‹ Que devons-nous à l'Angleterre? [microforme]Chapitre 33 sur 120 · HAVE GROWN OUT OF THE DEPENDENCIES OF THE BRITISH “EMPIRE · texte numérisé non relu

HAVE GROWN OUT OF THE DEPENDENCIES OF THE BRITISH “EMPIRE

Les prévisions de May se sont réalisées à la lettre. Le traité de 1865 s’est conclu sur les bases qu’il entrevoyait, Les auteurs de la Constitution de 1867 se sont inspirés des principes qu'il dégageait, dès 1861, de la nouvelle orientation donnée à la politique impériale, Il est donc rigoureusement exact de dire, avec lui, que par ce traité et cette constiluiion, le Canada “ n’est plus une dépendance de l'Empire”. Et M. Monk avait également raison d'ajouter que les colonies autonomes

sont, en droit sinon en fait, “ des nations distinctes sur lesquelles le Roi exerce une souveraineté honoraire ”.

Ces principes posés, M. Mork relate et analyse quelques-uns des documents qui m'ont guidé dans cette étude. De cette revue rétrospective, il conclut en toute justesse :

“A venir jusqu’à la dernière décade du XIXe siècle, notre obliga- “tion nationale résultant de notre autonomie ou self-government, de “l’aveu commun et comme en vertu d’une entente réciproque, se rédui- “sait à notre propre défense. Le devoir de défendre les autres parties “ de l’Empire, sans aucun droit de participer à leurs actes, faits, traités, “ négociations, est donc nouveau. Sur quoi est-il fondé? ”

Il écarte en quelques mots les divers arguments qu'on a fait valoir et qu’on invoque encore aujourd’hui à l’appui du faux principe de la participation des colonies autonomes à la défense générale de l’'Empire: protection de notre commerce, reconnaissance envers l’Angleterre, sécurité du Canada. Il démontre que tous ces arguments fallacieux ne tendent qu’à un but: entraîner le Canada “ dans le congrès

(D) M. MONK avait emprunté ces extraits et plusieurs autres à la dixième édition de l'ouvrage c que de May. +: ai vérifiés d’après la nouvelle édition, publiée en

es, Longma Vol. if, pages 373-4-5.

presque tout entier de la composition de M. Holland, ren

chapitre sur “Les Colonies autonomes après 1860”. M. Holland résume en ces

l'état politique des colonies, après l’accomplissement de l’évolution entrevue par May:

“The colonies were no 1 r regarded as dependencies belonging to England, but as do-

minions”—dans le sens a opté PS et MacDonald—“owning, in common with

“ L-believe, from a legal point of view, the British Parliament is supreme over the “ Parliaments of Canada or Australia, or the Cape or South Africa. BUT, IN , THEY “ARE INDEPENDENT PARLIAMENTS, ABSOLUTELY INDEPENDENT...... ” (Times 1er février 1911—<cité par J. S, Ewart, Kingdom Papers, no 6, p. 161). Les théoriciens ignares ont entrepris de forger pour les Canadiens de nouvelles chaînes et des obligations imagi , auraient dû commencer par consulter les autorités compétentes. Ils auraient peut-être ainsi évit- de fausser l’h stoire, la tradition et le droit naturel pour les adapter au gré des impérialistes et des politiciens du jour.

se DE

“ des nations européennes qui succombent et s’étiolent sous le fardeau “ du militarisme.”

“Au lieu de songer à nous unir plus étroitement à l’état troublé “et troublant du vieux continent, il nous convient plutôt de nous asso- “ cier à la pensée qu'exprimait, l’autre jour, Gabriel Hanotaux.” Et il cite une parole de l’homme d'Etat français convoquant les peuples à une action commune dont l'objet serait d'arrêter leur course effroyable vers l’abime de la guerre où ils sont plongés aujourd’hui,

Il termine par un bref appel au patriotisme et à l'opinion éelairée de tous les Canadiens: “ C'est une question nationale dans toute la “force du mot. Elle vous regarde, cette question, dans une même me- “sure, que vous habitiez la province de Québec ou les versants des “Montagnes Rocheuses. 11 me semble du devoir de tout citoyen, de “tout homme public surtout, de l’étudier à fond et d'exprimer une “opinion franche, sincère et patriotique, sans égard aux considéra- “tions nue la politique peut lui suggérer.”

nime des autres orateurs qui portèrent la parole en même temps que M. Monk: M. LANDRY, aujourd'hui président du Sénat; M. Bruno NANTEL, futur collègue de M. Monk dans le cabinet Borden; M. Philémon COUSINEAU, aujourd'hui leader de l'opposition conservatrice à Québec; M. J.-A. DESCARRIES, qui a recueilli le mandat parlementaire de M. Monk — tout en oubliant ses principes ; — et M. Charles-P. BEAUBIEN. Tous les auditeurs acclamèrent cette profession de foi nationaliste, Combien y sont restés fidèles?

