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Le Congrès se termina le 9 mai, Au moment de la clôture, le doyen des coloniaux, sir Samuel GRIFFITH, délégué du Queensland, fit quel-
clusions pourront recevoir un jour une sanction ultérieure; mais nous “pouvons prévoir, je pense, que cette sorte de conseil indéterminé “ (informal) de l'Empire se développera jusqu'au point où il deviendra “un corps législatif, ou du moins un corps consultatif et peut-être, un “jour, un corps législatif dont nous ne pouvons préciser dès maintenant “les conditions; et que des réunions comme celle-ci seront avant long- ‘’Lemps reconnues comme une partie du mécanisme général du gouver- “nement de l'Empire (Ecoutez! écoutez!) ” (p. 561). Le président ratifia cette espérance (p. 562). Il est à noter qu’à cette première conférence, résolution concrète ne furent votés.
Dans une dépêche en date du 23 juillet 1887, sir Henry HOLLAND
communique aux 8ouverneurs des diverses colonies les résultats de la Cunférence:
“Le sujet de l’organisation de la défense “par ordre d'importance: c’est la position que # prédécesseur, M. Stanhope, aujourd’hui secrétaire d’Etat
“II ne peut y avoir de doute que le moment était arrivé où une déli-
aucun voeu, aucune
“être pas assez compris, dans ce Pays-ci [la Grand “efforts considérables qu’un grand nombre des coloni “assurer la défense locale; et de toute façon, il était opportun d’étudier “à fond cette question vitale, Je crois que Ja Conférence, en permettant “un échange de renseignements, a produit de plus grand bien; et j'ai
‘ antes ressour-
es ont faits pour
“D’autres matières d’un Caractère général, se rattachant “de la défense coloniale, ont été mises sur
“ ple, l’engagement, dans les armées coloniales,
« ce sujet le tapis ; par exem-
“particulière à laquelle elles appartiennent ” (p. X).
Ce dernier projet n'avait élé qu’effleuré. L'idée de central: impérialiste n’était pas encore mûre,
Le reste de la dépêche est Consacré princi
palement aux questions de commerce et de Communications télégraphiq
ues et postales,
Prenons ea ve
La seconde Conférence coloniale se tint à Ottawa, en 1894. Elle avait été convoquée par le gouvernement canadien, sur les instances de sir Sandford Fleming, pour délibérer sur la question. particulière du câble trans-Pacifique. Elle se consacra tout entière à cette question, qui ne se rattache qu’indirectement au sujet de cette étude (1).
Dans l'intervalle, l’école impérialisle avait continué sa propagande, avec des alternatives de succès et de contradictions.
Joseph Chamberlain
Il avait jusque-là manqué au mouvement un véritable chef, un homme de pensée ct d'action, capable à la fois d’embrasser les conceptions hardies des rénovateurs de l'Empire et de les transporter dans le domaine de l'action politique et des faits accomplis. Ce chef nécessaire se révéla dans Joseph CHAMBERLAIN. C’est une personnalité et une carrière remarquables que celles de cet homme, modeste industriel, dont les aspirations et la politique triomphent aujourd’hui dans tout l'Empire britannique. Entré dans la vie publique comme partisan et ouvrier actif des réformes sociales et économiques les plus radicales, les plus exclusives de toute forme d'impérialisme politique, économique ou militaire, il devait aboutir à donner à l'impérialisme britannique l'orientation et la poussée qui ont assuré son triomphe — triomphe r: : bablement éphémère, mais écrasant à l'heure actuelle,
Séparé de Gladstone par la question du Home Rule, auquel il avit commencé par adhérer sans réserve, il ne se borna pas à faire bande à part, comme John Bright ou sir Leonard Courtney (aujourd’hui lord Courtney of Penwith); il se joignit à lord Hartington, futur duc de Devonshire, et aux derniers tenants de l'aristocratie whig, qui ne pouvaient plus faire cause commune avec le libéralisme généreux de Gladstone. Ce groupe disparate, formé des deux factions les plus opposées du parti libéral, fit avec les torys une alliance d’où sortit le parti conservateur-unioniste. Que cette fusion ait pu s'opérer, et surtout qu'elle ait duré, on ne le comprend que si l’on a une connaissance approfondie de la politique anglaise, où la logique et la fidélité aux doctrines et aux principes fixes jouent un rôle tout à fait secondaire. Ce qui est plus étonnant encore, c’est que le principal facteur de cette combinaison fut l’homme même qui, par son caractère et ses antécédents, semblait le plus éloigné des deux groupes qu’avait rapprochés la haine commune des libertés de l'Irlande. Sans doute, hamberlain sacrifia au succès de l’alliance unioniste et à son propre avancement la plupart de ses idées sociales et de ses principes économiques. Mais ce qui démontre ls force de l’homme, c’est d’abord qu’il fit accepter son apostasie à ses farouches adhérents, les socialistes de Birmingham ; c’est surtout qu’il réussit à imposer à ses collègues torys et whigs, et finalement à tout l’Empire, le principal article de son nouveau credo impérialiste — la participation des colonies aux guerres de l’Empire, — même après que le parti unioniste l’eut virtuellement rejeté de ses rangs
(1) Le compte-rendu des délibérations de cette Conférence ct le rapport de son président, le comte de JERSEY, sont contenus dans un livre bleu impérial: C. 7553. Deux dépêches additionnelles du marquis de RIPON, alors ministre des Colonies, ont été publiées à part: C, 7824.
