LP. PELLETIER
“N. B. — Publish as wired lirst part, as far as the word “ conse- “ quently ” and from word “ consequently ” to the end as commentaries,
“ the whole without my sig , the whole as coming from regular cor- “respondent” (1).
deux journaux utilisèrent ce précieux renseignement dans des termes à peu près identiques.
M. Borden à Londres
La session terminée, M. Borden alla s’enquérir à Londres de la situation de l’Empire et de l’état actuel du “ péril allemand”, M. Pelletier
encore avec la Russie, Ces négociations
avaient échoué: sir Edward Grey l’a révélé récemment (2). Le “péril allemand ” était donc réel et formidab]
tructeurs de dreadnoughts et les politi
sement placé, afin d’accroitre leurs monstrueux bénéfices ; terre, aux frontières de la Belgique et de la France, toute son horreur deux ans plus tard.
Que les politiciens du Canada, tenus par 1
mais sur où il s’est révélé dans
taires de la Grande-Bretagne, tout incompé égards, ne Partageaient pas ces illusions.
— dessillé les yeux de M. Borden et des
sont bornées à leur faire prendre l'engagement d’
» Par ricochet, celle des Krupp — que penser de cette attitude des maîtres de l'Empire envers l’ainée des “ nations-soeurs ”? Serait-ce que les impérialistes de Londres et ceux d'Ottawa sont tombés d'accord pour juger qu’il était imprud ser voir aux Canadiens toutes les conséquen principe de l'alliance impériale, ou plutôt de r nies, était déjà posé sur le terrain de la défense navale, Si lo sait à nouer l'accord sous la forme d’
coup de un conflit européen, à pérations de &uerre, I]
Le ‘‘péril allemand’ ressuscite -— L’Amirquté demande des dreadnoughts
A) M ndum on Naval Defence uirements p red by the Ad iraity 1 ernment C4 Canada, Cette Pièce gs au gouverneur net di 2 À
Fi
navale moderne. C’est la reprise, for colonial consumption, de la thèse de M. McKenna, cause de la panique de 1909.
Cette thèse, elle ne peut plus se soutenir en Angleterre, Aux arguments méthodiques de sir William White, exclusivement basés sur des faits précis et des données scientifiques, est venue s'ajouter la furibonde dénonciation de lord Charles BERESFORD. Dans son ouvrage, “ The Betrayal ”, publié à Londres en février 1912, il a qualifié “ d’illusoire ” “la politique des dreadnoughts”. 11 a formellement déclaré qu’elle avait été “ lancée dans le public grâce à un système organisé 2 réclame dans les journaux ” (p. 60) ..... “ La réclame excessive et vulgaire prodiguée autour de ce vaisseau de valeur problématique (experimental vessel) n’était nullement justifiée ” (p. 63). La multiplication de ces immenses navires, sans la construction d’un nombre proportionnel de docks capables de ies abriter et de vaisseaux plus légers et plus rapides nécessaires pour compléter les escadres, constitue une “ trahison de la confiance publique” (betrayal of the public trust) (p. 53). I] sccuse formellement les lords de l’Amirauté d'encourager l’espionnage et la délation dans le personnel supérieur de la marine et de détruire toute discipline (21-33). 11 les accuse également de concussion et de favoritisme, il leur reproche de garder à deux compagnies alliées le monopole de la fabrication des pièces d'armature. Les fonctionnaires supérieurs de l’Amirauté ont été accusés; et rien n’a été fait, soit pour les justifier ou pour jies punir (121-122). I1 dénonce l’étranglement de l’enquête instituée pour dévoiler les intrigues de M. Mulliner (121) (1).
Il accroche et démolit en passant la politique des flottes coloniales, inaugurée par le Canada et l'Australie (p. 157-160). Ce réquisitoire condamne avec une égale force la politique des deux partis canadiens. 11 n'est pas étonnant qu'aucun de leurs journaux n’en ait soufflé mot.
L'on a objecté que lord Charles Beresford est un pessimiste, toujours mécontent, Je n'ai pas qualité pour apprécier la valeur de son opinion sur les questions techniques. Tout ce que je sais, c'est que le vieil amiral est généralement considéré comme l’une des plus hautes autorités navales de l'Empire britannique et, par conséquent, du monde. Du reste, son opinion sur la valeur des dreadnoughts et de la politique recommandée par M. Churchill à M. Borden a été corroborée de plusieurs façons.
