‹ Que devons-nous à l'Angleterre? [microforme]Chapitre 32 sur 120 · LE TRIBUT À L’EMPIRE · texte numérisé non relu

LE TRIBUT À L’EMPIRE

Lorsque j'ai entrepris ce travail, je voulais démontrer la vérité de quelques propositions essentielles, trop oubliées de nos jours. Ces propositions, les voici en raccourci :

10.—Depuis la conquête du Canada jusqu’à la guerre d'Afrique, toute la pensée, tout l'effort de nos hommes d'Etat s’est porté vers un but unique: assurer à la colonie, en matière de défense et d'organisation militaire, la même mesure d'autonomie qu’elle avait conquise dans l’ordre politique.

20.—Les autorités impériales étaient pleinement entrées dans ces vues et n'avaient jamais, jusqu’aux jours de Chamberlain, exigé ou attendu des colonies autonomes d’autre contribution militaire que la défense de leurs territoires respectifs.

30.—A partir de la guerre d'Afrique, les impérialistes anglais ont poursuivi un objet constant: celui de substituer à l’ordre de choses étxbli le principe nouveau et révolutionnaire de Ja )articipation des colonies autonomes à toutes les guerres de l’Angleterie et à la défense générale de l’Empire,

40.—Après de brèves résistances rapidement défaillantes, les gouvernants des colonies, ceux du Canada surtout, ont lâché pied et: livré toutes leurs positions aux impérialistes anglais.

Le lecteur intelligent, loyal et averti, à quelque école ou parti qu’il appartienne, admettra, je pense, que cette démonstration est faite.

Le principe de cette coopération était posé définitivement et accepté par ceux des hommes d'Etat coloniaux qui l'avaient combattu le plus longtemps et avec le plus d'énergie; toutes les mesures étaient prises Pour en assurer l’exécution dès que la guerre éclaterait. Tout ce qui est survenu depuis: — Ja Loi navale, les arrangements conclus à londres en 1911, la contribution “d'urgence”, et surtout la participatiun des colonies à la guerre actuelle, ne sont qu’autant de formes diverses de l’application concrète des principes acceptés par les représentants des colonies à la Conférence de 1909.

J'aurais donc pu, à la rigueur, terminer cette étude à la fin du chapitre précédent ; mais les phases successives et rapides du dénone-

qui les rattache à l'unique objet des maîtres de l'Empire : la participation des “ nations-soeurs ” aux guerres de la Grande-Bretagne, Reprenons le récit à la clôture de la session de 1909.

Pèlerinage de M. Borden à Londres—Son discours à Halifax

Les ministres britanniques comprenaient que, pour atteindre leur but, il ne leur suffisait pas de s’assurer le concours des politiciens et des partis qui détenaient le pouvoir au moment du triomphe de l’idée impérialiste. Pour que le plan impérialiste aboutit à un triomphe complet et permanent, il fallait l’adhésion de tous les partis, de tous les chefs d’opinion, de toutes les autorités sociales ou morales. C'est l’idée qu’exprimait le duc de Newcastle, en 1862, lorsqu’il voulait soustraire le budget de la milice et l’organisation de la défense du Canada à “l’action perturbatrice des luttes politiques ordinaires” (1).

C'est à cette tâche que lord GREY a consacré sa dévorante activité et ses remarquables moyens de séduction. Pour compléter son oeuvre, il se fit accorder une prolongation de pouvoir, Où le duc de Newcastle avait échoué, il obtint un plein succès. Après avoir fait le siège et la conquête de ses ministèes et opéré l’accord des deux partis afin d'assurer l’adoption du voeu fatal et décisif du 29 mars 1909, il ne négligea aucune occasion de stimuler l’ardeur impérialiste du pari. ’onservateur. C'était le moyen le plus sûr de tenir M. Laurier et ses collègues fermes dans leurs étriers.

La session de 1909 terminée, le leader de l'opposition alla se faire confirmer en grâce à Londres. Au retour de ce pèlerinage à la Mecque de l’Empire, M. BORDEN prononÇça à Halifax un discours symptômatique.

