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“ ressources que l'on trouvera à la longue la meilleure base de défense “pour les possessions britanniques en Amérique.”
Macdonald, Cartier et leurs collègues sont tellement pénétrés de celle vérité élémentaire qu'ils ont tenté d’induire les autorités impériaies à aider le Canada à compléter ses voies de communication et à coloniser les Territoires du Nord-Ouest, Ces mesures, disent-ils, “assure- “ raient la sécurité permanente [du pays], avec plus de rapidité, de “ certitude et d'économie, que tout autre moyen... Elles allègeraient “le fardeau additionnel que le peuple du Canada s'apprête à assumer “ dans un moment de dépression.”
Ne croirait-on pas entendre, quarante ans d'avance, l'argument principal et constant des nationalistes contre les entreprises impérialistes des libéraux et des conservateurs canadiens, lesquelles n’ont ebouti qu'à diminuer les forces de défense du Canada, sans augmenter notablement la puissance militaire de la Grande-Bretagne?
“Tous ces points ont donné lieu à une discussion prolongée. Il en “est résulté que si le C..nada entreprend les travaux de défense de “Montréal et de l'Ouest et consent à consacrer à l'entrainement de la “ milice, jusqu'à ce que l’Union des provinces soit conclue, une somme “au moins égale à celle dépensée jusqu'ici chaque année, le gouverne- “ment de Sa Majesté complètera les fortifications de Québec, armera “tous les travaux de défense, garantira l'emprunt de la somme néces- “saire à la construction des travaux laissés à la charge du Canada, et “en cas de guerre, consacrera loutes les ressources de l'Empire à la “ défense de chacune des parties du Canada.”
Il a été convenu que les travaux de fortification ne seront entrepris que par le gouvernement de la Confédération. Le reste de l’arrangement est valable pour la seule province du Canada.
“M. Cardwell, disent en concluant les ministres Canadiens, a consi- “gné les résultats de nos délibérations avec le comité du gouvernement “ de Sa Majesté dans une dépêche adressée à Votre Excellence. Ce docu- “ ment, en dat. du 17 juin 1865, est déjà entre les mains de Votre Excel- “lence. Il renferme un exact énoncé du résultat de la conférence.”
La dépêche de M. CARDWELL (1), beaucoup moins étendue que le
“ De leur côté, les ministres canadiens ont exprimé sans réserve le “désir du Canada de consacrer toutes ses ressources, en hommes et en “argent, au maintien du lien qui j'unit à la mère-patrie, et leur entière “conviction que le parlement canadien est tout disposé à manifester “cette détermination sous la forme la plus tangible. Ils ont déclaré “qu’ils avaient porté le budget de la milice de 8300,000 à 81,000,000 et
(1) Pièce justificative 31.
ET
“ qu'ils s’engageraient à entrainer cette milice à la satisfaction du secré- “ taire d'Etat pour la Guerre, pourvu que la dépense ne dépasse pas, “ chaque année, tant que la question de Ja Confédération restera pen- “ dante, la somme mentionnée en dernier lieu....
Sur ce point, “le gouvernement de Sa Majesté a considéré qu’il “ devait accepte: l'assurance donnée par les ministres Canadiens, au “nom du Canada, que cette province est prête à employer toutes ses “ressources, en hommes et en argent, pour maintenir le lien qui l’unit “à la mère-patrie; et en retour nous leur avons assuré que le gouverne. “ment impérial reconnaît sans réserve son obligation réciproque de “consacrer à la défense de chacun des pays de l'Empire toutes les res- “sources dont il peut disposer.”
Le 24 juin, Cardwell transmet aux lieutenants-gouverneurs du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse et de l'Ile du Prince-Edouard, et au gouverneur de Terreneuve, la Correspondance qu’il a échangée avec le gouverneur du Canada (1). Cette correspondance renferme la dépêche du 17 juin que je viens d'analyser. Fidèle à l'engagement qu'il a pris avec les délégués du Canada, le ministre des Colonies presse vivement les gouvernants des Provinces Maritimes d’acquiescer au projet de fédération afin d'assurer à l’ensemble des possessions anglaises de l'Amérique du Nord les avantages du traité qui vient d’être conclu au sujet de leur défense commune. Cette démarche contribua puissamment à vaincre, au Nouveau-Brunswick surtout, les répugnances très accentuées qui s'étaient manifestées contre le projet d'union.
Qui donc a osé prétendre qu’il n'existait aucune preuve d’une entente quelconque entre le Canada et Ja Grande-Bretagne sur leurs obligations réciproques au sujet de la défense de l'Empire?
Non seulement un traité formel et précis a-t-il été conclu; mais ce traité a servi de base au pacte fédéral et à la constitution qui en a résulté.
Nous allons voir maintenant que le gouvernement canadien, après comme avant la mise en vigueur de la nouvelle constitution, n’a pas cessé un instant, jusqu'aux jours de la guerre sud-africaine, d'interpréter et d'appliquer ce traité selon les termes dont Cartier s'était servi à Londres pour définir l’objet et la portée du pacte fédéral et de l’entente conclue entre la Grande-Bretagne et le Canada. Cette entente, du reste, n'était
que le prolongement ct l’ampliation des arrangements conclus en 1854 et en 1
Incürsions des Féniens— Application de l'Entente de 1865
L'occasion se présenta bientôt d’en faire l'épreuve et l’application. Dès l’année suivante, les Féniens réfugiés aux Etats-Unis commencèrent leurs campagnes de guérillas. Durant cinq années, ils firent plusieurs incursions de maraude sur divers points de la frontière canadienne, C'était bien l’un des cas prévus, en 1862, par sir John-A. Macdonald et le colonel Rankin. Bien que le gouvernement américain fermât complaisamment les yeux sur les agissements des maraudeurs, i] n’y avait Pas guerre déclarée entre les Etats-Unis et l’Angleterre. Le Canada seul
(1) Pièce justificative 35.
Lip ies etttétthismmanne