Sur la valeu: même des dreadnoughts, sir Percy SCOTT a porté un jugement encore plus sévère que le sien, dans une lettre qu’il adressait au Times, en juin 1914. Cet autre expert, tenu pour la plus haute autorité de l’Empire en tout ce qui touche à l'artillerie maritime, a affirmé péremptoirement que la valeur effective des dreadnoughts et, généralement, des grosses unités de combat, est déjà chose du passé (2).
(1) Voir page 192.
2) J'étais à Londres à moment. Voulant voir le coeur n Do ag To ST soc a uéc DE Ep ni RTS a ee os LE
. Je n'en retiens que cette déclaration danse EE —
Le trust des dreadnoughts
Cette Corroboration des opinions de sir Willi les Beresford n'était pas c
du voile que sir William White et lord C tement soulevé. 1] accusa virtuel]
motif qu’elle ne faisait point partie du trust, De quelles Compagnies se composait ce trust? Pour l'Angleterre : Chs
. Cammell & Co. (plus tard Cammell Laird & Co.), John Brown & Co., A Gentleman, Metal Merchants, Vickers-Maxim Co. y entrèrent); pour l'Italie:
Schneider & Cie (Le Creusot
Chamond; pour l'Allemagne : les aciéries Dillingen et, naturellement, Krupp. Ce trust s'était formé
péenne, il avait acheté ou plutôt Organisé toute l'entreprise de la société “méricaine Harvey Continental Steel Company, dont l'existence et les Pouvoirs corporatifs avaient pris naissance dans le New-Jersey, ce paradis des trusts, comme le Colorado est le refuge des divorcés, Puis la Compagnie Harvey avait obtenu des Krupp l'usage exclusif des brevets mondiaux obtenus Par cette puissante maison
l'acier nickelé et chromé. La base de }”
il ne s'agissait plus que de faire adop
les aciéries de Terni; pour la France :
a. Il
nought, — ;oit environ 811,000,006 (7 compri; — il entrait pour plus de 86,000,000 d'acier fa Krupp. Sur la marge des profits réalisés par
nations le sont égalemes:; et erité dans tous les autres types vaisseaux, nous “vens tout intérêt à ce que les autres nations restent dans l'erreur. erreur, il est vrai, nous ge à ave __ , me elles. nous sommes beaucoup mieux an atténuen
qui en + Comme bien pense, cette conversation n' ivé remords d'avoir et combattu ] tt de sal tiona inaugurée pur A jemords 1912. "ee à mit matonns
varié, Des experts l'ont fixée à 83,600,000 net. Je n'ai vu aucun calcul inférieur à 81,600,000, soit près de 30%.
On conçoit facilement qu'avec des profits aussi considérables, prélevés sur toutes les nations maritimes du monde, le trust n’a pas eu de peine à trouver de multiples alliés dans les gouvernements, les parlements et la presse de tous les Pays, ni à prodiguer cette “ réclame vulgaire et excessive ” qui indignait lord Charles Beresford, 1! a eu encore moins de difficultés à faire accepter ce programme en Angleterre, où les grandes compagnies de construction possédaient collectivement la plus grosse tranche d'actions du trust, où elles comptent parmi leurs actionnaires un nombre considérable des hommes les plus influents dans l'Eglise et dans l'Etat, où enfin la construction des vaisseaux de guerre et des canons de marine, ainsi que les multiples industries connexes, donnent du travail à des millions d'ouvriers (1).
Au moment où M. Borden et ses collègues allaient prendre langue en Angleterre, les opérations du trust étaient sérieusement menacées. L'opinion publique commençait à s’'émouvoir des dénonciations d’hommes aussi considérables que lord Charles Beresford et des révélations de M. Arnold Hills, étouffées par les autorités mais répandues par la presse radicale et socialiste, Il était donc prudent de s'assurer d’un nouveau champ d'exploitation. Voilà, je crois, la principale sinon la seule explication des conseils donnés par l’Amirauté à M. Borden, dans cette note dont voici le paragraphe final:
“10.—The Prime Minister of the Dominion having enquired in what “form any immediate aid that Canada might give would be most ef- “ fective, we have no hesitation in answering, after a prolonged const. “ deration of all the circumstances, that it is desirable that such aid “ should include the provision of a certain number of the largest and “ strongest ships of war which science can build or money supply” (2).