Avec une ampleur dont les politiciens canadiens, y compris M. Borden lui-même, ont trop perdu l’habitude, il donne à la question navale sa véritable signification et son entière portée:

“Quelle sera notre situation future dans l’Empire? Formerons-nous

“ partie de la grande République américaine? C’est ce que M. Goldwin “Smith désire et prédit.

“Répondrons-nous aux aspirations de sir Wilfrid Laurier, qui es- “père et croit que le Canada se détachera de l’Empire britannique “ comme un fruit mûr qui tombe de l’arbre?” — I] y a beau temps que le leader libéral a rentré en poche le drapeau de l'indépendance pour arborer les couleurs de l'impérialisme louvoyant; mais cette évocation du passé sert bien la thèse de M. Borden, néophyte de l'impérialisme intégral. — “Ou répondrons-nous à l’idéal de sir John Macdonald, qui “a entrevu et prédit une alliance cordiale et salutaire avec la mère “patrie, — alliance qui ferait du Canada une nation puissante, sou- “mise à l'autorité du souverain et du drapeau britanniques en conser- “ vant l’avantage d’âtre liée au plus grand Empire du monde?

(1) Voir page 29 et pièce justificative 25.

ipa-

“ C'est assurément cet idéal qui se réalise aujourd’hui. Puisse “ notre peuple priser de plus en plus les avantages de la nationalité bri- “tannique! ” (1)

M. Borden oublie ou feint d'oublier que, dans la pensée nettement exprimée de Macdonald, cette alliance comportait pour le Canada une situation politique en tout égale à celle de la Grande-Bretagne et même le droit de contracter librement des alliances étrangères. I} oublie également qu'en 1876, Macdonald, Tupper et tout le parti conservateur, accusés de sacrifier les intérêts britanniques aux exigences de la Poli-

tique Nationale, se sont bornés à riposter: “ Tant Dis pour les intérêts britanniques! ”

Il rappelle le voeu acclamé à la Chambre des Communes, le 29 mars. Cette résolution “ n’a peut-être pas répondu aux aspirations de “tous les conservateurs ; mais nous avons, à mon avis, Pimpérieux “ devoir de soustraire, si possible, aux querelles de parti une question “si vitale et d’une portée si considérable, et d’adopter à cet égard la “règle de conduite (standard), qui depuis nombre d’années, gouverne “les deux partis en Angleterre, au sujet des relations étrangères.” M. Borden a bien appris sa leçon à Londres. 1] méconnaît toutefois deux faits primordiaux: la politique navale du Canada est avant tout une question de régie interne ; de l’aveu de M. Borden lui-même, elle pose à nouveau tout le problème de la constitution de Empire; et puis, nombre d’Anglais très avertis considèrent que la virtuelle complicité des chefs de parti, en Angleterre, dans tous les actes de

politique étrangère, offre de graves inconvénients et des dangers très sérieux.

“Quelle sanction pratique le ministère va-t-il donnér à la poli- “tique énoncée dans la résolution dont je viens de Parler? C’est ce qui “ nous reste à connaître. En tout cas, un principe directeur doit do- “ miner tout le problème de l’organisation de notre défense navale. Il “faut, dans toute la mesure raisonnable du possible, utiliser nos pro- “pres ressources, notre Propre travail et la compétence technique de “notre population. Ne pouvons-nous pas espérer qu’il en résultera, “pour l’industrie de la construction maritime, un stimulant et un en- “couragement qui lui ont manqué depuis si longtemps?” C’esi une invite formelle et directe à l’organisation d’une flotte de guerre, construite et équipée au Canada.

Cette démarche décisive du leader de } que d’élonner ses collaborateurs les plus int prorogation de la session de 1909, il avait ét du parti conservateur qu'aucun d’ tion avant que le ministère n’eût férence préalable des chefs devait précéder et déterminer l'attitude du pari. M. Monk, leader reconn i déjà fort ennuyé de adoption du tenu cette garantie.

(1) Traduit du compte rendu du Halifax Herald, 15 octobre 1909.

