. aussi Gall. Christ ., IX, 359; Pécheur, Annales du Diocèse de Soissons , II, 474 -

* Note. — Joscelin de Vierzi ou Joscelin de Berri. — Les auteurs donnent communément à notre évêque le nom de Joscelin de Vierzi : nous les avons suivis en cela. Cependant nous ne sommes point assuré que ce soit bien là le véritable nom de ce personnage. Déjà nous l’avions vu nommé Joscelin de Berri dans un ouvrage assez récent : Nicais e, Epernay et Vabbaye de Saint-Martin (1879), H» P* I2 ^ ’ et nous l’avons remarqué en son lieu (Cf. n° LXXI). Nous avons rencontré également cette dénomination dans le Catalogue des évêques qui forme les premiers folios du Rituel de Soissons, dit de Nivelon 1 (Bibl. N le , Latin, 8 898). Le manuscrit est de la fin du xn e siècle ; et si la liste des évêques est d’une écriture beaucoup plus récente, du moins la rédaction en est ancienne encore. Ainsi un texte ancien, émanant de la cathédrale elle-même de Soissons, fondé par conséquent, on peut le croire, sur la tradition et peut-être sur des actes écrits aujourd’hui perdus, donne à l’évêque de Soissons le nom de Joscelin de Berri .

Nous reproduisons ici la notice du Rituel, folio 2 :

Goslenus de Berri, tempore suo remoti sunt canonici Compendii et Sancti Leodegarii, Ulcheii, Casthedorici> Montis Mirelli, Basilica rum, Branæ, Petrafontis, Vivariorum, Castellionis, Firmitatis Milonis.

Le Rituel ne donne d’ailleurs aucune date. Il marque seulement que Ancoul de Pierrefonds était évêque de Soissons en n 58 .

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