et qu’il eut repoussé les autres articles de son programme: Ja réorganisation politique et l'union économique de l'Empire. L'idée maîtresse de Chamberlain triomphe aujourd’hui, après la défaite de l’homme qui l’a lancée, défaite bientôt suivie de sa retraite et de sa mort; et elle triomphe surtout par le concours aveugle et enthousiaste des coloniaux, qui avaient été les premiers et les plus violents à la combattre,
Retraçons à grands traits la voie que cet homme remarquable, hors cadre dans l’histoire d'Angleterre, a suivie pour atteindre son but, et les jalons principaux dont il a marqué la route où il a réussi à entrainer le Canada et les autres possessions autonomes de la Grande-Bretagne,
L'alliance tory-unioniste fut définitivement scellée en 1895. Le marquis de Salisbury appela dans son ministère les chefs de la faction détachée du parti libéral; le duc de Devo du conseil (1), et M. Chamberlain, secrétaire d’Etat pour les Colonies. L'ancien champion du radicalisme avancé n’était pas homme à suivre docilement les traditions établies depuis un demi tère des Colonies. 11 commença par tenter une maine de la politique étrangère. Il essaya de faire revivre leé formules
tagne, les Etats-Unis et l'Allemagne, afin d’assurer, sur les influences latines et slaves, le triom-
phe des idéaux communs du teutonisme anglais, américain et allemancé. Cette idée a laissé en Angleterre des traces plus profondes qu’on ne le croit. En dépit des apparences de l'heure actuelle, on peut être assuré qu’elle renaîtra et prendra corps. Rien ne se perd en Angleterre; rien surtout de ce qui répond au tempérament et aux instincts de la race. Mais pour l'heure, la prudente résistance de lord Salisbury et des conservateurs traditionnels mit un frein au bernhardisme d'avant la lettre, dont un très grand nombre d’Anglais et de coloniaux sont les disciples de fait, en dépit des injures qu’ils prodiguent, de ce temps-ci, au prophète allemand du dieu de la force (2).
Forcé de se cantonner dans les attributions de son ministère, estimé jusque-là d'importance secondaire, M. Chamberlain s’appliqua immédiatement à en faire l’un des plus importants du pouvoir exécutif de la Grande-Bretagne. Il conçut dès lors la pensée d'utiliser les
colonies dans la poursuite des projets de conquête et d’expansion brutale qu’il rêvait pour ?
faire entrevoir à ses compatriotes ] bles de troupes de terre et de mer, coûtât à la Grande-Pretagne, il v
(1) En Angleterre comme au Canada, la présidence du Conseil n’est pas nécessairement occupée par le premier ministre, ;
(2) Dans son Message à la Nation, lord ROBERTS enjoignait à ses compatriotes de n’accueillir les enseignements de Bernhardi “
qu'avec un sentiment de respect.”
rh ME sang Dee. me TOUR
armements
calculs de la prudence ct des scrupules de la morale. Pour atteindre ce but, il lui fallait d’abord conquérir la confiance des coloniaux. Il s’y mit résolument; et le succès re tarda pas à couronner ses efforts. Il devint bientôt l'oracle des gouvernants des colonies, même quand il suscitait leur contradiction. Déjà, en 1888, il avait, comme plénipotentiaire du gouvernement britannique, négocié, avec sir Charles Tupper, un traité de réciprocité entre le Canada et les Etats-Unis. Ce traité échoua au Sénat américain. Mais M. Chamberlain en avait profité pour venir au Canada et manifester aux Canadiens un intérêt auquel ne les avaient pas habitués les hommes d'Etat britanniques, tous plus ou moins dédaigneux des Colonials. :
Jubilé de la Reine - Conférence de 1897
Placé à la tête de l'administration coloniale, Chamberlain ne négli- Sea aucune occasion de prendre contact avec des hommes publics et les chefs d’opinion des “nations soeurs” — c'est lui qui a inventé cette amusante appellation, destinée à entretenir les illusions vaniteuses des coloniaux. Les fêtes grandioses qui marquèrent le soixantième anniversaire du couronnement de la reine Victoria lui donnèrent l’avantage exceptionnel de réunir sous sa main les premiers ministres et les nombreux délégués des colonies autonomes. II les entoura de prévenances. Il les combla d’honneurs. Il fit même semblant de les consulter. De son rêve de grandeur impériale, il leur dévoila tout ce qui était propre à séduire leur vanité et même les aspirations les plus nobles et les plus légitimes des habitants des colonies.
