‹ Que devons-nous à l'Angleterre? [microforme]Chapitre 8 sur 120 · PO · texte numérisé non relu

PO

voie sisi,

dt: AMEN Edit

Se

“ nada devenait cependant le théâtre d'une Suerre résultant de la poli- B nvestis “tique impériale, les Canadiens, tout en unissant leurs efforts pour dé. # despo- “fendre leur territoire, n'en seraient Pas moins obligés de compter : roqu'il “principalement sur les ressources de l'Empire pour assurer leur prore au “tection; et c’est leur opinion qu'en ce Cas, ils auraient le droit de comp- F

‘‘ter sur toutes les forces de l'Empire pour les aider dans leur résis. ia ; Colo- “ tance.” Lis sd Is rappellent les sacrifices que les Canadiens ont faits dans le passé, i #* | lonner comme ‘sujets de Sa Majesté’. Ils insistent de nouveau sur le fait qu’au- Wr,

cune autre partie de l’Empire n’est aussi exposée que le Canods à l'in- 4 secré- vasion étrangère : PL Le J'auto- “En cas de guerre avec les Etats-Unis, aucune combinaison proba- 7 du Excel- “ble des troupes régulières et de la milice ne sauverait notre territoire Ver ce de “de l'invasion; aucune victoire, telle que la confiance la plus optimiste ‘13 Feréss “ puisse l’espérer, n’empêcherait les régions les plus florissantes de la fit

qu'il “ province d’être transformées en champs de bataille, Notre commerce Li pro- “et notre industrie seraient Paralysés. Nos plus riches régions agri- is il est “ coles seraient dévastées; nos villes et nos villages détruits; nos foyers, n sys- “heureux en temps de paix, verraient la guerre leur apporter la misère; = aulo- “— et fout ceci serait le résultat d'événements dont la cause initiale ne sont “pourrait en aucune manière être attribuée au Canada. clusif “Les conseillers de Votre Excellence rappellent ces conditions “particulières de la colonie afin de démontrer l’injustice des exigences É prin- “ba: ‘es sur ce que l’on prétend être l’égoïsme et la négligence du Cana- it droit “da. se bornent à signaler des conséquences qu’il serait criminel 53 à la “ de cac :r et des dangers dont il serait insensé de contester l’exis- rs. liscu- “tence.” ‘4 des Ils réitèrent leur détermination de Poursuivre la ligne de conduite est degré qu'ils ont adoptée; et ils concluent avec Ja même franchise et la même Fi t for- fermeté: re ne “Leur souci est de faire tout ce qui doit être fait, et de le faire de ; d “ manière à mériter l'approbation de la Province. Ils ont le droit d’exi- : t se “ ger que leurs efforts soient jugés selon le tempérament du pays et à la à k “lumière des faits qui les ont inspirés. Ils ont co — “ justifiera victori appe )tale- Las actes sont use “conformes aux désirs et aux intérêts du Peuple canadien. C'est le peus détient gage fier et digne que les hommes d'Etat canadiens | la savaient alors faire entendre aux maîtres de l'Empire. Nous verrons icun dans un instant uent Jus- 8 le des droits et des F-< obligations réciproques de la métropole et de la colouie.

md + e | Lt 77

ns me en ns nm aie mi

ue

Le .. iverneur général, lord MONCK, n'éprouva aucun scrupule à transmettre ce langage énergique au ministre des Colonies, Tout en regrettant, du point de vue des intérêts impériaux, le ralentissement des préparatifs de guerre, il ne pouvait s'empêcher, — nous l'avons vu par sa dépêche du 10 juin 1862, — de juger que ses nouveaux ministres n'avaient pas tout à fait tort. Il accompag:.e leur mémoire du 28 octobre d'une dépêche, en date du 30, dans laquelle, loin de blâmer l’atti. tude et le langage de ses ministres, il semble plutôt incliner dans leur sens:

“ Je n'entrerai pas”, écrit-il au duc de Newcastle, “ dans la discus- “sion de théories abstraites sur les relations qui doivent exister entre “ l'Angleterre et ses colonies au sujet de la défense coloniale. Les termes “ mêmes de la dépêche de Votre Grâce [du 21 août 1862] indiquent “ qu'elle est purement suggestive et ne prétend nullement faire acte “d'autorité en déterminant la proportion des contributions respectives “ que la mère-patrie et Ja colonie doivent faire pour cet objet. L'admis- “sion faite par le gouvernement de la colonie que tout ce qu'il entre- “ prendra dans ce sens sera d'une nature défensive prouve que s'il existe “une divergence de vues entre Votre Grâce et le Conseil Exécutif du “ Canada, ce n'est qu'une question de degré et non de principe.”

“ Mon devoir, ajoute-t-il, est de m'appliquer plutôt à tirer parti des “ propositions pratiques suggérées par mes aviseurs.” 11 approuve les unes et condamne les autres comme inefficaces, mais sans songer aucunement à faire prévaloir ses avis.

Il informe le ministre qu’il a consulté Je lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick et celui de 1: Nouvelle-Ecosse sur le projet d’une entente commune entre les trois provinces et que leurs réponses corroborent l'opinion des ministres canadiens. “Je ne crois pas moi-même, “conclut-il, que le projet agréerait soit aux Canadiens, soit aux habi- “tants des provinces inférieures.”

Les autorités impériales baissent pavillon

Cette dure rebuffade ne semble pas avoir indigné ni scandalisé les autorités impériales. Dans sa réponse, en date du 20 décembre 1862, le duc de NEWCASTLE exprime son regret de l'opposition faite par le Souvernement canadien aux diverses mesures qu'il a suggérées. Il atteste que ses conseils étaient inspirés Par le seul désir d’aider la colonie à protéger ses propres libertés; et il termine par ces considérations intéressantes :

“ Loin de moi le désir (qui semble impliqué dans le rapport de vos “ ministres) de restreindre l'autorité du Parlement canadien sur ses “propres affaires. D'autre part, la somme des efforts que l’Angleterre “pourrait faire avec quelque avantage dépend forcément, dans une “large mesure, de la manière dont cette autorité s'exerce, c’est-à-dire “de la disposition du Souvernement et du peuple de la province à pro- “téger la colonie. Ma dépêche [du 21 août] suggère que les Canadiens “eux-mêmes, et non le Parlement impérial, légifèrent sur la milice: il “est donc difficile de comprendre que le Conseil Exécutif [du Canada] “puisse justifier une telle crainte de voir entraver ses libertés.

sont tous d'accord pour reconnaître et affirmer que l'Angleterre, seule

responsable de la politique étrangère d'où découlent la paix et la guerre,

doit seu!; pourvoir à la défense générale de l’Empire, et que le Canada,

autonome chez lui mais inexistant comme nation souveraine et respon-

sable, n’a d’autre obligation que celle d’aider la métropole à défendre

son territoire colonial. Selon la juste parole de lord Monck, ils ne diffèrent “que sur le degré et non sur le principe.”

Que l’on rapproche ces déclarations remarquables des paroles prononcées depuis quelques années Par nos hommes publics, et l’on constatera sans peine la révolution profonde et radicale que le mouvement impérialiste a opérée dans nos relations avec la métropole. “La guerre avec le Canada, c’est la guerre avec l'Angleterre”, dit le duc de Newcastle; et il en conclut qu’en fait comme en droit, la Grande-Bretagne doit protéger le Canada contre toute attaque extérieure, nécessairement suscitée par la politique étrangère du gouvernement impérial. Tout ce qu’il attend des colonies, c’est qu’elies prennent les mesures nécessaires Pour aider Ja métropole à protéger leurs territoires respectifs, seules parties de l’Empire où les Souvernements coloniaux exercent leur autorité, où le peuple des colonies jouit de ses privilèges et de son autonomie.

