ACTE 111, SCENE VH
HERMANN, à part.
Amélie !
LE GENERAL, de même.
Hein ! !
ALEXANDRE, de même.
La bonne rencontre !
AMELIE? saluant.
Messieurs. (Apercevant Hermann.) Lui!
FÉLICIEN
Voilà une bonne surprise que Claire nous a ménagée. Certes, je ne m'attendais pas au plaisir de vous voir aujourd'hui, madame.
AMÉLIE
On ne s'attend jamais à tout. (A Hermann qui la salue.) Monsieur...
Il y a longtemps que je n'avais eu le bonheur de vous voir, madame. L'air de Meudon vous a-t-il été favorable?
AMÉLIE
Oui, J'emporte tous les ans de la campagne des roses qui se fanent l'hiver à Paris.
HERMANN
Permettez que je vous présente mon oncle, le général de Courtenay.
AMELIE.
Monsieur. . .
LE GENERAL, après s'être incliné, bas à Hermann.
Je ne t'avais pas prié de me présenter.
CLAIRE, à Amélie.
J'ignorais que vous connussiez M. Hermann.
AMÉLIE
Comment donc, ma bonne petite! M. de Courtenay est un de mes valseurs, et je suis... je suis enchantée de faire la connais-
sance d'un oncle dont il m'a souvent parlé et dont la voix publique m'avait entretenue avant lui.
LE GENERAL, flatté et mécontent.
Madame est trop bonne.
AMÉLIE
Vous passez l'hiver à Paris, général? J'espère avoir l'avantage de vous y rencontrer.
LE GÉNÉRAL
Je ne l'espère pas, moi, madame. Vous aimez le monde, vous y brillez, et moi je ne me plais qu'avec mes vieux amis.
AMÉLIE
Je regrette de ne pas être de ces amis-là. Mais, avant d'être vieux amis, il faut se connaître, et si vous voulez bien accompagner quelquefois M. votre neveu....
LE GÉNÉRAL
Je sors très-peu.
AMÉLIE
Vos visites, pour être rares, n'en auraient pas moins de prix.
LE GÉNÉRAL
Je n'en fais jamais.
AMÉLIE
Je n'insiste plus.
ALEXANDRE, à part.
Eh bien! voilà comme il répond aux avances d'une jolie femme, ce vieux grognard? Réparons ses torts. (Haut.) Madame, vous me connaissez sans doute?M. Legrand, Alexandre Legrand, gentleman rider. J'avais prié Hermann de me conduire chez vous. Je m'empresserai à votre retour de la campagne...
AMELIE, froidement.
Monsieur...
(Elle se détourne pour parler à Louise qui la fait asseoir sur le canapé.)