Il ne borna pas ses efforts à une action personnelle sur chacun des délégués coloniaux. Lorsqu'il les jugea suffisamment éblouis par le spectacle des pompes impériales et préparés à accepter les principes de sa doctrine et les actes de ‘ dévotion impériale’ qu’eile suggère, il les réunit en Congrès de l'Empire (1). Une fois qu’il les eut bien assouplis, il leur révéla la pensée directrice et les tendances générales du nouvel évangile.
...“ Quelque forte que soit l’union des sentiments, et tout impos- “sible qu’il serait d’établir des relations quelconques sans l'existence “ de cette union, nous sentons tous, je crois, qu’il serait désirable d’en “tirer profit et de resserrer davantage les liens qui nous rattachent les “uns aux autres. Je puis affirmer qu'ici, au moins, l’idée d’une fédé- “ration flotte dans l’atmosphère... Il est très vrai que notre constitu- “tion et les vôtres ont toutes passé par une croissance très lente et “ qu'elles sont d’autant plus fortes qu’elles se sont affermies par degrés. “ Peut-être en doit-il être ainsi de la Fédération Impériale: si elle doit “s’accomplir un jour ce ne sera que par une marche graduelle et après “ l'écoulement d’une longue période...
“Il semble que des procédés plus efficaces de consultation mu- “tuelle entre les colonies autonomes et la mère-patrie sont devenues
(1) “Proceedings of a Conference between the Secretary of State for the Colonies and the Premiers of the Self Governing Colonies at the Colonial Office, Lond July 1897”—C. 8596. Ce rapport ne contient que les discours des ministres et un résumé très sommaire des décisions arrêtées. Les chiffres qui suivent chacune des citations se réfèrent aux pages de ce document.
Rte
“ nécessaires; et il me vient souvent à l'esprit — j'en fais aujourd'hui “une simple suggestion Personnelle — qu’il serait possible de créer un “grand Conseil de l'Empire où les colonies délègueraient des représen- “tants plénipotentiaires — non pas de simples délégués, incapables “ de parler au nom des colonies sans soumettre leur attitude à leurs gou- “vernements respectifs, — mais des représentants qui, par leur position “ dans les colonies mêmes, par leur caractère officiel et leur connais- “ sance intime de l'opinion coloniale, pussent donner des conseils pré- “ cieux et vraiment efficaces sur tous les sujets qu’on leur soumet- “trait... Il en pourrait surgir peu à peu ce Conseil Fédéral que nous de- “vons toujours considérer comme l'idéal ultime.... Mais évidemment, “avec le privilège d'administration et de direction, viendront aussi “les obligations et les responsabilités. J{ s'ensuivra un mode quelcon- “que de contribution Pour couvrir les dépenses nécessaires aux inté- “rêts communs que nous posséderons. Ceci, dis-je, se prouve par soi- “même; mais c’est un point qu’il ne faut pas perdre de vue, même dès “le début de la considération du sujet ” (D. 5 et 6).
Le ministre des Colonies traite ensuite très longuement du probléme de la défense de l'Empire. 11 fait une Comparaison, fallacieuse du reste, entre les dépenses respectives encourues par la métropole et les colonies pour le soutien des forces de terre et de mer ; puis il aborde la question épineuse des contributions coloniales à la défense générale de l’Empire.
Messe Nous considérons encore les colonies comme des enfants, “ mais des enfants qui vont atteindre rapidement la maturité;...., et “poser dès le début ce principe de l'appui mutuel et d’un patriotisme “vraiment impérial, est une grande oeuvre dont nos hommes d’Etat “coloniaux ont raison d’être fiers.
“ Je serais très heureux d’entendre l’opinion des Premiers Ministres “au sujet de la contribution, quelle qu’elle soit, que les colonies seraient “ disposées à offrir pour sanctionner ce principe au point de vue de la “ défense navale de l'Empire. Quant à la défense territoriale de l’Em- “pire, je suis forcé d’avouer que nous sommes encore en arrière, bien “qu’un grand progrès se soit accompli ces années dernières.... Je “rappellerai aux Premiers-Ministres réunis que si la guerre éclate, el'e “sera soudaine: ce ne sera pas le temps des préparatifs. Par consé- “ quent, il est de la plus haute importance qu'ayant tous un intérêt com- “mun, nous préparions d'avance un projet de défense commune contre “tout ennemi possible ou au moins probable; et ces projets de défense “devraient nous être soumis...