A un demi-siècle de là, le premier ministre du Canada, sir Wilfrid LAURIER, retourne Ja Proposition: “Quand l’Angleterre est en guerre, s’écrie-t-il, le Canada est en guerre”. Il en déduit que le Canada doit assumer toutes “les responsabilités d'une nation”, et, d'accord avec son collègue, M. FIELDING, il impose au parlement de la colonie la création d’une flotte, “ canadienne en temps de paix mais impériale en

| les autorités impériales une entente qui met, en temps de guerre, les lé 3 forces navales du Canada à la disposition d’un exécutif dont la politique et les actes échappent totalement au contrôle et au vote du peuple

canadien. Leurs successeurs, les ministres conservateurs, portent aux

autorités impériales!

Il n’y a qu’une chose qui ne soit pas changée, qui reste absolument en 1915 ce qu'elle était en 1862 : c'est l’impuissance totale, c’est l’entière irresponsabilité des colonies en matière de politique étrangère: c’est la raison même qui faisait reconnaître, il y a cinquante ans, aux

2er 21008 comme.

(1) Débats sur la Loi navale, 1909-10 — pièce justificative 70,

leur territoire.

Loi de la Milice, 1863

Après avoir nettement défini la situation et fait reconnaitre à Londres la légitimité de leur vigoureuse défense des droits de la colonie, M. Sandfield McDonald et ses collègues s’appliquérent loyalement à la réorganisation des forces de défense de la province, A la session de 1863, ils opérèrent la refonte complète de la loi de la milice (1). Les modifications principales touchaient à l’organisation et à la classification des forces. Comme dans toutes les lois précédentes, il était statué que la milice se Ccomposerait de tous les habitants mâles de la province de 18 à 60 ans (Art. 2); mais on établissait la distinction entre les hommes

non mariés, appelés les premiers, et les chefs de familles appelés en second lieu (Art. 3).

L'article 33, qui définissait les limites territoriales dans lesquelles la milice pouvait être appelée en service actif “dans la province ou en dehors de Ja province”, n’était que la reproduction de l'Article LXVI de la loi de 1855, avec une légère modification qui en précisait davantage le sens. La loi précédente disait: “ La milice ainsi appelée “pourra être dirigée vers toute partie de Ja province ou toute place “hors de la province mais contiguë à icelle, où l'ennemi pourra (may “be) se trouver et d'où l’on pourra craindre une attaque contre cette “province (may be apprehended).” Le nouveau texte disait: “ where “the enemy is, and from which an attack on this province is appre- “’hended”, — “ où l'ennemi se trouve et d’où l’on appréhende une atta-

que contre cette province.” On ne voulait pas laisser Place à des suppositions arbitraires.

Les débats ne suscitèrent aucune expression d'opinion nouvelle ou particulièrment remarquable (2). Les conservateurs, amortis par leur insuccès de l’année précédente, n’attaquèrent pas à fond le projet de loi ni la politique du nouveau ministère. Toute Ja Chambre acquiesça, expressément ou tacitement, au principe de la défense exclusive de la province. Notons en Passant cette parole de M. J.-H. POPE, Anglais conservateur, père du bouillant Rufus Pope qui faisait, l’an dernier, au Sénat, un tel étalage de loyalisme :

“Notre devoir est par-dessus tout de Consuller nos propres intérêts “ (écoutez, écoutez). Nous ne pouvons atten “d'autre appui qu'un appui intéressé (écoutez, écoutez)” — c'est de l'Angleterre qu'il parle, — “ S'il est de notre intérêt d’aller aussi loin

“que l’Angleterre le désire, allons-y; mais surtout, n'allons pas au-delà “ de ce que nous considéro

(1) Pièce justificative 29.

