DATE SENTE KES
aurait fallu déclarer sans équivoque que le Canada intervenait de son
gré, parce que ses intérêts étaient, dans une large mesure, liés à ceux de l'Angleterre et de la France; mais qu'en toute occasion où les je gun du Canada seraient opposés à ceux de la France ou de l'Anglelorss
Canada de celle de ces. Pays—quitte à répondre, comme Macdonald, Langevin, Tupper et Campbell, aux partisans de la servilité coloniale : “Tant pis pour les intéréts britanniques ”.
Si l'on objecte que ce langage n'aurait guère cadré avec la logique du régime colonial, il est facile de répondre que la logique absolue et étroite, arme usuelle et commode des théoriciens, n’est pas la seule règle de gouvernement. En pays britannique surtout, elle doit souvent céder
le pas aux exigences du patriotisme et du sentiment, aux nécessités supérieures du moment.
Cette politique, loin de constituer une innovation, aurait marqué un retour décisif à la tradition nationale, une réaction salutaire contre la révolution dangereuse qui emporte les :olonies autonomes depuis quinze ans. Elle aurait pu opérer, je le répète, l'accord mora! des opinions. Ainsi motivée, la participation du Canada à la guerre eût accordé en fait une satisfaction suffisante aux impérialistes raisonnables, L'affirmation péremptoire du droit absolu du Canada d'accorder ou de refuser son concours à l'Angleterre eût ccatenté la plupart des nationalistes,
Naturellement, cette politique aurait entrainé, comme corollaire essentiel, le devoir de déterminer le mode et le degré de participation du Canada selon les exigences de sa situation économique et de sa défense territoriale,
Au lieu de cet accord national, pour l'accomplissement du devoir national et la défense des intérêts nationaux, les chefs de faction et leurs complices de la presse ont préféré ce qu’ils appellent la “trève des partis”, Cette fausse trève n'est que l’hypocrite complicité des politiciens, 1veuglés, séduits ou vendus, pour assurer le triomphe de l’impéla France, l'évocation des gloires et des souffrances de ln Belgique, ne sont que des prétextes habilement invoqués pour entraîner les Canadiens-français à servir l'Angleterre et à reconnaître, en fait, l'obligation, qu'ils ont toujours niée, de participer à toutes les guerres de l'Angleterre et non plus seulement à lu défense du territoire canadien. La guerre que le Canada fait aujourd'hui à l'Alte.
€ Voir page 91
Mmugne, il devra être prét à lu Poursuivre demain contre la France (i) ou contre tout autre Pays que l'Angleterre jugera utile ou nécessaire de combattre, pour l’accomplissement de ses desseins ou la sauvegarde de ses
tier, de Macdonald, de Dorion, de Sandfield McDonald. Mais elle est lument conforme aux desseins des maitres de l'Empire, tels qu'ils se sont affirmés avec une audace croissante depuis trente ans, depuis la
“Ce que nous désirons ”, disait lord SALISBURY en 1887, c’est que lous les pays d'Empire s’apprêètent à nous ‘fournir non seulement de l'argent mais aussi des hommes."
Pourquoi, demandait M. CHAMBERLAIN, en 1897, ‘ Les troupes coloniales n'iraient-elles Pas, de temps à autre, combattre côte à côte avec leurs Compagnons anglais? ”
“ J'ai la ferme conviction ”, affirmait M. BRODRICK en 1902. “ qu'en cas de danger” les troupes coloniales “ Pourraient être mises en ligne avec nos (roupes régulières contre une armée européenne,"
# un danger supréme ”, disait M, HALDANE en 1907, forces de défense locale Pourraient se porter en nombre pour défendre plus que leurs Propres frontières ”: et ji esquissait les grandes lignes du plan destiné à assurer la “ coopération effective" de toutes les armées de l'Empire “ dans une grande guerre ”.
J'ai prouvé à satiété, je pense, que les gouvernants du Canada, après avoir repoussé toutes les avances des maitres de l'Empire, ont peu à peu lâché pied et accepté l'une après l'autre chacune de leurs s'iggestions.
leur force Dersévérante et de l’admirable continuité de leur politique. Elle témoignage également de la servilité des politiciens du Canada et de
La participation du Canada à la guerre actuelle marque le triomphe et l'apogée de l'impérialisme anglais.