“L'échange mutuel de troupes entre les groupes divers est une
“question très importante; mais cette importance serait grandement “ accrue si cet échange mutuel s’opérait entre toutes les forces de l'Em-
“et les armées dont vous avez vu quelque chose ici depuis que vous “ avez abordé les rives de la mère-patrie..... Si vous poss ‘ez, comme “le Canada, à Kingston, une école militaire importante, nous pourrons “offrir, à l’occasion, aux cadets de cette école, des brevets dans l’armée “britannique.
SM
“Tout d’abord, l'idée de faire venir ici un régiment de ce genre “serait seulement d'atteindre ce but [instruction et manoeuvres], sans “l’engager dans des opérations militaires. Néanmoins, il me semble “possible que si le désir de ces volontaires les portait à partager les “ dangers et les gloires de l’armée britannique et à prendre leur part “ des expéditions où l’armée anglaise pourrait s'engager, je ne vois pas “pourquoi ces troupes coloniales n’iraient pas, de temps à autre, com- “battre côte à côte avec leurs compagnons anglais...... ” (p. 8 et 9).
C’est la reprise du projet suggéré en 1870 par Cardwell et Granville et rejeté péremptoirement par Macdonald et Cartier.
Défense navale— Impérialisme agressif
Sur la question de la défense navale, les représentants des colonies furent gratifiés d’une conférence de M. GOSCHEN, Premier Lord de l’Amirauté, Son plaidoyer s’adressait surtout aux colonies australasiennes, dont la sécurité territoriale, je l’ai indiqué précédemment, dépend dans une large mesure des forces de défense navale.
M. Chamberlain s'était appliqué à dénaturer fort habilement le caractère réel de l'entente conclue précédemment entre Ja Grande-Bretagne et les colonies des antipodes. A ce qui était en réalité la coopération de l’Angleterre et des Pays aüstralasiens à la défense immédiate du territoire de ces colonies, il avait donné figure de contribution des colonies à la défense navale de l’Empire. C’est l'origine de la légende qui servira plus tard d’argument et d'exemple aux partisans de Ja contribution du Canada à la flotte britannique. M. Goschen eut garde de détruire cette trame savante,
“Je reconnais, dit-il, la valeur du principe qui sert de base à la “contribution navale que les colonies se sont imposée il y a quelques ‘années, et je considère que ce serait une démarche rétrograde et vrai- “ment malheureuse si l’on tranchait les liens qui furent alors établis. “Sir Gordon SPRIGG [premier ministre du Cap] nous a communiqué “une proposition très gracieuse du Cap indiquant le développement de
“ce système.” La Colonie du Cap, en effet, fit peu après cadeau d’un vaisseau de guerre à l’Amirauté britannique. Elle en fut récompensée, en 1899 et
ses campagnes ravagées parce qu’elle se refusait à voir
ar la ruse et par la violence des républiques du Transvaal et de l’Orange.
“ Nous serions très heureux, ajoutait M. Goschen, d’entrer en négo- “ ciations avec le Canada, sinon sur la même base, à cause de la diffé- “rence des situations, mais sur une base différente.”
Il en profitait, du reste, pour ouvrir la voie qui devait conduire les colonies australiennes au point où elles refusaient alors de se rendre.
“Notre politique, disait-il en terminant son discours, doit tre ‘‘agressive ; elle vise à courir sus *. l'ennemi. En ce qui concerne pourrait avoir pour objet d’attaquer celles “ des possessions des Pays en guerre avec nous qui peuvent se trouver “ dans la zone anstralienne, ou de rechercher leurs vaisseaux Partout
dE 2, D |
“où ils pourraient se trouver dans Ja sphère d'opération de l’escadre “ australienne.”
N'est-ce pas l’esquisse du Programme qui sera exécuté, dix-sept ans plus tard, contre les colonies et les navires
Attitude des Coloniaux
Les gouvernants des colonies ne répondirent pas à ces invites déjà pressantes par un acquiescement positif ni même par une expression d'opinion oficielle. L'arrangement conclu en 1887 entre la Grande-Breta- &ne et les colonies australasiennes, dont j'ai relaté l’ mière partie de cette étude, resta intact.
dre à l’amorce jetée par M. Chamberlain cipe de l’échange des troupes impériale coopération en temps de guerre. Liés par la tradition et par l’ encore courante aux colonies, les membres du congrès ne consentirent à se prononcer que sur les seuls problèmes de réorganisation constitutionnelle et économique, que M. Chamberlain, interprète et écho des chefs du mouvement impérialiste, avait posés comme corollaires de l’impérialisme militaire. Ils adoptèrent à l’unanimité les voeux suivants:
Sur les relations commerciales :
—“Les premiers-ministres des colonies autonomes recomman- “ dent fortement, et à l'unanimité, la dénonciation, à la plus brève
“échéance possible, de tout traité existant qui entrave les relations de “la Grande-Bretagne et de ses colonies.
opinion
Sur les relations politiques:
—“ Les Premiers-Ministres ici réunis sont d'opinion que les rela- “tions politiques qui existent entre le Royaume-Uni et les colonies “autonomes sont généralement satisfaisantes dans leurs conditions “actuelles.