(2) Pièce justificative 30.

hommes d'Etat anglais et Canadiens de tous Jes partis, qu’il est contraire aux traditions et aux principes essentiels de Ja constitution britannique d'appeler les colonies à toute autre contribution militaire qu'à celles qui ont pour objet immédiat et exclusif de pourvoir à la protection de

De etre soumet:

À ceux qui pressent le gouvernement de hâter et d’accroitre les préparatifs de guerre, M. McDONALD, député de Toronto, réplique qu’à son avis, “en cas de nécessité, les Canadiens se lèveraient en force con- “ sidérable et que, pour défendre leurs foyers, ils se battraient comme “ des héros. Mais l'on ne saurait trouver de meilleur moyen de provo- “quer une guerre que d'en parler tant et de faire connaître notre fai- “blesse, Du reste, aucune guerre ne pourrait éclater à cause du Canada; “et si un conflit surgissait des difficultés de la mère-patrie avec les “ Etats-Unis, ce serait l'affaire et le devoir de l'Angleterre de nous dé- “fendre. Oui, et elle y emploierait toutes ses ressources en hommes et “en argent.” :

Aucun cri de protestation, aucune accusation de déloyauté ou de trahison ne s’éleva contre cette déclaration, toute nationaliste, du représentant de la cité sainte du loyalisme,

Préliminaires de la Confédération

Le Canada traversait alors la période de crise politique d’où émergea la Confédération. Les Haut-Canadiens, qui avaient trouvé très juste l'égalité de représentation des deux provinces tant que le chiffre de leur Population était resté inférieur à celui du Bas-Canada, réclamaient avec une fureur croissante la représentation basée sur Je chiffre de la population. Les ministères tombaient les uns après les autres. Le cabinet McDonald-Dorion, qui avait remplacé, avec une nuance plus accentuée de libéralisme, la combinaison McDonald-Sicotte, fut forcé de résigner en mars 1864. Les conservateurs reprirent Je pouvoir sous la direction de MM. Taché et John-A. Macdonald. Défaits presque dès l’ouverture de da session, ils firent alliance avec George Brown et les clear grits du Faut-Canada. C’est ce ministère de coalition qui fit aboutir le projet de fédération de toutes les provinces britanniques de l’Amérique du Nord.

Il n'entre pas dans le cadre de cette étude de discuter les principes el la portée générale de cette évolution constitutionnelle et politique, sauf pour ce qui a trait à la défense militaire du pays.

leur défense commune — se réalisa beaucoup plus tôt peut-être que ne l'avaient espéré les hommes d'Etat anglais. Cependant, — et c’est ce qu’il importe de signaler, — les Pères de la Confédération n’apportèrent aucun changement à la base des relations établies à ce sujet entre la métropole et Ja colonie. Ils maintinrent intacts les principes posés en 1854 et les déclarations subséquentes qui en avaient précisé la définition et la portée. La fédération des provinces augmenta assurément leurs responsabilités et Jeurs charges en tout ce qui touche à l'organisation militaire; et elle diminua d’autant le fardeau de la Grande-Bretagne. Mais ces responsabilités et ces charges nouvelles n'avaient d’autre objet que la défense du territoire de la Confédération. Elles n’impliquaient, ni directement ni indirectement, la moindre obligation, la plus lointaine promesse de Participer à la défense générale de l'Empire et d’apporter à la Grande-Bretagne d’autre coopération que la jonction des

nt li Et) All, (ER 4,

milices canadiennes aux (roupes impériales Pour défendre le territoire du Canada. Les débats qui précédèrent au Parlement Canadien, en 1865, Ja ratification du pacte constitutionnel signé à Québec, en 1864, ne laissent aucun doute à cet égard (1).

