FÉLICIEN, HERMANN
HERMANN
Bonjour, cher ami. Je suis aisé de te trouver un moment seul
pour renouveler connaissance, pour retremper nos souvenirs. L'autre jour notre rencontre avait quelque chose de si bizarre, de si inattendu, que je n^ai eu ni la pensée ni le temps de te rien demander. D'ailleurs ces dames étaient là. Elles vont bien?
FÉLICIEN
A merveille. Elles se promènent avec ton oncle.
HERMANN
Mon oncle est arrivé?
FÉLICIEN
-Oui, et je Tai trouvé ici en conciliabule avec ma belle-sœur et ma ifemme. 11 se trame quelque chose entre eux, je ne sais pas quoi. Pourvu que ce ne soit pas contre moi! — Et ton ami! monsieur Legrand, ce jeune millionnaire dont je suis charmé d'avoir fait la connaissance?
HERMANN
Il vient en voiture. Moi, je suis venu à cheval. — Ainsi te voilà bi^n réellement marié, et tu es ici chez toi^^ dans ta terre?
FELICIEN.
Dans ma terre.
HERMANN
J'ai bien su ton mariage, j^'ai même reçu ton billet de part, et je connaissais ta femme pour l'avoir rencontrée dans le monde. Je te fais mon compliment, en passant, elle est charmante.
N'est-ce pas? ,
HERMANN
Chaimante. Mais l'hiver dernier, tu as été tellement occupé de tes afl'aijes matrimoniales que tu ne m'as rien dit sur elle, sm* sa famille. Es-tu content?
FÉLICIEN
Si je suis content? Enchanté, mon ami, ravi. Je suis depuis six mois au septième ciel, et je monte, je monte encore. J'ai la plus adorable petite femme!... Un ange pour le caractère, un démon pour l'esprit. Elle me mène, mon cher, elle me mène par le bout du nez. C^est charmant! Ah! je te le disais l'autre jom*, marie-