OBSERVATION VII
Mile Z..…. G..., 20 ans. Mythomanie chez une névropathe héréditaire survenant à l'occasion d'une fièvre typhoïde
Antécédents héréditaires. — Convergents. Mère fortement névropathe. Grand'mère paternelle morte dans un asile. Une tante aliénée, une autre très originale. Père très lunatique.
Antécédents personnels. — Toujours très nerveuse. Appétit fantasque. Constipation opiniâtre. Fièvre typhoïde il y a deux ans et demi. Phlébite pendant la convalescence. Douleur dans la région rénale droite ayant nécessité le traitement d’un spécialiste. Un peu de Une à ce moment. Tout est rentré dans l’ordre.
Il y a un an, la malade fit brusquement de la rétention par paralysie vésicale. Un spécialiste pour maladies nerveuses porta le diagnostic d’hystérie et fit de la suggestion. Effectivement la rétention disparut pendant quelques jours. Puis de nouveau tous les troubles réapparurent. Une sonde à demeure dut être appliquée. Malgré cela la quantité d’urine des vingt-quatre heures restait très inférieure à la-normale. À partir de ce moment la + oo se mit à monter avec une précision mathématique. De 37°, elle atteignit rapidement 38°, 30°, 40°, 40°5.
Un spécialiste des voies urinaires porta le diagnostic d’urémie avec un pronostic fatal. Aussi pour calmer les souffrances de la malade que l’on croyait perdue, on lui fit journellement plusieurs piqüres d’héroine. A la grande stupéfaction du médecin traitant, cet état de choses se maintint invariable, non seulement pendant des jours, mais pendant des semaines et des mois. C’est alors que le médecin traitant eut l’idée de prendre lui-même la température et il trouva 37°3. À partir de ce moment, la température ne dépassa plus ce chiffre mais il y eut toujours de la parésie vésicale.
C’est alors que la jeune malade nous fut amenée. Elle accepta avec plaisir l’idée de venir dans le sanatorium du docteur Jourdan, alors qu’elle ne se levait plus depuis près d’un an, elle le fit sans la moindre difficulté et se mit même au piano. Examen actuel. — La malade à bien le facies et les gestes de la névropathe. Elle est très amaigrie. Depuis un an son poids est descendu de 65 à 53 kilogs. Le teint est pâle, anémié
La sonde a été enlevée et la malade urine seule. La quan-
So
tité journalière est de 700 à 800 grammes. Il y a un dépôt très abondant, mais celui-ci disparaît par le chauffage et les acides. L'analyse a révélé de la dénutrition avec diminution de l’urée, augmentation des phosphates et de l’ammoniaque L'analyse bactériologique n’a décélé aucun bacille.
La température et le pouls sont normaux.
Le cœur est normal.
L’appétit est à peu près revenu. La malade a gagné 3 kilogs en huit jours. :
La constipation est toujours aussi forte.
Les règles sont absentes.
Les réflexes sont normaux à l'exception du réflexe plantaire qui est très diminué,
Sensibilité cutanée normale.
En présence de ces symptômes nous croyons pouvoir écarter tout de suite le diagnostic d’hystérie. Cette malade ne présente en effet, aucun trouble de la sensibilité. L’anorexie n’a jamais existé d’une facon permanente comme chez les véritables hystériques. Les troubles du sommeil ne sont pas très nets non plus, et la torpeur intellectuelle n'existe pas. Par contre cette jeun: malade a une propension très nette à la fabulation. D'accord avec sa jeune bonne qui était chargée de lui prendre sa température, elle a simulé pendant des mois entiers une élévation de la température qui n'existait pas. Nous croyons aussi que l’anurie presque complète de ces derniers mois était en partie simulée. Depuis son entrée au sanatorium, la malade qui est très surveillée, urine un minimum de 600 grammes. Nous concluons donc à de la mythomanie.
Remarques. — Ce cas a été l’un des plus instructifs que nous ayons observé. Il nous a permis de surprendre en quelque sorte la genèse des localisations mythopathiques. Cette jeune malade a souffert effectivement de son rein droit après sa fièvre typhoide. Suivant toute vraisemblance elle a fait à ce moment-là
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une légère infection rénale. Elle a présenté, en effet, alors une légère températuré (constatée par le médecin) et des urines très troubles. Cette infection a cédé rapidement au traitement institué à cette époque. La seconde fois, au contraire, les troubles ont persisté malgré tous les traitements. Cela n'a rien d’étonnant puisqu'ils étaient en grande partie simulés. Nous sommes persuadé que la lésion rénale a été l’occasion de la détermination mythopathique. Nous ne serions pas étonné qu’il en soit presque toujours ainsi dans les divers cas de mythomanie ou de mythoplastie.
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ÉISTORIQUE DE ETYSEERIE
L'hystérie a été probablement connue dans toute l’antiquité. Toutefois il nous faut remonter jusqu’à Hippocrate pour en trouver un exposé à peu près net. L’utérus était alors considéré comme un animal doué de mouvements et de sensations et pouvant se porter vers les différentes régions du corps. Ces mouvements pouvaient produire toutes sortes de troubles. C’est pourquoi on désignait ces troubles du nom d’hystériques (Üortepa).
Nous trouvons dans le livre sur & Les maladies des femmes » attribué à Hippocrate (voyez traduc. Littré):
« Quand une femme a les vaisseaux plus vides que d’ordinaire, la matrice desséchée vide et légère, se déplace, elle se jette vers le foie, organe plein de fluide, pour y trouver de l'humidité, elle y adhère, et de cette manière elle intercepte la voie respiratoire qui est dans le ventre et amène l’état hystérique.
Si, par hasard, du phlegme descend de la tête vers les hypocondres, la matrice humectée par cette descente, quitte le foie, retourne à sa place en produisant une sorte de gargouillement et l’état hystérique cesse, parce que la matrice ayant suffisamment pompé de l'humidité, est devenue pesante..
Quand elle va vers les hypoconäres, il se produit des vomis-
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