Macdonald, Cartier, Brown, Campbell, Langevin, tous membres du . Souvernement canadien et délégués à la Conférence de Québec, insisté. rent sur l’importance, sur Ja nécessité même, d’unir loutes les possessions anglaises du continent afin d’accroitre Jeurs forces de défense contre les Etats-Unis. Ils représentèrent qu’en se fédérant, les provinces seraient en meilleure posture pour exiger du Bouvernement impérial l'exécution de l'engagement qu’il avait pris de consacrer “toutes les ressources de l'Empire à défendre les colonies contre toute agression extérieure.” C'est sur ce terrain que CARTIER se place tout d'abord : “ Nous “avons des devoirs à remplir envers l’Angleterre. “l'exercice de sa Puissance pour notre protection, nous devons nous “aider nous-mêmes. Sans la confédération, nous ne pourrions accom- “plir ce devoir d’une manière satisfaisante et efficace... Lorsque

Afin de nous assurer

Le principal motif que les ministres opposent aux libéraux qui demandent de soumettre la mesure à l’approbation du neuple, c’est qu'il n’y a pas une minute à perdre Pour conclure avec l’Ans.eterre les arrangements nécessaires à Ja défense du Pays. A quatre reprises, au cours des débats, sir John MACDONALD revient sur cet a I annonce que je gouvernement va envoyer en Angleterre des délégués chargés de traiter avec les autorités impérial “l'Angleterre, en justie pour le Canada, va s'engager à consacrer à “notre défense ses dernières ressources en hommes et en argent.” “Les deux questions, la fédération et la défense, doivent être discutées “simultanément, Nous devons saisir l’occasion de faire définir exacte-

La défaite du ministère Tilley, au Nouveau-Brunswick, vint jeter l'union des provinces.

donald déployèrent le plus d'énergie et donnèrent les preuves les plus éclatantes de leur habileté comme tacticiens Parlementaires. Ils refusè-

Les principaux adversaires de la fédération, Dorion, Sandfield Mc- Donald, Holton, Huntington, prirent à peu près la même attitude qu’en

(1) “Debates on Confederation of B. N. À. Provinces”. Les citations qui suivent sont traduites de la version anglaise, Pages 65, 665 ct 703.

Fa Ë

Le essais

1862. Ils s’opposaient à ce que le Canada assumât des responsabilités trop considérables, même pour sa propre défense,

Aucun des protagonistes de la Confédération, aucun de ses adversaires, ne suggéra, même de la façon la plus lointaine ou la plus indirecte, que le Canada pût être appelé à faire la moindre contribution, en hommes ou er argent, à la défense de l’Empire en dehors du territoire canadien. Tous professaient le nationalisme intégral. Ils étaient d’accord sur le principe des relations qui doivent exister entre la métropole et la colonie; ils ne différaient, selon le mot de lord Monck, que “sur le degré” d'application.

Déclarations de Cartier à Londres

Dès que la session fut prorogée, le gouvernement délégua en Angleterre MM. John-A. MACDONALD, CARTIER, BROWN et GALT — c'étaient les chefs virtuels du cabinet de coalition — afin d’arrêter avec les autorités impériales les bases de la future confédération et les données des principaux problèmes qu'elle aurait à résoudre dès sa naissance: l’organisation de sa défense militaire, ses relations commerciales avec les Etats-Unis et l’acquisition des Territoires du Nord-Ouest. Le champ d’action des délégués fut défini par un arrêté ministériel (1). Le paragraphe qui touchait à la défense était rédigé en ces termes:

“L'entente nécessaire Pour assurer la défense du Canada en cas de “guerre avec les Etats-Unis et la proportion des contributions respec- “tives de la Grande-Bretagne et du Canada à cet égard.”

A Londres, CARTIER saisit la première occasion favorable de définir l’attitude du 8ouvernement canadien sur cette question vitale. Cette occasion se présenta le 26 avril 1865, à un banquet des Fishmongers dont il fut l’hôte d’honneur.

