‹ Que faut-il entendre par hystérie?Chapitre 20 sur 29 · LORIE · texte numérisé non relu

LORIE

La crise seule révèle et constitue toute l’hystérie. Pour lui toutes ces crises, qu’elles soient primitives ou non peuvent éowjours être guéries par une éducation psychique convenable. TA suggestion est toujours en mesure d'arrêter ces crises. Il suffit alors d'apprendre au sujet à faire lui-même l’inhibition de la crise. l

Que devons-nous penser de la conception de Bernheim? La crise contient-elle vraiment toute l'hystérie où bien devonsnous chercher un tempérament hystérique révélable par des signes particuliers, comme le voulaient Charcot et la Salpétrière ? Quand on parcourt les observations de Bernheim et de ses élèves, on est frappé de voir avec quelle facilité les cas les plus rebelles et les plus anciens sont guéris par quelques séances de suggestion. Il semble que la suggestion soit entre leurs mains une panacée universelle capable de guérir tous les maux. Non seulement les crises, mais même des symptômes organiques disparaissent comme par enchantement, Quand on vit en contact intime avec certains hystériques et qu'on sait toute la peine qu'on a parfois à faire disparaître certaines anesthésies, par exemple, on ne peut s'empêcher de se demander si Bernheim et ses élèves n’ont pas été un peu victimes eux-mêmes de cette suggestion qu’ils prônent tant. Je me demande aussi s'ils n’ont pas pris pour des crises hystériques de simples crises de nerfs, comme on en rencontre à tout instant dans la vie. Combien de femmes, nullement hystériques d’ailleurs, qui à propos d’une émotion, d’une colère, d’un chagrin, réagiront par une petite crise plus ou moins violente. Ces crises se calment en général d’elles-mêmes sans le secours d'aucune suggestion. Le plus souvent il suffit de quelques bonnes paroles pour arrêter ces petits orages émotifs.

Mais si je crois que dans bien des observations de Bernheim et de ses élèves il ne s’agit que de «& crises de nerfs » sans importance il y en a d’autres qui semblent être de vraies crises

d’hystérie. Je crois fort possible que, même dans ces cas, on puisse apprendre à des malades à inhiber leurs crises. Mais est-ce à. dire que leur hystérie soit guérie? Je ne le crois pas. Et la meilleure preuve, c’est que très souvent nous retrouvons dans ces cas, après la disparition de la crise, un certain nombre de symptômes que nous considérons comme pathognomoniques, en particulier des troubles dyspeptiques, des troubles du sommeil et un état mental bien spécial. Il est vrai que M. Bernheim pourra toujours nous répondre que les troubles restants ne sont plus de l’hystérie. On pourrait tout aussi bien prétendre qu’il n'existe de tuberculose ou de syphilis que lorsque ces affections se révèlent par des lésions macroscopiques et évidentes. Et cependant il existe un terrain tuberculeux comme il existe un terrain syphilitique et le médecin a le devoir d'en chercher les symptômes. Il en est de même pour l’hystérie. ‘L'hystérique reste hystérique en dehors des crises et son état se révèle en général par les symptômes que nous verrons plus loin.

Est-ce à dire que l’œuvre de Bernheim et de l’école de Nancy ait été inutile. Non certes et je suis le premier à lui rendre hommage. Mieux que personne Bernheim nous a montré tout le parti que l’on peut tirer de la suggestion. Il à aussi attiré notre attention et cela bien avant Babinski-sur le rôle de l’auto-suggestion et de l’hétéro-suggestion dans l’hystérie. Ses recherches serviront à nous mettre à l'abri d’une foule d'erreurs et de fauses interprétations. Elles nous serviront aussi, non seulement à arrêter des crises, mais aussi pour agir sur l’état géné

ral des hystériques, en dehors des crises.

SR ex

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