QUE
mène dû à la suggestion serait que la volonté qui l’a déterminé serait toujours en état de le faire cesser. Parmi ces phénomènes pouvant être reproduits par la suggestion, M. Babinski classe les crises convulsives, les paralysies, les contractures, les tremblements, les mouvements choréiques, les troubles de Ja phonation, de la respiration, de la sensibilité (anesthésies et hyperes- . thésies), troubles sensoriels, troubles vésicaux. Tous ces phénomènes sont susceptibles de disparaitre par la persuasion. M. Babinski les désigne par l’épithète de pithiatiques. La suggestion, au contraire, serait complètement incapable de modifier les réflexes tendineux ou cutanés. Elle serait incapable de produire des troubles vaso-moteurs, ou sécrétoires ou trophiques. Elle ne pourrait produire ni des hémorragies, ni de l’albuminurie, ni de la fièvre. ÿ
Voyons d’abord ce qu’il en est pour le premier groupe de faits. Tous ceux qui se sont tant soit peu occupés d’hypnotisme et de suggestion savent combien il est relativement facile de provoquer les phénomènes pithiatiques sur une foule de sujets. Il ne faut pas croire d’ailleurs que ces sujets soient nécessairement des malades ou des névropathes. Il m'est arrivé souvent de produire ces phénomènes sur de braves ouvriers parfaitement équilibrés d’ailleurs et n'ayant jamais présenté le moindre trouble névropathique. Eux-mêmes d’ailleurs sont les premiers étonnés de voir leurs bras par exemple se contracturer au commandement, ou bien de se voir cloués sur une chaise et de devoir rester immobiles malgré tous leurs efforts.
La possibilité d’être suggestionnés existe à des degrés divers pour les trois quarts au moins des humains. En particulier les enfants sont merveilleusement sensibles à la suggestion et cela en dehors de toute hystérie. Inversement il existe des hystériques qui, à partir d’un certain degré d’anesthésie générale, sont presque insensibles à toute suggestion. Ils ne Île redeviennen: que lorsque leur sensibilité viscérale et cutanée est en partie äu
Fe 0 moins redevenue normale. Mais le groupe de malades où nous rencontrons au maximum les phénomènes pithiatiques est cons titué par certains dégénérés. Chez eux tout est prétexte à su gestion. Ces malades pourront d’ailleurs présenter à l’occasion de véritables phénomènes hystériques (voir notre observation VI). On peut alors chez ces malades faire disparaître les troubles hystériques, mais les signes de la dégénérescence persisteront. Pour ces raisons nous ne pouvons faire du pithiatisme une caractéristique suffisante de l’hystérie. Le pithiatisme est un syndrome qui peut exister en dehors de l’hystérie.
M. Babinski nous dit que la suggestion ne peut apporter la moindre modification ni dans les réflexes tendineux, ni dans les réflexes cutanés ; qu’elle ne peut produire aucun trouble ni moteur, ni sécrétoire, ni trophique; qu’elle est incapable de produire de la fièvre, aussi il nie catégoriquement que ces troubles puissent se retrouver dans l’hystérie. Nous ne pouvons accepter complètement cette conclusion car chez presque toutes nos hystériques nous avons constaté l’abolition du réflexe plantaire (voir observations de R. T.., de Mile H...). Très souvent nous avons constaté aussi une légère exagération du réflexe rotulien du côté anesthésique. Nous avons toujours constaté le retour du réflexe plantaire en même temps que le retour de la sensibilité. Ainsi R. T.. qui est actuellement notablement améliorée, a son réflexe plantaire à gauche et pas à droite. |
Par la suggestiôn certains observateurs consciencieux, comme Crocq, de Bruxelles, sont arrivés à faire disparaître le réflexe plantaire, le réflexe pharyngien et le réflexe cornéen. Mais on n'est pas arrivé, à ma connaissance, à faire disparaître le réflexe rotulien, ou le réflexe achilléen, ou le réflexe crémastérien.
Pour ce qui est des troubles circulatoires, je les crois parfaitement possibles. J'ai souvent remarqué que les hystériques présentaient un ralentissement de l'irrigation dans les zones anes-
thésiques, se manifestant par une teinte violette des téguments
Sp
Cette couleur disparaît d’ailleurs quand la sensibilité redevient normale. Je me permettrai aussi de rappeler que chez certaines dysménnorhéiques hystériques, il est possible de provoquer l’apparition des règles à date fixe. Bernheim nous en a cité de nombreux cas (voir: de la suggestion, Bernheim, 1891, pages 568- 74).
Nous ne voyons d’ailleurs dans ces phénomènes que la manifestation d’un moi subconscient capable d’agir à notre insu sur les fonctions dites involontaires. C’est ainsi que nous nous expliquons des phénomènes en apparence bien mystérieux. comme par exemple les stigmates de certains mystiques du Moyen-Age. Nous croyons que des phénomènes trophiques peuvent parfaitement être déclanchés par la suggestion ou l’autosuggestion, surtout par l'intermédiaire de l'émotion. Qu'il nous soit permis de citer un cas que nous avons observé nous-même.
Il y a quelques années, nous faisions des expériences de suggestion, avec quelques amis, sur une jeune fille que nous avions déjà endormie plusieurs fois. Nous avions déjà réussi plusieurs suggestions, lorsque l’idée nous vint de lui suggérer qu’un tirebouchon qui se trouvait sur la table, allait devenir graduellement brûlant et qu’elle ne pourrait plus le toucher sans se br£ler. La suggestion réussit admirablement.