Contribution et Représentation des Colonies
Muni de cette pièce et comptant à bon droit que la jobarderie coloniale ne s’arrêterait pas à scruter les motifs de l’Amirauté anglaise, M. Borden convoqua les Chambres. A l'ouverture de la session, le 25 novembre 1912, le discours du Trône annonçait en ces termes les projets du ministère:
(1) Sur les éléments et les de cette formidable conspiration, on consultera dure snerir de D . B AILSFORD: The War of Steel and Gold; et chures suivantes: J. T. Walton NEWBOLD, The War Trust P. W. W. ments and Patriotism; G. H T Canada par Christopher
“ de Mmes: conseillers, exige impérieusement que l'effectif des forces na- “’vales de l’Empire soit renforcé sans délai. Mes conseillers sont per. “suadés qu'il est du devoir du Canada d'offrir, “actuelles, une aide raisonnable ct nécessaire à cette fin. Un projet de “loi vous sera présenté, Conformément à cette décision ” (1).
RD
dépose son projet de loi (bill No 21) Avant d'en préciser tache le problème de la es essentiels de la constitution britan.
“ La responsabilité de la défense de l'Empire sur les hautes mers... “entraîne nécessairement avec elle la responsabilité de guider la poii- “tique étrangère ” (688).
Il eût été plus exact de renverser la proposition et de dire: L'autorité exclusive sur la politique étrangère entraine l'obligation de défendre tous les pays d’'Empire,
Il prend à son compte la prétention des impérialistes anglais, énoncée dès 1902 par M. Chamberlain : ‘Ce fardeau est si onéreux que le “ jour est arrivé où l'existence de l'Empire sera en danger si les jeunes “ et puissantes colonies ne s'unissent pas à la mère patrie pour protéger “la paix et l'héritage de tous ” (688). Mais alors, ajoute-t.i] immédiate-
ment: “ quand la Grande-Bretagne cesse d’assumer Ja responsabilité “exclusive de la défense en haute
mer, elle ne peut plus assumer la “responsabilité et la direction exclusive de la politique étrangère, liée
On a prétendu autrefois, et même
colonies A mon humble avis, le
r qu’un résultat, et des “plus désastreux ” (2).
j'ai exposé dans pluprincipe que les grandes colonies
"Empire sur les hautes “mers, ont nécessairement, par le fait, droit à Partager aussi la respon- “sabilité de sa politique étrangère (3).
e opposé, en Angledéclaré qu'il fallait
(1) Débats de la Chambre des Communes, 1912- (version française) col. 2. Les t Î t de la de La ce tons 20n foniemen Fr -——$ à version nçaise des Débats. Le chiffre (2) à'version [Fapattate du fests anglais Dobates Moose of Commons 1912-13, Col. 676-7. col. 688-9) est tout à fait te. Ell ES NE trie Da A LE RRnErEe , cù e .
3) C'est dans ! discours M. Borden vait pronones fières paroles “catte S don and, trous que M, Borde era pron - ;
Renan eenransenaasnnnnrenninnnnescsnmmanimnnnnnmnunnnuns area men LL: LrodiRted vhreereninnns am mec ren
nn ns an anses et am
“chercher sans délai les moyens d'arriver constitutionnellement à ce “but” (689).
Nous verrons dans un instant comment les ministres britanniques ont rabattu l'enthousiasme optimiste de M. Borden.
Plaidoyer d'urgence
Le premier-ministre lit en entier et fait consigner dans le compte rendu des débats parlementaires la note de l’Amirauté ; et il annonce que le gouvernement va demander à la Chambre l'autorisation d’accorder “ à Sa Majesté le Roi de la Grande-Bretagne et de l'Irlande et des Dominions d’outremer ” “le coût global ” de trois vaisseaux de guerre, “ qui, une fois lancés, figureront parmi les plus puissants du monde ”. Ce coût “ atteindra approximativement 835,000,000 ” (700).