—“ Ils sont aussi d'opinion qu’il est désirable, dès qu’il sera pos- “sible d'y arriver et partout où la question s’impose, de grouper dans ‘une union fédérale les colonies possédant l'unité géographique,
3.—“ Sous le régime actuel, les Premiers-Ministres sont d'opinion qu’il est désirable que les représentants des colonies et de la Grande-
“Bretagne se réunissent en conférences périodiques pour discuter les “questions d'intérêt commun ” (p. i4 et 15).
Il n'entre pas dans le corps de cette étude de faire l'historique ‘es modifications apportées depuis vingt-cinq ans à la base constitutsonnelle et économique de l'Empire. Mais il me semble nécessaire à la pleine intelligence du sujet que je traite de marquer ici ce trait caractéristique, qui met si bien en relief la force irrésistible de la politique anglaise, toute faite de constance et de ténacité, de patients efforts et d'actes posés, et la puérile vanité des politiciens des colonies, qui croient avoir tout gagné quand ils ont consigné dans une formule: leurs désirs ou leurs vaines protestations de parvenus gonflés d'orgueil, Le chef de l’impérialisme présente loyalement aux colonies les trois axiomes fondamentaux de sa doctrine: la fédération politique, l'union commerciale et la coopération militaire. Ils acceptent en principe les deux premiers et rejettent le troisième. Au bout d’un quart de siècle, la réorganisation économique qu'ils ont appelée de leurs voeux est encore lettre morte; l’évolution constitutionnelle, qui devait leur donner voix au chapitre dans le gouvernement de l’Empire, n’a fait qu'accroiître la prépondérance politique du gouvernement impérial; et la coopération militaire, qu'ils avaient repoussée, s'affirme par des actes plus graves de la part des colonies, par des sacrifices infiniment plus étendus que ceux qu’espérait Chamberlain lui-même. Ces sacrifices, jugés autrefois contraires aux principes de la constitution britannique et aux intérêts vitaux des colonies, les coloniaux les consentent, au seul profit de la Grande-Bretagne, avant même d’avoir reçu la moindre parcelle de cette autorité souveraine et de cette association économique que le père de l'impérialisme jugeait nécessaires pour justifier les colonies de consentir au principe de la contribution militaire, Je disais, il y a un instant, que la mort et la défaite de Chamberlain n’ont pas arrêté la
marche triomphante de son idée. En vérité, le triomphe dépasse tout ce qu’il avait conçu.
Déclarations compromettantes de sir Wilfrid Laurier
Il ne faudrait pas croire, d’ailleurs, que les tentatives insidieuses du pontife de l’Impérialisme furent absolument stériles dans cette première rencontre avec ses néophytes coloniaux. Si les premiers-ministres des “nations soeurs” ne se commirent point par une déclaration officielle et positive, favorable à l’impérialisme militaire, leurs discours et leurs déclarations extérieures portent la trace de l'impression produite dans leur esprit par les arguments de M. Chamberlain et surtout peut-être par les flatteries et les faveurs dont il les combla. De ces expressions d'opinions, je me borne à citer quelques-unes de celles du plus éminent, par sa personne et par l'importance de la colonie qu’il
représentait, de ces délégués coloniaux, M. LAURIER, devenu à cette occasion Sir Wilfrid Laurier.
plus intimes. La Ecosse et à l’Irlande — Car les colonies
que la mère-patrie restera
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“L'intention des colonies à l'heure actuelle ”, déclare-t-il le lendemain, à Glasgow, “ n'est pas de marcher à reculons, mais d'aller de “d'avant jusqu'à ce qu'elles obtiennent leur part entière de l'Empire- “Uni — de l’Empire britannique.”
Trois jours plus tard, au banquet de l’Imperial Institute, il s'écrie dans un élan de délire impérial: ‘“ Vienne le jour où l’Angleterre sera “en danger: Que les trompettes sonnent! Que les feux s’allument sur “les collines! et dans toutes les parties des colonies, bien que nous ne “puissions pas faire beaucoup peut-être, ce que nous pourrons faire, “ nous le ferons pour aider l'Angleterre.”
Toute la presse auglaise interpréta ces paroles comme une promesse du Premier-Ministre du Canada de venir en aide à la Grande- Bretagne dans tout conflit où elle serait engagée; et M. Laurier ne donna aucun démenti à cette interprétation.
Au banquet du National Liberal Club, le 3 juillet, sir Wilfrid Lau-
rier, levant le voile de l'avenir, offre cette vision aux générations nouvelles:
“Je ne crois pas au Parlement de l'Humanité, mais je crois au par- “lement de la Plus-Grande-Bretagne; et le jour le plus glorieux de ma “vie — je ne puis espérer de vivre assez longtemps pour voir ce jour, “mais quelques-uns de ceux qui vivent aujourd’hui au Canada pourront “le contempler — serait celui où je verrais un Canadien d'origine fran-
‘‘ çaise appuyant le principe de la liberté dans ce Parlement de la Plus- “ Grande-Bretagne.”