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Banquet de Lachine — Retentissant discours de M. Monk

M. Borden, par son discours de Halifax, avait rompu l'entente. Délivré de ses liens, M. MONK répondit par son magistral discours de Lachine, l’un des plus forts de sa carrière si honorable et si remplie. Dégageant la question de toutes les mesquines entraves de parti, il la traita à fond. Il en marqua l’origine, la nature et les multiples conséquences. Il apporta à cette étude ses lumières de professeur de droit constitutionnel, sa profonde connaissance de l’histoire et Jes fortes convictions nées de sa double origine anglaise et française. Tout ce discours est à relire. Il ne reste pas seulement comme le plaidoyer le plus fort contre la politique navale du cabinet Laurier: il s’applique avec une égale force à toute forme de participation des colonies autonomes aux guerres de l’Empire. Il est nourri de doctrine, d'histoire

et de faits précis. Je me borne à en indiquer la substance et les grandes lignes (1).

Comme M. Borden, à Halifax, mais avec infiniment plus de force et de précision, M. Monk démontre que le problème de la défense navale et l’exécution du voeu du 29 mars posent toute la question des

relations constitutionnelles de l'Angleterre avec ses possessions autonomes. :

“Le projet du gouvernement pour la construction d’une marine “ de guerre et notre participation active à la défense de l’Empire consti- “tuent, de l’avis de tous, une orientation toute nouvelle dans la politique “ du Canada:;:”... “ J'estime, du reste, que cette question pour nous est “une question canadienne; il nous faut d'abord l'envisager au point “ de vue canadien: changer ou modifier ce point de vue, c’est oublier “le devoir qu'il faut rendre à sa patrie.”

Il rappelle l'attitude du premier ministre et de ses collègues à la Conférence de 1907. Ce que M. Laurier “veut aujourd’hui, c’est que “le pays adopte intégralement ce qu’alors il trouvait, en tous points, “inacceptable et contraire à nos intérêts...” Ceux “ qui ont alors “applaudi et porté aux nues l'attitude de nos représentants... se mor- “fondent aujourd’hui pour étayer et soutenir de toutes leurs forces le “projet qu’en ce temps-là ils chargeaient d’anathèmes.

“L’attitude prise... à la Conférence de 1907 n’a pas été critiquée “ici depuis. Ni au parlement, pendant la longue session qui a suivi “la Conférence, ni dans le Pays que je sache, ni aux élections géné- ‘ rales de 1908, ai-je entendu... de reproches ou de récriminations sur

“ce point. Le pays semblait donc acquiescer aux faits accomplis par “ses délégués.”

(1) Le texte de ce discours, ps le 8 novembre 1909 t intégralement le lendemain dans la Gazette et la atrie, de Montréal, et dans | énement, de Québec. ( Devoir n'existait encore.) Espérons il sera bientôt reproduit en brochure, avec le discours que M. Monk rononça à la Chambre, le 3 février 1910 avant la deuxième lecture du projet de navale. La participati d da à À

’ils renferment ont pris une im nce sinements ont justifié les clairvoyantes appréhensions de l’ancien lieutenant de M. Borden,

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C'était rappeler à M. Borden que tout le parti conservateur avait tacitement approuvé la résistance de M. Laurier aux entreprises des impérialistes anglais.

“ L'impérialisme, ou la doctrine de ceux qui veulent, à tout prix, “changer ou modifier la situation interne de l'Empire britannique, “ resserrer les liens qui en unissent les parties, rendre ces parties soli- “ daires du tout et tout subordonner à une direction unique, ne man- “ que pas de défenseurs actifs et puissants; ils sont sans cesse à l'oeuvre “et disposent de moyens effectifs’ L’allusion à lord Grey est transparente. “Ses apôtres sont nombreux, beaucoup sont sincères... un “grand nombre en font à tort une question de loyalisme et ne veulent “pas tolérer qu’on puisse différer d'opinion avec eux et rester sujet “ fidèle au Trône et à la Couronne; il y en a enfin qui ne poursuivent “ dans cette campagne que des avantages et surtout des honneurs per- “ sonnels.”

