‹ Que devons-nous à l'Angleterre? [microforme]Chapitre 28 sur 120 · RE · texte numérisé non relu

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‘ deux années d’efforts patients,

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“ Grande-Bretagne est essentielle à la protection effective du commerce, ‘au salut de l'Empire et au maintien de la paix universelle.

“La Chambre est fermement convaincue que chaque fois que le ‘ besoin s'en fera sentir, le peuple canadien se montrera prêt et disposé “à faire tous les sacrifices nécessaires pour prêter aux autorités impé- “’riales son concours Je plus loyal et le pus cordial en toute mesure “tendant au maintien de l'intégrité ct de l'honneur de l'Empire ” (3716)

C'est tout le programme impérialiste; c’est l'abandon complet des résistances de 1902 et de 1907 Cite proposition est déposée ‘au moment de l'ajournement de Ja Chambre, à six heures. Les augures se rencontrent dans les coulisses. A la reprise de la séance, Le leader de l'Opposition, M, BORDEN, prend la parole. I] s'e«npresse de nouer l'accord déjà esquissé entre son collègue et le premier ministre. Il est, comme eux, “fermement convaincu que ce qu’il convient de faire, c’est de créer des forces navales canadiennes ” (3720). Comme le premier ministre, il est d'avis “que le “parlement canadien doit conserver la libre disposition des sommes “ d'argent destinées à des fins militaires, et qu’en nous chargeant de fa “défense de nos côtes, de concert avec les forces impériales, nous nous “rendrions vraiment utiles à Ja défense de l'Empire et nous accompli- “’rions notre devoir à son égard, ainsi qu'à l'égard du Canada ” (3721). Ces déclarations sont catégoriques ; mais M. Borden pense sans doute, comme M. Foster, qu’il est utile d'avoir plus d’une corde à son arc: il suggère au premier ministre d'éliminer de sa proposition la condamnetion absolue du principe de la contribution (3722-23). Il conseille quelques autres modifications de détail, dont la principale es! d'indiquer la détermination du Souvernement d'agir sans délai (3724). Le premier ministre fait bon accueil aux Suggestions du leader de la gauche. I] modifie sa proposition dans le sens indiqué (1) et il emporte le vote unanime de Ja Ch:enbre, après quelques vaines et timides réserves d'inspiration nciionaliste, dont la plus intéressante est formulée par M. CONGDON, député du Yukon, et la plus catégorique par M. TURCOTTE, député de Nicolet.

La comédie a duré tout juste cinq heures. Mais elle a été préparée de longue main, les rôles Savamment distribués, soigneusement appris; et le souffleur n'est pas loin. Le souffleur, c’est lord Grey. En moins de il a fait le siège et la conquête du ‘ champion de l’autonomie Canadienne ’: «c’est le titre que les partisans de M. Laurier Jui ont décerné à son retour de la Conférence de 1907; c'est le ‘ panache blanc * qui a rallié ses troupes, aux élections de 1908. Il le troque prestement contre le plumet impérialiste, Les bons gogos ne s’aperçoivent de rien et continuent de se battre à mort pour le ‘ défenseur de nos droits et de nos libertés ”. On ne saurait vraiment faire un reproche à M. Laurier de n’avoir jamais déguisé le mépris doux et bienwveillant que lui inspirent ses “chers compatriotes”. Dès le lendemain, lord GREY s’empresse de transmettre au ministre des Colonies, lord Crewe, la première édition, non revisée, des débats

de la séance (1). Il est tellement glorieux de son triomphe — et il y a de quoi — qu’il n'attend Pas une délibération officielle de son conseil,

ni même la revise des discours des marionnettes qu'il a si bien fait danser et parler à sa guise.

La panique en Australie

La panique n’a Pas moins bien marché aux antipodes. Dès le 22

mars, le gouverneur de Ja Nouvelle-Zélande, lord PLUNKET, transmet su ministère des Colonies la propo

Joseph WARD: le gouverncment d:

Les gouvernements de Victoria € également désireux de contribuer 1 de guerre; mais ils considèrent que la contributi par le parlement du Commonwealth (p. 3).

délibérations, le Souverneur général d'Australie, lord DUDLEY, transmet au ministre des Colonies l’énumération d

nomes (Dominions) de l’Empire une part Proportionnelle du “ maintien de la suprématie navale Permanente de l’Empire ” (p. 3, 4 et 5).

Ces Australiens n’y vont pas de main morte. ls veulent, non seulement assumer du coup un fardeau égal à celui du Royaume-Uni; mais ils décident que l’Empire britannique devra toujours dominer les mers, c'est-à-dire le monde. Cette arrogante prétention des Anglo-Saxons est la cause principale et permanente des armements formidables te à l’abime En quoi cette prétention dif-

Fidèles à leur pratique séculaire, les ministres britanniques tent pas d'emblée les propositions du Canada, de l'Australie, Ils se bornent à remercier

coloniaux; puis il les convoquent en réunion plénière à Londres (p. 5, 6et 7). Hs aiment mieux les avoir sous la

ceptation des offres n'aurait abouti toute-puissante flotte britannique. C lent, c’est de profiter de la panique c de M. McKenna pour compléter l’oeuvre ent 1907 et poursuivie durant toute l’année suiv

ante: — la réorganisation des troupes coloniales en vue d’

une grande guerre impériale, et l’adhé-

la concentration de toutes les fo l'Angleterre décidera de soutenir ou de provoquer.

(1) Sessional Papers 1909, No 170 (not printed).

Cette dépêche est reproduite à la pièce justificative 09.

(2) Cette dépêche est la première des Pièces qui précèdent le rapport de la Conférence militaire e 1909 (Cd 4948). T. A rappor

: outes les citations qui suivent sont tirées de ce page est iriquéc après chaque citation.

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