Le 5 juillet, dans une conférence faite en présence des membres du “Parti colonial”, sorte de club parlementaire: “ Sir Wilfrid Laurier. + “exprima l'opinion que le temps viendrait où les grandes colonies au- “tonomes devraient être représentées directement, soit au Parlement “ Impérial, soit dans un grand Conseil national ou un corps législatif “ fédéral, représentant efficacement l'Empire envisagé comme un tout ‘“ organisé.”
Le 8 juillet, au banquet de la Compagnie des Cordeliers, il reprend son idée: “Lorsque nous aurons [au Canada] atteint le point culmi-
“nant de notre maturité, rien moins que la représentation impériale ne “ pourra nous satisfaire.”
Le 18 juillet, au banquet de la Chambre de commerce anglaise, à Paris, il revient sur ce sujet: “Il est permis d'espérer que la solution “ du problème se trouvera dans un rapprochement vers la mère-patrie; “et si ce rapprochement implique la représentation impériale, ce sera “un jour glorieux que celui qui verra le Canada représenté au Parlement “fédéral [de Y'Empire] par un fils de la race française.”
Les gazettiers libéraux qui me traitent parfois d’impérialiste parce que je réclame la représentation au parlement impérial comme conséquence et correctif de la participation du Canada aux guerres de l’Angleterre, feraient bien de relire et de méditer ces paroles. Elles prouvent que leur pontife et leur oracle demandait la représentation impériale, la révait même comme l'idéal de sa vie, et promettait en même temps je concours des colonies dans ious les dangers de l’Angleterre.
Mais la déclaration lu plus formelle que le du gouvernement Canadien ait faite, à cette heure de griserie impériale, sur la contribution du Canada aux guerres de l'Empire, c'est celle du 4 juillet, au banquet du Canada Club à Londres:
“On «a parlé en termes très bienveillants des soldats canadiens qui “ viennent de faire un court séjour en Angleterre, Puisse se réaliser “ notre espoir que le fléau de la guerre disparaisse de ce monde! Mais “ si jamais l'Empire britannique est frappé du malheur de la guerre, “contre n'importe quelle nation, je suis convaincu que les soldats cana- “diens sauront se faire valoir” (1),
On est déjà loin, n'est-ce pas? des déclarations de Cartier, à Londres, en 1865. 11 n'est plus question d'organiser la défense du Canada contre les Etats-Unis seulement, ou contre ceux des ennemis de l’Angleterre qui pourront attaquer le Canada; c’est déjà la r 31 promesse du Concours des soldats canadiens dans toutes les Suer:.., agressives ou défensives, “justes ou injustes”, de l'Empire britannique,
M. Chamberlain, n’en doutons pas, prit bonne note de ces paroles Cngageantes. Elles prouvaient qu'il n'avait perdu ni son temps ni ses faveurs. Les honneurs, les flatteries, les médailles qu'il avait semés sur la route des chefs de tribus coloniales portaient déjà leurs fruits. Il n'y avait qu'à attendre l’occasion propice de faire traduire en actes tangi-
bles les nouveaux “sentiments impériaux” que ses habiles manoeuvres avaient fait naître.
chef du parti libéral et
Impérialisme en action— Conquête de l'Afrique-Sud
Ce n’est pas ici l'occasion de refaire l’histoire des touquêtes anglai-
ses en Afrique et des causes lointaines et mulliples qui aboutirent à l’annexion violente et injustifiable des petites républiques hollandaises. Je me borne à retracer les jalons de la route poursuivie par les impérialistes anglais pour dépouiller les Boers de leur indépendance et entraîner les colonies dans cette oeuvre de spoliation. Cette revue rétrospective est nécessaire: les manoeuvres qui ont précédé la guerre d'Afrique illustrent Parfaitement les procédés de l’école impérialiste; et la guerre elle-même a fourni à la propagande poursuivie depuis vingt ans par les chefs de l’école l’appoint énorme des faits accomplis.