Les principes posés par les Pères de la Confédération sont renversés. Toute la tradition nationale est révolutionnée.
Ce n'est plus “ {e Canada avent tout ”, C'est “ l'Empire par-dessus tout!" Vaterland über alles!
Le t des À Canadi à cet rd s'est manifesté cia t à la DS AT ARS nan cm an r rs, a ma voie chant A Ce France avec la même ardeus ele ren o û x “déloyale”,
“ Notre devoir est de censulter nos propres intérêts ”, déelurait, en 1863, M. POPE, futur ministre conservateur, “S'il est de notre intérét d'aller aussi loin que l'Angleterre le désire, allons-y: mais surtout, n'al-
lons pas au delà de ce que nous considérons que nos propres intéréts exigent."
“ Si l'Angleterre était »n danger, si méme elle était simplement aux prises avec une ou deux des grandes puissances de l'Europe”, affirme M. LAURIER, en 1912, “ nous mettrions loutes les ressources du Canada à la disposition de l'Angleterre.”
“Nous mettrons le Canada en banqueroute pour sauver l'Empire”, vocifère M. MEIGHEN (1). Et les deux partis se vouent à l'exécution de ce programme patriotique.
Il n'est plus question de consacrer les ressources et l'effort possible du Canada à la défense de son territoire, seule partie de l'Empire dont les Canadiens sont responsables. Au contraire, on dépouille le Canada
de tous ses moyens de défense, ou le réduit à l'impuissance totale, nour le cas où il serait attaqué.
La conscription au Canada
Ce délire ira-t-il jusqu'à l'établissement de la conscription au Canada?
Il en sera de cela comme de tout le reste, selon ce que décideront les ministres britanniques. Le jour où le régime de la conscription, partielle ou totale, sera établi en Angleterre, les maîtres de l'Empire n’auront aucune peine à l’introduire au Canada. L'opération sera d'autant plus facile que le mécanisme légal existe déjà. 11 n'y aura pas même besoin d'une loi nouvelle ni de l'autorisation du parlement. La loi de la milice, je l'ai démontré, contient tous les dispositifs qui permettent au Souvernement d'enrôler de force “tous les habitants mâles du Canada, âgés de dix-huit et plus, et de moins de soixante ans”, De plus, elle aulorise le gouvernement à envoyer “la milice ou toute partie de la milice ”, servir à l'étranger, “ pour la défense du Canada” (art, 69). Cette seule restriction était déjà singulièrement affaiblie par les déclarations compromettantes de sir ‘Vilfrid LAURIER, en 1899, et de sir Frederick BORDEN, en 1904. L'attitude actuelle des politiciens des deux partis, des chefs d'opinion les plus autorisés, de la plupart des journaux, l'a rendue absolument illusoire. Les uns et les autres ont proclamé à
, -ils tous,
devoir légal, ajoutent quelques-uns--de participer à cette guerre, 11 y va “La première à la frontière des Flandres ”, s'écrie le ministre des Postes, M. CASGRAIN, “ L'Allemagne ne fait la guerre que Pour s'emparer du Canada ”, vont jusqu'à dire les Plus exaltés ou les plus
Tous ceux qui partagent et soutiennent ces opinions ne peuvent s'objecter à ce que la milice canadienne soit envoyée en France “ pour la
(1) Discours au Canadian Club de Winnipeg, en novembre 1914,
défense du Canada ”, ni à ce que les cadres de ja milice soient remplis conformément à la loi,
La plupart des partisans de l'intervention du Can
ont reconnu, hautement ou lacitement, le droit des autorités impériales de “equérir les secours armés du Canada, de disposer à leur gré des troupes
ns et l'étendue de la participation des colonies Le jour où les autorités impériales déclareront que le salut de l'Empire
“avec une ou deux dés grandes puissances de l'Eu avait pas de danger, “ nous mettrions toutes les ressources du Canada à la disposition de l'Angleterre? ”
Souvernants anglais ou leurs représentants viendront leur dire : “De votre propre aveu, le salut du Canada est lié au
succès de nos armes exige deux cent mille Can ment volontaire n'y suffit pas. Nous sollicitons Maintenant votre appui moral afin de faire exécuter les lois qui permettent au &ouvernement canadien d'assurer le salut de l'Angleterre et, partant, celui du Canada ”?