M. Laurier et la Loi navale—‘ Quand l'Angleterre est en guerre, le Canada est en guerre’

La session s’ouvrit le 11 novembre 1909. Le discours du Trône contenait ce paragraphe:

“Deux membres de mon Souvernement ont pris part à la Confé- “rence Impériale convoquée par le gouvernement de Sa Majesté pour “s'occuper de la question de la défense. Après consultation avec “l'Amirauté, un plan a été adopté relativement à l’organisation d’une “marine canadienne, sur les bases de la résolution votée par la Cham- “bre des Communes le 29 mars dernier. Les documents se rapportant

Dans le débat sur l’Adresse, le leader de Ï opposition, M. BORDEN, fut très réticent à ce sujet. Il avait été convenu de nouveau entre M.

discours. Il s’appliqua principalement à répondre au manifeste de Lachine. C'était s’écarter notablement des usages parlementaires ;

(1) Débats de la Chambre des Communes, 1909-10 (version française), col. 4. Toutes les citations qui suivent sont également extraites de la version > se 2 de ces Dé. bats. Le chiffre de la colonne €s? indiqué après chaque citation.

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mais M. Laurier, avec son sens profond des situations politiques, avait saisi toute la force de ce formidable réquisitoire, 11 n'était pas homme à laisser se répandre l'impression profonde créée par la solide argumentalion du député de Jacques-Cartier, Aussi s'efforça-t-i] de présenter le projet du ministère sous sa forme la plus anodine et de cacher soigneusement le pied de bouc impérialiste,

M. LAURIER rappelle en peu de mots l'adoption du voeu du 29 mars et la mission de ses collègues, M, Brodeur et sir Frederick Borden, à Londres, ‘“ Nous n'avons pas de secret, Oil ‘aucune dé- “cision ne peut être prise avant que tous les documents se rapportant “à la Conférence soient communiqués à Ja Chambre ” (41-42). N'em. Pêche que le projet de loi.sera déposé et voté sans qu'aucun autre document que le rapport, très incomplet, de la Conférence soit communiqué à la Chambre. Les documents promis par M. Laurier n'ont jamais êté livrés au public.

Comme à la session précédente, le premier ministre cherche à raltacher la mesure projetée à son attitude de 1902 (43-44) et passe sous silence son éclatante protestation de 1907.

Puis, il fonce sur le député de Jacques-Cartier, 11 Jui reproche d'avoir voulu “soulever les préjugés de ses auditeurs ”, en prétendant que le coût de l'entretien de Ja flotte s'élèverait à 820,000,000 par année (47-48), L'exécution de ce projet n’entamera en rien l’autonomie du Canada: “Sj NOUS avons une marine, elle ne prendra part à Ja “guerre que si les membres du parlement Canadien, y compris l’hono- “rable député, le jugent à Propos.... Si nous devons maintenant or- “ganiser des moyens de défense sur mer, c’est parce que nous prenons ‘rang parmi les nations, que c’est là un fardeau que nous devons assu- “ mer à notre titre de nation ” (48). Aux arguments solides de NM. Monk, il se contente d’opposer quelques phrases grandiloquentes sur la protection que la puissance de l'Angleterre offre à tous les sujets britanniques.

Ce discours était manifestement destiné à province de Québec, d’où l'opposition, M. Laurier le savait et le sentait bien, devait venir.

. Le 12 janvier 1910, M. Laurier dépose le projet de loi (bill No 95). Cette fois, il donne un demi-tour à gauche: i] s’agit d’amadouer l'opinion impérialiste qui a commencé à s'alarmer des tendances “séparatistes” de la législation ministérielle,

“Bien que la marine de Suerre doive être soumise à la direction “ du gouvernement canadien et plus particulièrement à celle du mi- “nistère de la Marine, cependant, dans une circonstance critique, le “ gouverneur en conseil peut mettre sous les ordres de Sa Majesté, pour “servir de concert avec la Marine Royale, l'organisation navale (the “ naval service) du Canada ou une partie de celle-ci, et les bâtiments “ou vaisseaux de notre marine de guerre, et tous les officiers ou men- “bres de l'équipage à bord de ces derniers, ainsi que les fonctionnai- “res et commis de notre organisation navale ” (1831) - (1).

(1) Che l'article 18 du ni gros Dig à 2 la Loi: on ï

n case of an emergency the erner in nel! may place at the disposal * Hip: Majesty, for &eneral service in the Royal Navy, the Naval Service or any part “’thereof, any ships or vessels of the Naval Service, and the éfficers and seamen

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