De l’abrogation de la loi navale, il ne souffle mot; de la consultation populaire réclamée par M. Monk, pas davantage, — C'est la violation complète de sa promesse de l’année précédente, -— Ii tente de justifier cette volte-face: “ Nous ne nous engageons nullement à l’établissement d’un système de contributions régulières et périodiques ” (699). Cette contribution “ d'urgence ” n’a d’autre objet que d'aider l'Angleterre à faire face au péril imminent qui la menace. Il ressuscite tous les vieux arguments des impérialistes sur les sacrifices énormes accomplis par l'Angleterre pour la protection des colonies. Il revient à la représentation des colonies dans le gouvernement de l'Empire: “ J'ai reçu l’assu- “rance du gouvernement de Sa Majesté qu'en attendant la solution “ définitive de la question... il consentirait avec plaisir à la présence à “Londres d’un ministre canadien pendant toute ou partie de l'an “ née” (705). Ce ministre aurait le droit d'assister aux séances du Comité de la Défense Impériale. C’est là, pour l'instant, la somme totale des pouvoirs que les colonies exerceront dans le hautes sphères de l1 politique impériale.
Le 9 décembre, le premier ministre dépose le texte de la résolution qui accompagne le projet de Loi :
“ (a) Que, à même le fonds du revenu consolidé du Canada, il soit “loisible de verser une somme n’excédant pas trente-cinq millions de
“ dollars dans le but d'augmenter immédiatement les forces navales “effectives de l’Empire;
“ (b) Que la dite somme sera utilisée sous la direction du Gouver- “ neur en conseil pour les fins de la construction et l’équipement de “ cuirassés d’escadre ou de cr’iseurs cuirassés, du type le plus moderne “et le plus puissant;
“ (c) Que les dits navires, une fois construits et équipés, seront “ placés par le Gouverneur en conseil à la disposition de Sa Majesté pour “la défense commune de l'Empire;
“ (d) Que la dite somme sera versée et utilisée, et les dits navires “ const: uits et mis à la disposition de Sa Majesté, en conformité des con- “ ditions et conventions consenties et conclues entre le Gouverneur en “ conseil et le gouvernement de Sa Majesté ” (810-1).
PO re
M. Laurier approuve la contribution d'urgence et veut Construire deux escadres
Le 12, le débat s'engage sur la deuxième lecture de cette résolution. Le leader de l'opposition, M, LAURIER, donne la réplique au premier ministre. Cette fois, il vogue en pleines eaux impérialistes, 11 félicite les ministres d’avoir échappé à l'influence des conservateurs de la province de Québec, qui avaient naguère l'audace de “ proclamer partout que le Canada ne doit rien à l'Angleterre *” (1044).
Il a évidemment oublié la parole historique de celui qui fut longtemps son bras droit et son principal lieutenant, sir Richard CART- WRIGHT: “Le Canada ne doit à l'Angleterre que le pardon chrétien du mal qu'elle lui a fait ”. Il a également oublié ses propres dithyrambes en faveur de l'indépendance du Canada: “ Y ati] un Canadien qui ne “serait pas enchanté de voir le jour où l'on pourrait se débarrasser des “services de la diplomatie anglaise? ” (1).
sur mer: “ L'Angleterre ne court aucun danger, ni imminent ni lointain ” (1044) (2).
Tout de même, il reproche au ministère “ Vous voulez bien fournir des amiraux, des c “ des officiers de tout grade, des panaches, des plumes, “ mais vous laissez à l'Angleterre le soin de “ces navires... C’est une politique hybride,
de la repréla motion suivante :
“ Que tous les mots après le mot “ QUE ” soient retranchés et rem- “ placés par les suivants: — “ cette re ne croit pas devoir donner “son concours à ladite résolution, et ordonne de la renvoyer au comité “avec instruction de la modifier de la manière s
uivante, savoir : de “retrancher tous les mots après l'alinéa (a) et de leur substituer les “ suivants:
“Le mémoire, Préparé par le Bureau de l’Amirauté, sur la situation “navale générale de l'Empire et communiqué à cette Chambre par le
an DE
* très honorable premier ministre le 5 décembre, fait voir que plusieurs “ des plus importants pouvoirs étrangers ont adopté un programme dé- “ fini pour augmenter rapidement leurs forces navales,
“ Que cette décision a forcé le Royaume-Uni à concentrer ses forces “ navales dans son voisinage immédiat, entrainant par là le retrait de ses “ navires des possessions éloignées de l'Empire.
“Que ce retrait implique pour le Canada la nécessité d’inaug rer “immédiatement et activement un programme permanent de défense “ navale, ,
“ Que toute mesure tendant à accorder l'aide du Canada à la défense “ navale de l’Empire qui ne comprendrait Pas un système permanent de “ participation, au moyen de navires possédés, équipés et entretenus par
“Que cette Chambre regrette d'apprendre que le Gouvernement a “ l'intention d’ajourner indéfiniment l'adoption par le Canada d'une
“réso: ation approuvée unanimement par cette Chambre en mars 1909.
