‹ Que dira le monde: comédie en cinq actes et en proseChapitre 82 sur 111 · AGTE IV, SCÈNE XI · texte numérisé non relu

AGTE IV, SCÈNE XI

m'a point épargnée, je le sais, mais plus d'mie voix s'élève encore pour me défendre.

HERMANN

J'en entends beaucoup qui vous accusent.

AMÉLIE

De quoi ? Parlez.

HERMAISIS.

Que sais-je, moi? D'imprudence, da légèreté.

AMÉLIE

Est-ce à vous de me rendre responsable de» bruits que ma faiblesse a fait naître ?

HERMANN

Je ne parle pas du présent, mais du passé.

AMÉLIE

Du passé ?

Laissons cela. J'ai eu grand tort d'entamer cette discussion. 11 vaut mieui subir toutes les conséquences de sa position et se taire. " . . ,

;/ •l.Alt^WLE...

Votre silence est encore plus Injurieux que vos paroles. Expliquez-vous. Que vous a-t-on dit?

HERMANN

' On ne m'a rien dit.

• - AMÉLIE

Si, si, parlez. Ce ton sec et tranchant me glace. Votre regard est celui d'un juge.

• HERMANN

Vous devez hlètfcômprendre, ma chère Amélie, que je suis médiocrement satisfait de ce que j'ai entendu tout à l'heure.

AMÉLIE

Encore une fois, qu'y poûvais-je faire?, (s'asseyaut à gauche.) Cela m'impatiente à la fin! J'ai reçu ce monsieur pour ne pas vous désobliger : je l'ai trouvé très-ridicule. J'ai découvert depuis que c'est un homme sans délicatesse. Le seul regret que je puisitô vous témoigner, c'est que vous ayez de semblables amis.

UERMANN.

Fort bien. C'est moi sans doute qui lui ai dicté la galante déclaration qu'il vous a faite. Je suis charmé de rapprendre.

(il s'assied à droite, et, jouant toqjonrs avec le couteau à papier, il eu frappe à petits coups le vase qui est sur la table. ) AMÉLIE^ allant près de loi.

Ne soyez pas méchant^ Hermann. Cela vous arrive maintenant presque tous les jours.

HERMAr^N.

A l'avenir je serai trè&-bon.

. ( Il frappe plus fort sur le vase. ) AMÉLTB.

Prenez garde, ce couteau est de fer, vous allez casser mon vase.

HERMANN, jetant le couteau .

C'est juste. Le dernier souvenir de lord Nelvil! (n eiit quelques

pas, puis remonte pour examiner le vase. ) Je l'avals mal VU l'autre JOUT,

à la campagne, ce vase* Comment donc ! il est supeite.

AMÉLIE

Ce n'est point pour cela que j'y tiens. Lord Nelvil me le donna la veille de son départ; un mois après j'apprenais sa mort. J'ai défendu à mes gens d'y toucher, il n'y a que vous et Blondeau qui ayez ce privilège.

HERMANN

Privilège dont je suis fier! Il m'est donc permis de tenir ce vase dans mes mains?

(U le prend avec prëcaution. ) AMÉLIE.

^ Oui, sans doute.

HERMANN

Et si je le laissais tomber?

J'en serais au désespoir. ( II lâche le vase, qui se brise. ) Ah ! HERMANN, avec colère.

Savez-vous qu'on ose dire (pie ce lord a été votre amant, et que c'est pour cela que je dois mé battre avec Thérigny dès qu'il sera guéri de sa blessure?

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