En 1852, l'Angleterre avait’ reconnu aux Hollandais émigrés de la Colonie du Cap au nord de la rivière Vaal le “droit d’administrer leurs propres affaires et de se Bouverner sans aucune intervention de Ja part du gouvernement de Sa Majesté.” C'est l'origine du Transvaal, devenu, en 1858, la République Sud-Africaine, En 1854, sir George Clerk reconnaissait, au nom de Sa Majesté Britannique, l'Etat Libre d'Orange. Au cours des vingt années qui suivirent, l'Angleterre conclut avec
(1) Toutes ces citations sont extraites ct traduites du Times et consignées dans les pièces justificatives de ma brochure: “Gran
de-Bretagne et Canada”, Montréal, 1962.
vie JR D À
les Boers plusieurs conventions et traités, dont la plupart avaient pour objet de déterminer les frontières communes des Républiques hollandaises et des possessions anglaises, En 1877, à la suite d'une querelle survenue entre les Boers et les indigènes, le gouverneur du Cap, sir Theophilus Shepstone, fit main-basse sur le Transvaal, sans plus de façon, et l'annexa à la Colonie du Cap (1). Les Boers, vaincus mais non soumis, s’apprêtérent à reconquérir leur indépendance. En 1881, après une longue et patiente préparation, ils prirent les armes et battirent les troupes anglaises dans deux rencontres successives, à Laing's Nek et à Majuba. Les impérialistes et les jingos réclamèrent à grands cris la revanche de l'Angleterre et le châtiment rigoureux de ces paysans qui avaient l'audace de ne pas vouloir devenir britanniques. Gladstone avait repris le pouvoir, l'année précédente. 11 eut le rare courage et la loyauté de réparer l'iniquité commise par ses prédécesseurs: il rendit au Transvaal son autonomie intérieure, tout en réservant à l'Angleterre une certaine suzeruineté, assez mal définie du reste. Trois ans plus tard, en 1884, il compléta son oeuvre de justice, Il libéra la République sud-africaine de toutes ses entraves, sauf une, qui interdisait aux Boers de conclure des alliances étrangères sans le consentement de la Grande-Bretagne.
Naturellement, les patriotes anglais rugirent, Pour la première fois dans l’histoire de l'Empire britannique, un ministre anglais osait faire mentir l’axiome national: “What we have we hold”, auquel les expansionnistes commençÇaient à ajouter cette rallonge ultra-prussienne : “and what we don't have we take”, Gladstone tint fermement tête à l'orage. Il répliqua noblement que l’Angleterre était assez puissante pour être juste; Shepstone avait affirmé à tort, en 1877, que les Boers désiraient l’annexion de leur pays à l’Empire; la suite des événements avait démontré la fausseté de cette prétention; c'était le devoir du gouvernement britannique de réparer son erreur et de rendre aux Boers l'indépendance dont ils avai.nt été injustement dépouiltés.
C'est une noble page dans l'histoire de la Grande-Bretagne; mais il faut bien avouer qu’elle valut à celui qui l’a écrite l’opprobre et la malédiction d'un grand nombre de ses compatriotes. Les deux actes qui ont le plus nui à Gladstone et aux vrais libéraux dans l'esprit des Anglais, ce sont deux mesures de justice et de liberté: le rétablissement des droits violés de la République Sud-Africaine et la tentative de mettre fin à l’odieuse tyrannie qui pesait sur l'Irlande depuis plus de trois siécles. Ceci suffit à indiquer les tendances véritables de l'impérialisme britannique et sa parfaite similitude de fond avec l’impérialisme allemand ou russe,
L'homme qui avait organisé la révolte des classes populaires anglaises contre le Home Rule était tout désigné pour ameuter les préjugés, l’orgueil et la cupidité de la race contre la “honteuse capitulation”
(1) L'un des prétextes invoqués par Shepstone pour justifier cette spoliation, c’est que la toute-pu'ssance anglaise devait protéger les chefs de tribus contre les exactior: des Boers. Quant il eut accompli son dessein et dépouillé les Boers de leur souvers: til exigea des chefs zoulous, pour le compte de Sa Majesté Britannique, le paiement d : tr out md ous réclamé le gouvernement du Transvaal. Ce seul trait suffit à marquer je : .rac-
merdique. or pé
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de Gladstone au Transvaal : c'est ainsi que les impérialistes et les jingos désignaient l'acte de justice du “ grand homme d’Etat chrétien”, qui eut plus d'une fois l'honneur d’être en butte aux sancasmes et à la colère des adorateurs de la force brutale (1).
La volteface de Chamberlain sur Ja question sud-africaine fut aussi complète que son évolution sur le Home Rule. Ministre libéral dans le cabinet qui avait consenti la Convention de 1881, il avait posé résolument cette question aux adversaires de Gladstone : “Pouvons-nous, je vous le demande, bersister dans l'annexion de ce pays par la force, sans nous entendre accuser, je ne dirai pas de démence nationale, mais de crime national?” (2) Ce crime, c’est lui qui devait en assurer la perpétration, vingt ans plus tard 5 il s’y prépara par une longue trame, savamment ourdie, Il fut Puissamment secondé dans ses desseins par Cecil RHODES. Il est même difficile de dire lequel des deux inspira et dirigea l’autre.