“Que cette Chambre croit de plus, qu’augmenter la Puissance et la “ mobilité de la marine impériale par l’adjonction de deux escadres “ fournies par le Canada sous le régime de la susdite loi et qui seraient “ stationnées sur les côtes canadiennes des océans Atlantique et Pacifi- “ que, respectivement, plutôt que de recourir à une contribution soit “ d'argent, soit de navires, est une mesure de beaucoup la plus propre à “venir au secours de la défense navale impériale, et, pour employer “ l'expression contenue dans le mémoire de l’Amirauté, à “ redonner
Etourdis par la prolixité de ce texte “ hybride ”, — c’est le cas de le dire — la plupart des gens qui le lirent dans les journaux, le lendemain, ne firent pas attention à un fait important: c’est que la proposition de M. Laurier laissait intact le premier Paragraphe de la résolution ministérielle, En d’autres termes, le leader du parti libéral consentait à voter “ une somme n'ercédant pas 835,000,000 dans le but d'augmenter immédiatement les forces navales effectives de l'Empire”, Puis il suggérait d'appliquer cette contribution à compte du coût de la construction de deux escadres — canadiennes en temps de paix, impériales en temps de guerre. C'était beaucoup plus que ce qu’il avait si durement refusé
(1) On trouvera le texte anglais de cette motion à la Pièce justifientive 71.
sieurs 1e dé-
orces le ses
g rer fense
fense nt de s par
à lord Tweedmouth en 1907. Le Canada, faire, rien accorder: ni contribution,
affirmait.il alors, ne peut rien ni escadre (1),
Commune inspiration des deux politiques
Agagea sur la résolution et le projet
deux chefs suffit à marits et l'inspiration directrice des deux partis, A
travers les attitudes, les ”, les attaques et les contre. attaques, les accusations réciproques d'incivisme, de déloyalisme même, ou de servilité à l'égard de l'Angleterre, un fait primordial se dégage: les deux partis rivalisent d'ardeur pour servir l'Angleterre. C'est à qui renationale établie par Cartier,
Macdonald, Dorion, Sandfield McDonald et tous les hommes d'Etat ca-
t à appliquer le principe des relations établies entre la Grande-Bretagne et le Canada
Au Sénat, il est vrai, la majorité libérale, sous l’ias Laurier qui :-eut racheter ou confesser ses f! Chambre, rejette le projet de loi et demande l'appel au peuple; mais il n'en est pas moins vrai que, dans l'ensemble, le autant que le parti Conservateur ‘“ au principe absolument faux de la contribution des colonies à Ja défense générale de l’Empire ”, C'est
que s’exprimait, en 1903, M, Rodolphe LEMIEUX, devenu l’un des plus ardents prosélytes de cette fausse religion.
I n'y a pas lieu de discuter ici le mérite respectif des deux politiques. La contribution si faussement ment uhe forme plus brutale pire. Mais par cela même, elle su
dictée, La politique
mes et d'industries nouvelles, emploi de main-d'oeuvre Canadienne,
vertes, etc., etc. D'autre part, si elle se réalisait dans la mesure suggé-
reux que la forme de tribut suggérée par M, Borden. Elle imlanterait davantage en Car:da le chancre rongeur du militarisme économique. II deviendrait aussi ditficile pour le Canada que Pour les nations de ] rasser,
Fausseté du prétexte d'urgence - Démission de M. Monk Il resterait à discuter
l'argument invoqué par M. Borden pour jus-
tifier sa rupture de l'engagement qu'il avait pris, en 1910, de consuiter
le peuple, Cet engagement, i] l'avait ratifié à la session suivante, La
contribution d'urgence ne constitue pas une politique Permanente, af. (1) Voir el-dessus, pages 175 à 170.
(2) On trouvera le texte des diverses Propositions à ia pièce Justificative 71.
Sagés solennellement à combattre tout ministère qui tenterait d'en imposer la reconnaissance sous une forme quelconque avant d’avoir obtenu l’assentiment du peuple,
C'est ainsi que M. MONK le comprit, C'est parce que, “ mu par un haut sentiment d'honneur ” (1), il voulut rester fidèle à ses engagements qu'il quitta le ministère lorsque le premier ministre refusa de soumettre au peuple la mesure qu'il avait décidé de présenter au parlement. Le premier ministre et ses collègues sont allés jusqu'à prétendre que le danger était tellement imminent qu'ils n'avaient pas le temps de différer de six ou huit semaines l'exécution de cette mesure, afin de consulter le corps électoral. Est-il nécessaire de démontrer la futilité de ce prétexte et d'établir que toutes les circonstances ultérieures et les actes des ministres eux-mêmes ont prouvé qu’ils n’en croyaient pas le premier mot”?