Sacrifices sans compensations
Lorsque cette dernière manoeuvre sera accomplie, —et même s’il s’en tient à son effort actuel—le Canada aura pris à sa charge, en moins de trois ans, une Part plus lourde du fardeau impérial qu’il n'a portée en un
Suerre, il aura contribué à la défense de l'Angleterre beaucoup plus généreusement que l'Angleterre n’a contribué, depuis la Conquête, à la défense du Canada. Simple dépendance de l'Empire, il aura assumé la plus lourde des responsabilités
veux pas revenir ici sur les avantages impériale ”, toujours entrevus, jamais réalisés. Quelle com,
l ne pourra Pas, comme l'Afrique-Sud, l'Australie et Ja Nouvelle Zélande, se tailler des domaines dans les dépouilles de l'Allemagne colo. niale, Et d'ailleurs, il n'en aurait que faire,
vé des capitaux anglais engloutis dans la guerre, endetté à mort au profit de l'Angleterre 11 devra attendre des Capitaux américains la res-
tauration de sa vie industrielle. 11 court risque d'y perdre son indépendance économique, et peut-être ses libertés nationales.
Mais, s'écrient les impérialistes, il Pourra, à l’occasion, lorsqu'il sera lui-même en péril, compter sur les secours prompts et efficaces de la mère patrie et des autres pays britanniques. Désormais, entre toutes les “ nations soeurs ”, c’est à Ja vie, à la mort!
Cette espérance est illusoire. Les autres colonies sont absorbées par les‘ exigences de leur situation particulière. L'Angleterre elle-même n’a jamais voulu, elle Pourra, moins que jamais, se mettre en mesure de défendre le Canada contre ses seuls agresseurs possibles: les Etats-Unis et le Japon. Le souci de conserver la neutralité sinon l'amitié des Etats- Unis lui a toujours fait sacrifier les intérêts du Canada aux exigences légitimes ou injustifiables de nos redoutables voisins, Rien n'indique qu'il en sera autrement à l'avenir, La seule préoccupation de maintenir son autorité chancelante dans l'Empire des Indes empêchera l'Angleterre de prendre des mesures efficaces pour protéger le Canada. C'est cette préoccupation qui l’a conduite à faire du Japon la nation prépondérante de l'Asie, la seule puissance maritime qui puisse, pour l'instant, menacer sérieusement les Pays australasiens et, à un moindre degré, le Canada occidental,
Si les impérialistes canadiens qui parlent tant de l'Empire, des gloires de l'Empire, de l'avantage que le Canada trouve dans son association avec l'Empire, se donnaient la peine d'étudier les éléments primordiaux de la situation impériale, ils ne tarderaient pas à se convaincre que l’Angleterre est prête à sacrifier toutes ses colonies autonomes pour assurer sa possession de l'Inde.
Il n’y a pas, du reste, à s'étonner, encore moins à s’indigner, de cette détermination. La possession des Indes offre à l’Angleterre un intérêt infiniment supérieur à celui qu'elle trouve dans la conservation de ses colonies blanches. Le Souvernement de cet immense empire, fait de multiples nations, peuplé de plus de rois cents millions d'habitants, est le chef-d'oeuvre de la politique coloniale de l'Angleterre. Elle y a contracté des obligations qui surpassent sans Comparaison possible toutes celles que lui impose la protection du Canada, de l'Australie, de la Nouvelle Zélande et de l'Afrique Sud (1).
S’indigner de cet “ égolsme ” nécessaire des Anglais serait aussi puéril et injuste qu'il est grotesque d'attendre de l'Angleterre, pour le salut du Canada, une Compensation adéquate des sacrifices que nous faisons au. jourd’hui pour le salut de l’Empire.