Cecil Rhodes — Le raid de Jameson
C'est encore une figure étonnante que celle de ce forban de génie, digne émule de Warren Hastings et de Bob Clive. Parti tout jeune au Sud-Africain pour refaire une santé débile, il entra au service d’une compagnie minière, De simple commis, il monta rapidement l’échelle du succès et devint bientôt l’homme le plus puissant de l'Afrique Australe. Unissant la politique aux affaires, il utilisa merveilleusement ces deux moyens d’action Pour agrandir et consolider la puissance anglaise autant que sa fortune et sa situation personnelles. La découverte des mines d’or du Rand et des diamants de Kimberley favorisa singulièrement ses desseins. Une foule de chercheurs d'or et de pierres précieuses, d’agioteurs et d’aventuriers de toutes sortes s’abattit sur les pays boers comme une nuée de corbeaux. Le Transvaal fut envahi par une population hétérogène et nomade dont le nombre total dépassa bientôt celui des Boers, fondateurs du Pays. Cette situation imposa au gouvernement de la République la nécessité de prendre des mesures énergiques pour préserver l’ordre, mettre un frein aux cupidités trop voraces et assurer la liberté du travail. Obligé d’augmenter considérablement son budget, 1 frappa d'impôts, fort modérés du reste, les riches produits des mines.
Naturellement, ces mesures déplurent aux forbans étrangers, qui auraient voulu accaparer sans bourse déliée les richesses du pays et s'enrichir sans frein ni loi.
Cecil Rhodes était alors au faîte des honneurs politiques. Premier ministre de la Colonie du Cap, il avait eu le talent, tout comme Clive aux Indes, de conquérir la confiance et l'affection des
(1) C'est lord SALISBURY qui a fait de Gladstone, au momen
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habitants du pays. Cette situation exceptionnelle lui permit, en 1895, sans éveiller les soupçons, de fomenter sous main et même de subventionner le raid du Dr Jameson, dont l'objet était de joindre les mécontents du Rand, de renverser le gouvernement de la République et d’annexer son territoire aux possessions anglaises, pour la plus grande gloire de l’Empire et le profit des actionnaires des mines d'or ct de diamant. Les conspirateurs avaient compté sans la vigilante énergie du vieux Kruger e des vétérans de Laing's Nek et de Majuba, Jameson ct ses brigand: furent jnits prisonniers et la révolte réprimée en quelques jours. :ruger se montr: magnanime. Aucune peine de mort ne fut prononcée ù sxévcutée, Lr: gouvernement du Transvaal poussa même la mansuétud: jssqu'à remetire aux autorités britanniques Jameson et ses complices, zu! s'e" tirérent avec une punition insignifiante. Quel contraste ave: le supplice de Riel, infiniment moins coupable que Jameson, ct les répressions cruelles que les représentants de l'Angleterre ont infligées, à tant de reprises, aux chefs boers du Cap, du Transvaal et de l'Orange! La justice britannique établit parfois de singulières distinctions entre les châtiments qu’elle inflige, selon que les coupables ont violé à l'avantage ou au détriment de l'Empire fes lois et l’ordre public.
Détail important à rappeler : le tribunal qui condamna Jameson lui appliqua les lois anglaises destinées à réprimer les entreprises à main armée contre les pays étrangers. C'était la reconnaissance juridique de la souveraineté et de l'indépendance de la République Sud-Africaine.
Le parlement britannique ordonna une enquète, afin d'établir les causes lointaines de cet audacieux coup de main ct les menées sourdes aui l'avaient préparé. Le ministre des Colonies — c'était Chamberlain — employa toutes ses ressources à faire échouer l'enquête; il y réussit. Il dut cependant laisser jeter Rhodes à la mer: la colère était trop vive au Cap; mais il eut l’audace de déclarer en plein parlement que M. Rhodes n’avait nullement failli à l'honneur (1). Ce certificat d'honneur, il le décernait à l’homme que la commission d'enquête venait de déclarer coupable “d’avoir subventionné, organisé et encouragé une insurrection armée contre le gouvernement de la République Sud-Africaine”, — “d’avoir manqué gravement aux devoirs de ses fonctions officielles”, — “d’avoir trompé le Haut Commissaire représentant le gouvernement impérial.” (2)
Quel fut le châtiment de ces crimes dont l’un au moins est punissable de mort dans le code de la plupart des nations? Celui de nos boodlers parlementaires ou municipaux: Rhodes perdit son portefeuille. Ce châtiment platonique, ce ne fut pas, du reste, la justice anglaise qui le lui infligea, mais la colère des habitants du Cap. Des tribunaux anglais, il ne reçut pas même un mandat d'amener; et la reine d’Angletererre lui conserva son titre de Conseiller privé, Quelques années plus tard, le pirate Jameson était décoré par le Roi et devenait le chef du parti loyaliste du Cap. C'était logique.
(1) A la Chambre des Communes britanniques, le 26 juillet 1897. (2) Cité par Goldwin SMITH dans la même brochure, pages 28 et 29.