Si M. Borden et ses collègues — ceux surtout qui l’avaient accom-
quatre mois pour réunir les Chambres, et trois semaines de plus pour déposer le projet de résolution qui formait la base essentielle de leur
Si leur confiance et leur naïveté allaient jusque là, pourquoi ont-ils laissé trainer la discussion parlementaire près de six mois? Pourquoi n'ont-ils pas adopté, dès le début de la session, les mesures énergiques qu’ils ont prises pour metre fin à la discussion? Respect des libertés
leur parole d'honneur, et tout le ministère et tout le parti conservateur de manquer à leurs cngagements, il eût été cent fois plus légitime d’im-
(1) Le mot est de M. BORDEN lui-même, lorsqu'il xpli à la Chambre les motifs de la démission de son collègue, pion
debout.
un fait de-Bre ire au | d'une pire ”?
on duoir du , quels
s connt enimpobtenu
ar un ments nettre L Le ie le fférer ter le texte s mimot”?
‘come de is de pour leur
ssité plus ment sûre-
it-ils quoi ques rrtés nnel rtés jeux oler teur ’m-
otifs
Mais la preuve la plus patente de la Mauvaise foi des ministres, c'est
et si commode, était devenu tellement problématique ministère laissa Passer tout le reste de l'année 1913, to vante, et se rendit jusqu'à la :crre sans avoir tenté démarche et de prendre les cn à sa hortée pour mettre à exécution la politique qu'il avait Proposé: dix-huit ,t- "uparavant, en invoquant la nécessité d'aider immidiatess ni PA «11. à parer à un danger imminent et certain,
Dure rebn#;:. de M. Harcour: M. Borden
J'ai réussi à dér 'ntrer, je crois, ce su l'affirmais en tête de ce chapitre: la politiqi: naval: ex ! UX pariis émane du même principe et tend à la même fi. : faire purticiter le Cat ada à la défense générale de l'Empire. Cette politique, M Laurie: 6 M. Borden ont tenté, à tour de rôle, de l’imposer et de fuir. ASSURE 11 pays une part des charges impériales, avant qu'il ne paris. 4 responsabilités et les pouvoirs du gouvernement de l'Empire, (Cest l'exacte situation que M. Borden décrivait comme “ intolérable ”, dans son discours du 24 novembre 1910.
Nous avons vu que, pour justifier son projet de contribution, il avait été jusqu'à affirmer, le 5 décembre 1912, que les hommes d'Etat britanniques avaient fait un accueil favorable à ses réclamations et qu’ils étaient prêts à reconnaître aux colonies, en fait comme en théorie, l'exercice du droit de représentation, Un résumé de ce discours fut immédiatement câblé à Londres. Les ministres britanniques, avec la loyauté qui corrige, dans une large mesure, Jeur arrogance et leur morgue impériale, ne voulurent pas laisser M. Borden, et &énéralement le peuple des colonies autonomes, sous Ja fausse impression de ce dis. cours,
Le 10 décembre 1912, cinq jours après les M. Borden, le ministre des Colonies, M. HARCOURT, en neurs des possessions autonomes une dépêche qu'on trouvera tout entière reproduite à la fin de ce volume (1). J'en traduis ce Passage :
“ Nous lui avons fait observer [à M. Borden] que le Comité de la “ Défense Impériale est un corps purement consultatif (advisory). Ce “ n’est pas et ce ne peut être, en aucune circonstance, un corps qui ait “l'autorité de déterminer la politique (deciding on policy): cect est et “ doit rester la prérogative exclusive du cabinet britannique, sujette à “l'approbation de la Chambre des Communes [du Royaume-Uni), Néan-
déclarations de voie aux gouver-
1} Phse jüstificntive 72.