Ce projet de fédération, dit-il, “nous en désirons l'adoption, non seule- * ment pour accroître notre prospérité et notre force, mais encore pour “être mieux en état de participer à la défense de l'Empire britannique. “Nous concevons très bien qu’en cas d’invasion, nous ne pouvons résister “ à l'ennemi sans le secours des armées de l'Angleterre; mais avec l’union “ de toutes les provinces, nous promeitons de prendre part à la défense “ de notre pays dans toute la mesure de nos forces... Nous avons l'in- “tention de déclarer au Souvernement impérial que nous sommes prêts “à faire notre devoir, même seuls, pour la défense du pays: mais nous “lui représenterons, en même temps, que si la confédération se réali- “ sait, nous serions dans une meilleure situation pour aïder la Grande- “ Bretagne, dans le cas — j'espère qu’il n’arrivera jamais — d'une guerre “entre l'Angleterre et les Etats-Unis.

“ Je saisis cette occasion de faire remarquer qu'en nous engageant “ à fournir notre part Pour la défense, nous nous chargerons d’une dé- “ pense considérable... Nous savons en Canada que nous ne pou- “vons pas être cause d'une guerre, La guerre ne pourra jamais prove. “ nir que de la volonté des autorités impériales. Nous savons aussi que “notre pays: est vulnérable; mais nous souffrirons cependant, s’il Je

(1) Pièce justificative 33.

“ dès maintenant retirer les troupes anglaises du Canada, afin de leur “éviter le risque d’une défaite, ou adopter les mesures nécessaires pour “les rendre utiles à la défense de la province?. .... C’est une illusion ‘“ de supposer que ces forces peuvent être de la moindre utilité à Ja ‘ défense du pays si leur faiblesse relative en nombre n’est pas com- “pensée par des fortifications. Même aidées Par toute la milice qu'il “ scrait possible aujourd’hui d’enrôler, elles seraient obligées, en cas de “ guerre, de retraiter devant les. forces supérieures qui les attaque- “raient; et ce serait une heureuse chance si elles réussissaient à s’em- “barquer à Québec et à gagner l'océan avant d'avoir subi une sérieuse “défaite. Si, d'autre part, les travaux présentement recommandés “étaient construits, les points vitaux du Pays pourraient être défendus “et l’armée régulière deviendrait le noyau et le point d'appui autour “ duquel les Canadiens Pourraient se rallier afin de repousser l’agres- “sion et conserver le lien qui les unit à la mère-patrie et que leur “loyauté, leur propre intérêt et leur amour de la vraie liberté leur font “désirer de maintenir.”

travaux de défense. C’est dans cet esprit qu’ils accueillirent les propositions des délégués canadiens réunis à Londres, au printemps de 1865.

Le Traité de 1865

Les négociations durèrent plusieurs semaines. Elles prirent la forme d'un véritable congrès dans lequel la Grande-Bretagne était représentée par le duc de Somerset, premier lord de l’Amirauté, le comte de Grey et de Ripon, ministre de la Guerre, M. Gladstone, chancelier de l’Echiquier, et M. Cardwell, ministre des Colonies. A leur retour au Canada, MAC- DONALD, CARTIER, BROWN et GALT, rendirent compte de leur mission au gouverneur-général, lord Monck. Leur rapport est daté de Québec, le 12 juillet 1865 (1).

La première et la principale question traitée a été celle de la défense. Les. représentants du Canada ont interprété les récentes démarches du 8ouvernement britannique comme l'expression du désir que “le Canada assume des obligations militaires plus onéreuses qu'il ne l'a fait jusqu'ici.” Il n’a été question, du reste, que de mesures de défense. Les représentants du Canada ont déclaré qu’ils étaient prêts “à soumettre à l’approba- “tion du parlement [canadien] toute mesure juste et raisonnable”, Mais pour “obtenir le cordial assentiment du parlement et du peuple à toute “ modification importante des relations militaires entre la mère-patrie et “la colonie, une explication mutuelle et complète s'impose afin d’arriver “à une entente claire entre les deux pays sur la contribution que chacun “doit faire à la défense [de la province]}”. Un règlement définitif de cette importante question doit être réservé à la décision du gouvernement et

Page 1