‹ Que faut-il entendre par hystérie?Chapitre 19 sur 29 · L'HYSTERIE D’APRES BERNHEIM ET L’ECOLE DE NANCY · texte numérisé non relu

L'HYSTERIE D’APRES BERNHEIM ET L’ECOLE DE NANCY

Sous l'influence de Charcot et de son école une pléiade d: chercheurs s'étaient mis à l’étude de la grande névrose. On finit par la voir partout et il n’y eut bientôt plus un symptôme un peu étrange ou inexpliqué qui ne fût attribué à l’hystérie. C’est ainsi que certaines auteurs rattachèrent à l’hystérie des symptômes de nature manifestement organiques: myélites, polynévrites, atrophies musculaires, goître exophtalmique, etc. Une réaction devait fatalement se produire. Elle vint de Nancy avec Bernheim. Malheureusement comme il arrive pour toutes les réactions, elle fut excessive. Bernheim voulut restreindre l’hystérie à la seule crise, simple réaction psycho-dynamique consécutive à une émotion spéciale: frayeur, chagrin, douleur, colère, angoisse, etc. Pour lui l’hystérie n’est plus une entité morbide déterminée, avant ses stigmates en dehors des crises. Ce n’est que l’exagération d’un phénomène absolument normal et physiologique. Si l’on regarde quelqu'un qui vient d’éprouver une émotion violente, on constate très souvent l’ébauche d’une crise. Suivant le cas on remarquera des tremblements, des mouvements plus ou moins incohérents, de la constriction laryngée, etc. Chez l’hystérique ces réactions sont simplement amplifiées et durent plus longtemps. |

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L’hystérique, d’après Bernheim, est donc simplement « un sujet, dont l'organisme peut réaliser des crises, qui est hystérisable ».

La crise peut être ou unique, accidentelle, ou se reproduire plus ou moins fréquemment. La cause en est alors soit une nouvelle émotion, soit l’auto-suggestion. Par suite de la fréquence des crises, Bernheim admet qu'il se développe chez le sujet une sorte de diathèse hystérique.

Ces crises peuvent être ou primitives et se développer chez un sujet absolument sain auparavant, ou, au contraire, elles peuvent se greffer sur d'autres maladies, telles qu’une neurasthénie, une névrose d’angoisse, une mélancolie, une névrose traumatique, une chlorose, une chorée, ou encore la crise peut être la conséquence de certaines douleurs violentes telles que des coliques hépatiques ou néphrétiques. Bref, toutes les causes qui peuvent mettre l’organisme en état de moindre résistance peuvent avoir une action hystérogène, mais toujours pàr l’intermédiaire de l’émotion. La crise hystérique ne serait donc, pour Bernheim qu'une sorte d’épiphénomène pouvant compliquer n'importe quelle affection et n’ayant absolument aucun rapport avec les stigmates que l’on peut rencontrer dans l'intervalle des crises. Ces stigmates seraient, ou bien la manifestation d’une lésion organique méconnue, ow bien, le plus souvent, le résultat de la suggestion médicale ou de l’auto-suggestion. Il prétend pouvoir les faire naître et disparaître à volonté, non seulement chez des hystériques, mais encore sur des sujets normaux. Il lui suffit le plus souvent de dire à un malade: ( Tenez, vous souffrez en ce moment de tel endroit » pour que le malade accuse effectivement une douleur à l'endroit indiqué. Il peut ainsi créer dés zones hystérogènes à volonté dont la compression produira une crise. Il en est de même pour les anesthésies et les rétrécissements du champ visuel. Ainsi donc aucun de ces stigmates n’a pour Bernheim une valeur pathognomonique.

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