IN ME F': et
“ de la camaraderie et de l'amitié leur est toujours ouverte ” — à condi. tion qu’ils n'aient rien à décider, sauf pour obéir aux injonctions de leurs ainés, les ministres impériaux — “ et nous n'avons pas besoin des
“formalités d'une Conférence impériale Pour entretenir la confiance “impériale ”,
A cette citation, M. Harcourt apporte ce bref commentaire :
“ Ces paroles traduisent fidèlement les vues et les intentions du gou- “vernement de Sa Majesté”. 11 a même la jolie audace d'ajouter: ‘“1) “ semble que M. Bordep, dans son discours sur la première lecture du
“bill naval du Canada [la contribution d'urgence], accepte les proposi- “tions que nous avions faites.”
Le souffiet est rude, Le premier ministre le subit sans broncher. Le 17 janvier 1913, il communique à la Chambr mentaire, le texte de la dépêche du ministre des Colonies. Est-ce donc à cela que se réduit toute la représentation des colonies dans les Conseils de l'Empire? Est-ce l'accomplissement des garan rités impériales au premier ministre du Canada pour justifier le paie. ment du tribut à l'Empire?
Ce que signifie la présence des ministres coloniaux dans le Comité de la Défense Impériale, l'insignifiance du rôle tout passif qu'ils y jouent, la dégèche de M. Harcourt suffit à l'indiquer, Du reste conquéle coloniale n’a Pas même l'attrait de la nouveauté,
(1) La représentation tout illusoire des colonies au Comité de la Défi n'est pas le seul a
Impéria
pe a je" "Périaiistes canadiens se sont laissé prendre.
el open dé le premier rie, ‘du Cansds De üte de Pmpire Les | — ux istes ns vaine
NE ntientnsnnsi ai ain ainnnsnnoomnanionnmmnnan nano Rance A LS a = -
ont pris soin d'entretenir
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Ifrid ministres re mr A eu même honneur, Le ph) oronto), à mia due 197: L'entrée du promis exlonies d' nt Pre dérée come rs
de l'Em . On voit le fait n’est nouveau. “re-
Fertasses
LE
Telle était donc, en 1912, la situation l'Empire, quand M. Bo
tout entier décida de précipiter le u militarisme européen ”, de Jui imposer, re, un effort militaire infiniment plus con-
ur les épaules du peuple canadien, pour les seules fins de celte guerre j Concours des colonies, une dette plu ut ce que le Canada avait dépensé depuis la naissance de la Confédérati
on pour mettre en valeur son patrimoine national,
N'est-ce pas je Paroxysme de la situation “ intolérable ” dénoncée par M. Borden en 1910?
Le Canada et la Guerre
Le Canada était.il tenu de Participer à la guerre européenne?
mme possession britannique, non. En
d'une obligation morale ou légale, résuitant de sa condition coloniale,
non. S'il avait envisagé la situation sous cet angle unique, le Canada
avait le droit, il avait même le devoir de s'abstenir de toute participation active à la guerre.
Je ne le crois pas.
“Lié à l'Angleterre et à la France par mille attaches ethniques, sociales, intellectuelles, économiques, le Canada a un intérêt Vital à la conservation de l'Angleterre et de la France, au Maintien de leur prestige, de leur Puissance, de leur action mondiale.” (1)
Si le Souvernement avait proposé au
des opinions sincères aurait Pour obtenir ce résultat, il
En mn 511 en est résulté quelque chose, ce n'ert qu'un accroissement de l'influence des nistres qui traitérent : là ! avec les re ne snniques.
en 1865, oecupèrent
délégués colcniaux admis au Conseil Privé ou à l'imperiai Defencs Commities.
Ce pate sut man — = lie tuiles 2e rticle publié dans le PE ot men Peu Près valu tant d'injunre PLteh presse impéries liste No" opinion là-dessus n'a pas varié ne gai d, 4 le corrige aujourd'hui en ajoutant : ‘ue ln puissance et l'act: de France et de l'Angleterre DE MS ei RUE Pr, pe PE PTE D Pere anne RDS cé de France de Napuéen. r Timpériahemeltresse d'un sixième des terres A
ectée du virus l'impérialisme, c'est fférent. Sans parier des De que PE Viet €e ji ve pa eu Copn Sn coeurs led qu'une écrasante pe ire serait aussi dangereuse pour nome le Re de l'Allemagne pour l’Europe, L'arrogante brutalité des anglicisateurs canaer LE Re Sr ST Pre Stern | Ü A sd enr que fn PRE dérl, trouvent ur anéns des races » re 1 relaie tr là (Vos page 85002100 menace l'équilihee
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