Impossible de mieux faire le classement des chefs de l’impérialisme et de leurs comparses. j

D'un trait rapide, il marque la conséquence inévitable de la révolution qui se poursuit:

“La gloire impérissable de l'Angleterre, c’est d’avoir fondé de “jeunes et vigoureuses nations et de les avoir dotées d'institutions dé- “ mocratiques. Le jour où ces peuples, nourris dans la liberté et l’idée “ de la représentation, devront assumer des responsabilités impériales, “ils demanderont infailliblement leur part du contrôle: et la réparti- “tion de ce contrôle semble une difficulté insoluble.”

Il fait ensuite l’histoire de la question navale. Il rappelle que l'avis de motion de M. Foster, déposé dès l’ouverture de la session, le 21 janvier 1909, est resté en suspens jusqu’au 29 mars, alors que la panique, créée par les fallacieuses déclarations de M. McKenna, a fait perdre la tête à la plupart des parlementaires et arraché à la Chambre son adhésion unanime à la proposition considérablement élargie du premier ministre. “On conviendra, je pense, que le moment eût été “ mal choisi pour discuter le mérite de l'impérialisme.”

Il reproche au ministère de n’avoir pas fait connaître davantage la nature et la portée des résolutions prises à la Conférence tenue à Londres après la session. Puis il aborde et discute, point par point,

les divers aspects de la question concrète qui se pose.

Pas de marine de guerre

“1.—Sommes-nous en état, à l'heure actuelle, de construire une ‘“ marine de guerre? ”

La dette nationale dépasse $472,000,000. “Il nous faut $200,000,- “000 pour terminer le Transcontinental, qui devait nous coûter 813,- “000,000 ou $15,000,000.” ..... “Tout le monde admet la nécessité “immédiate de la construction du canal de la Baie Georgienne.... le “coût estimatif est de 8100,000,000.” Si le Canada veut rester maître de son commerce maritime, il doit améliorer et outil! + ses grands ports nationaux: Montréal, Québec, Halifax, Saint-Jean et deux ports sur l'Océan Pacifique. Des travaux énormes s'imposent également

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envahissante des ports américains. Ces entreprises urgentes exigeront un débours d’au moins 8100,000,000.

“J'en conclus, déclare l'orateur, qu'au point de vue financier, sans “en envisager d’autres, le Canada est dans l'impossibilité aujourd’hui “ d'entreprendre la Construction d’une marine de guerre,

“2.—Quel sera le coût de la marine?

“Il ne faudrait Pas se faire d'illusion sur le coût d’une marine de “guerre ni croire qu'en cette matière,.... on peut commencer par la “fin. Avant d'avoir des vaisseaux, le Pays doit se pourvoir de bases “ navales,.... de cales-sèches et flottantes, d’un outillage moderne de “toutes pièces... Sans ces bases, point de vaisseaux de guerre. Or, “le Canada a deux océans. Il lui faudrait deux flottes et il aurait be- “soin de deux bases... De plus, pas de marine de guerre sans marins. “Le personnel d’une marine de guerre demande une longue et dispen- “ dieuse période de formation. 11 faut des écoles et un enseignement “technique des plus variés.” Si l’on commence par acheter ou construire les vaisseaux , ils seront démodés et hors d'usage avant de Pouvoir servir.

“Je place sans crainte de me tromper au chiffre de 8150,000,000 “le coût d’une marine de guerre de modestes dimensions, avec les ac- “ cessoires qui en sont le complément essentiel. Quant à l’entretien,... “je crois que le chiffre de 820,000,000 Par an n’est pas trop élevé.”

En effet, ces chiffres, comparés au budget naval des autres pays, en tenant compte de la différence des conditions économiques, étaient extrêmement modérés.

“3.—Le Canada a:t-il besoin d'une marine de guerre?”

Il répond hardiment: Non!

“Les Etats-Unis sont la seule puissance avec laquelle nous pour- “rions avoir des démélés, des difficultés.” En ce cas, “ c’est une “ armée, non une marine, qui pourrait nous être utile.”