Les colonies autonomes ont grandi et prospéré, selon la parole si juste de BURKE, grâce à “ l'heureuse négligence ” de l’Angleterre, C’est ce que les Canadiens d'autrefois savaient comprendre, C’est malheureusement ce que les politiciens d'aujourd'hui ne comprennent pas,
Reste la flotte britannique. Sans doute, sa suprématie écrasante existe encore: la guerre actuelle l’a amplement démontré, justifiant ainsi
(1) Deux des plus hauts fonctionnaires du gouvernement britannique m'ont expost. l'en dernier, PA A absolument concluante, ce point de vue des autorités impérie les.
lépen-
1 sera | mère “na-
»s par le n’a » de -Unis Etatsences dique tenir terre cette rante racer nada
oires avec le la ngle-
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l'opposition constante que les na tique navale des deux Partis.
Mais, sans discuter la possibilité de l'affaiblissement relatif de cette flotte,—sans insister de Nouveau sur la détermination des autorités britanniques d'employer les forces navales de la Grande-Bretagne à la pro-
tection de son territoire et de son commerce, avant de s’occuper des colonies,—il reste un fait Constant et indéniabl
cst impuissante à protéger le Canada contre le
tionalistes canadiens ont faite à la poli-
aura vendu son âme et le es mains que des feuilles
(1) Je n'ai jamais été si fortement frappé qu'à Londres, l'an dernier, des réalités de cette situation. J'eus l'occasion tout exceptionnelle d’e d A
l'intervalle, avec les deux hommes les plus compé
pétents peut-être de la flotte britann - — tres acharnés, divisés sur toutes les questions techniques, leurs avis ument sur un point: le Canada ne peut attendre
pour la À rce en tous les Anglais avertis considèrent avec raison "il fait partie du commerce de l’An- #leterre et que c’est en conséquence le devoir et ‘intérêt de l'A À L'un de mes éminents interlocuteurs alla Jusqu'à dire qu’il est absurde per le Canada de s'aventurer dans une politique duisteonaue de défense militaire et navale, s'en s'assurer, au go le bon vouloir Etats-Unis et leur protection efficace ‘en cas d'at-
à quel point les prits dirigeants, en An eterre, acceptent volontiers, le Canada, 1 1séquences de la doctrine Mensrs.
que la politique anglaise
t des diplomates nnalais, sir Edward GREY, n'a-t-il pas le 23 mai 1911, en présence de Sir Wilfrid Laurier, | ee ie Le lendemain, l'un des organes les plus autorisés du parti , le Spectator, écrivait ge le ministre des Affaires ét ce A
rangères “avait exprimé le En 1903 ve Chartes - publiquement, à N York La dec , New-York : « le “pp Monroe 8 pris naissance en Angleterre €! P
re l'a toujours puyée.
s un intérêt pr ue égal à celui des Etats- nis au maintien de la “Monroe. Si j'étais Amériesin, Je me battrais pour la doctrine pee l'ap- “ Puie, comme font la plupart des .” (Cette déclaration a été liée le Herald, Es le 5 février 1903 € la retrouvera, avec commentaires, dans Je À un déjeuner du Canadian Ciub d'Ottawa, Sir Frederick BORDEN, alors ministre de la Milice dans le cabinet Laurier, disait de la doctrine Monroe: “Behind that doctrine “are the guns and warships of the United States and îhe whole Power of 80,000 600 souts. “ Surely that doctrine, if it means anything, means that Canada is safe from foreign “aggression. IT THAT NEITHER GERMANY NOR RUSS&I + NOR ANY FOREIGN : POWER, WOULD FOR ONE MOMENT, WHETHER ENGLAND WERE STRONG OR = Le PRRMITTED BY THE UNITED STATES TO PLACE À HOSTILE FOOT IN de LD me vérifié la date de cette déclaration ; mais M. FOSTER bre, le 10 février 1910. “Does my hon, friend still hold to that ?” demanda-t-il au tre, “T am very much of that opinion”, ripostn
s Monroe, on dira Kingdom Papers de M. EWART : “The Canning Policy, sometimes called the Monroe
ne tenenennne ibn ONE
pue es pb rénarodi ar cmian
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Lois et Ordonnances antérieures à l'Union