Cf. no CIV
place. Nous le trouvons parmi les signataires de la charte de fondation deLongpont (i 13a) ; il y estappelé « Normannus sacerdos ». Il faisait partie déjà du chapitre cathédral de Saint-Gervais. Une charte de 1187 le désigne ainsi : « ... Normannicapellani nostri »: on peut en conclure qu’il fut quelque temps chapelain particulier de Joscelin. Enfin quand en n4o le comte Renaud fait don à Saint-Yved de Braine d’une mesure de sel, c’est Normand qui en qualité de chancelier « relit » la pièce. Il demeurera dans ses nouvelles fonctions jusqu’à la mort de Joscelin. A coup sûr cet Hardouin que nous avons rencontré trois fois faisant fonction de chancelier, celui sans doute qui était prêtre et chanoine en ii 35 , ne saurait être qu’un intérimaire qui fut chargé momentanément de la chancellerie en ii 4 i, au défaut de Normand peut-être retenu par la maladie, comme il en avait été chargé deux fois du temps de Rohard. On voit reparaître Normand dès la fin de cette année
ii 4 i 4 .
Pendant les douze années qu’il exerça sa charge, Normand se lia d’amitié avec Joscelin. Quand l’évêque mourut, Normand quitta le monde et se fit moine à Citeaux, non sans avoir donné, avant de prononcer ses vœux, au chapitre qu’il avait présidé pendant un si long temps, lîne maison sise à Soissons, rue de Jaulzy, et à l’aumônerie de Saint-Gervais, une vigne située à Belleu.
Les chartes émanées de ces deux chanceliers, de 1126 à ii 52 , présentent les mêmes caractères que toutes les chartes de la première moitié du xn° siècle ; il ne nous paraît point utile d’y insister. Nous voulons nous arrêter seulement aux différents modes dont elles sont datées.
La date est marquée d’abord par l’année de l’Incarnation. Il est difficile de déterminer d’une façon certaine à quel jour la chancellerie de l’évêché de Soissons prenait au xn e siècle le commencement de l’année. La mention suivante que porte une charte de Joscelin, est à ce sujet de la plus grande importance. On lit 2 : « Actam est Kalend. Martii annoDni Incarnationis M° C° XXX 0 V° a proxime præterito Natali inchoante et proximo Pascha decla rando . » A Soissons, on faisait donc commencer l’année au 25 décembre. Mais ce n’est que le jour de Pâques que se faisait la publication de l’année commencée déjà depuis plusieurs mois. Son millésime était écrit sur le cierge pascal dont la bénédiction