C'est la réitération de l'avis exprimé à maintes reprises par les autorités les plus compétentes de la Grande-Bretagne.

“ Assurément non... On dit couramment qu’il faut vingt ans pour “faire une armée et le double de ce temps pour une marine. Dans longtemps avant cette période, le conflit “qu'on dit être imminent sera assurément vidé.” pplique à la future politique de

Laurier, donne la mesure exacte de l'attitude invariable des nationalistes sur le “ péril allemand ”,

Prétendra-t-on que cette manière d'envisager la situation était moins Clairvoyante et moins sûre que celle des sauveurs d'Empire des deux partis?

“La logique comme le bon “2ns nous disent que pour aiuer l’An- “#leterre, ce projet est d’une faiblesse qui crève les yeux. Il na pu “être accueilli, assurément, par les autorités si compétentes de l’Ami-

“rauté, qu'à titre de simple reconnaissance d’une obligation qui nous “incombe.”

“5.—Cette obligation existe-t-elle?

Pas d'obligation coloniale

M. Monk aborde l'aspect historique et constitutionnel de la question. Il s'étonne de l'ignorance singulière manifestée par !es protagonistes de lPimpérialisme, 1] rappelle à grands traits l’évolution opérée dans le gouvernement des colonies autonomes : “ C’est la progression cons- “tante vers l'émancipation Ja plus entière possible des dépendances, “jusqu’au point de ne laisser enfin que le Trône, la Couronne seule, “comme trait d'union avec l'Angleterre.”

Il cite les paroles que CHAMBERLAIN prononçait à Birmingham, le 21 juin 1897: “ The throne is the only constitutional connecting link between the colonies and ourselves. In all else these great self-governing communities are as independent as we are.”

Il cite également plusieurs passages décisifs de l'Histoire constitutionnelle de l'Angleterre, d'Erskine MAY. Cet auteur, si justement renommé, après avoir relaté l'établissement du gouvernement responsable aux colonies, ajoute:

“The recognition of this doctrine in England has practically “’transferred the supreme authority of the state from the Crown to “Parliament and the people: SO IN THE COLONIES HAS IT WREST. “ED FROM THE GOVERNOR AND FROM THE PARENT STATE THE “DIRECTION OF COLONIAL AFFAIRS.

“Thus, by rapid strides, have the most considerable dependen- “ cies of the British Crown advanced through successive stages of poli- “tical liberty, until AN ANCIENT MONARCHY HAS BECOME THE “PARENT OF DEMOCRATIC REPUBLICS IN ALL PARTS OF THE “GLOBE...

“ England ventured to tax her colonies and lost them: she en- “ deavoured to rule them from Downing Street, and provoked disaf- “fection and revolt. At last, she gave freedom, and found national “sympathy and contentment. But in the meantime, her colonial de- “ pendencies have grown into AFFILIATED STATES. The tie which “’binds them to her is one of sentiment rather than authority.... In “short, THEIR DEPENDENCE HAS BECOME LITTLE MORE THAN “NOMINAL, except for purposes of military defence.”

Que les impérialistes ne se réjouissent pas trop vite: ces paroles, May les écrivait en 1861, au moment même où la Commission du parlement impérial, dont j'ai analysé le Rapport (1), jetait les bases de Pautonomie militaire des colonies. Prévoyant le succès de cette politique, conséquence naturelle de l'établissement du self-government, May ajoutait :

“ Parliament has recently pronounced it to be just that the colonies “wkich enjoy self-government, should undertake the responsibility and “cost of their own military defence. To carry this policy into effect

(1) Pages 16 à 20 et pièces justificatives 18, 19 et 20.

“ must be the work of time. But whenever it may be effected, the last “ material bond of connection with the colonies wi!l have been severed: “and COLONIAL STATES, ACKNOWLEDGING THE HONDRARY “SOVEREIGNTY OF ENGLAND, AND FULLY ARMED FOR SELF. “ DEFENCE, AS WELL AGAINST HERSELF AS OTHERS, WILL

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