Toutes les fois qu’elle voulait toucher le tire-bouchon, elle déclarait aussitôt qu’il était brülant et le repoussait. Sur ces entrefaites, l’une des personnes présentes appliqua à l'improviste, sur la main du sujet, le tire-bouchon en question, sans me prévenir. Aussitôt le sujet poussa un cri et à ma grande stupéfaction, je vis apparaître à l’endroit touché les marques d’une brûlure du second degré. Je touchai’ aussitôt le tire-bouchon, mais celui-ci avait la température normale et d’ailleurs je ne l'avais pas perdu de vue, ainsi que les autres personnes présentes. Je me dis aussitôt que puisque la suggestion jointe à l'émotion avait pu faire apparaître des phlyctènes, une contre-
suggestion pourrait peut-être les faire disparaître. Effectivement J'essayai de rassurer le sujet de mon mieux, en lui affirmant que tout allait disparaître, au bout d’un moment de léger massage. En effet, la douleur disparut très vite et les phlyctènes s'affaissèrent. Je cite le phénomène tel qu'il s’est passé sans avoir la prétention de l'expliquer. Mais parce qu’un fait est inexplicable ce n’est pas une raison pour le nier. C’est pourquoi je reste convaincu que la suggestion hétérogène où autogène, surtout associée à certaines émotions, est parfaitement capable de produire des troubles trophiques.
Un mot pour finir cette discussion, à propos de la fièvre hystérique. Tout d’abord nous croyons, avec notre président de thèse, M. le professeur Vires, que ce terme de fièvre hystérique devrait être remplacé par celui plus juste d’hyperthermie nerveuse. Cette hyperthermie est quelquefois unique, essentielle, d’autres fois elle s'accompagne de syndromes qui simulent une affection déterminée: paludisme, bacillose, dothiénenthérie, rhumatisme articulaire aigu. L'observation de M. le professeur. Vires (communication faite au VI° Congrès de médecine, Toulouse, 1902), nous parait caractéristique et nous ne pouvons qu’adhérer à sa conclusion. : -
« La perversion de l’appareil régulateur thermique, nous ditil, donne naissance à l’hyperthermie nerveuse. A l’état normil appareil sensible avertissant les centres des variations du milieu ambiant, appareil central qui corrige et enregistre les impressions périphériques et les transmet à l'appareil moteur régulateur fonctionnant automatiquement, inconsciemment, maintenant une égale balance entre la production et la déperdition. l'incitation et la réaction.
» Qu'un des chaînons de l’appareïl régulateur soit lésé, la régulation se trouble. Or dans l’hystérie tout se réunit pour déranger les chaînons de cet appareil. C’est l'appareil sensible qui, toujours atteint, transmettra aux centres des avertissements
défectueux. C’est l'appareil central de réception et d’extériorisation qui se déclanche sous l'influence d’une auto-suggestion, d’une idée primaire, de souvenirs obsédants, d'émotions morales
. vives. » (Travaux scientifiques de M. le professeur Vires, p. 141.) :
Pour toutes ces raisons nous ne pouvons accepter les conclu-sions de M. Babinski: 1° Nous croyons, avec beaucoup d’autres auteurs, que le pithiatisme isolé par M. Babinski, existe, mais qu'il n’englobe pas toute l'hystérie. Le pithiatisme est un syndrome que nous retrouvons dans une foule d'états pathologiques. comme d’ailleurs dans des états non pathologiques.
2° Nous croyons que la suggestion peut modifier ou abolir certains réflexes, mais non tous, qu'elle peut produire des trou-
bles circulatoires, trophiques, sécrétoires et de la fièvre.
MYTHOMANIE ET HYSTERIE
Parmi les théories modernes qui ont été proposées pour expliquer les phénomènes hystériques, la mythomanie de M. Dupré est certainement l’une des plus intéressantes. Remarquons tout d’abord que pour cet auteur, aïnsi d’ailleurs que pour M. Babinski, dont il se rapproche par certains points, l’hystérie est avant tout une maladie psychologique. La formule qu’il nous propose pourrait en un certain sens compléter et limiter à la fois les définitions de M. Babinski. En effet, la possibilité de réaliser des suggestions manifestement déraisonnables et pathologiques, n’est pas, d’après lui, une caractéristique suffisante de l’hysté: rique. On retrouve cette possibilité au maximum chez certains débiles imaginatifs (folie à deux, complicités criminelles, captations, etc.), sans qu’on puisse déceler en rien l’hystérie. Pour cet auteur, le propre de la suggestion hystérique ne serait pas simplement d’être déraisonnable et pathologique, mais avant tout de provoquer chez le sujet la reproduction de certains symptômes et de certaines maladies. Comme il l’a dit: & La suggestion hystérique n'est pas simplement la suggestion pathologique, mais la suggestion du pathologique ». (Presse Médicale, 12 août 1911.)
Ainsi donc pour Dupré l’hystérie est avant tout un syndrome
pue
imaginatif. Cette imagination, cause de l'hystérie, est tantôt reproductrice (hétéro-suggestion, imitation), tantôt créatrice (auto-suggestion, demi-simulation). Mieux que personne MM. Dupré et Logre ont caractérisé la suggestibilité hystérique. La suggestion n’agit pas sur l’hystérique à la façon d’un ordre impérieux et catégorique, mais beaucoup plutôt comme une insinuation discrète, soit sous forme interrogative, soit sous forme dubitative. Le plus souvent ce n’est qu'une indication vague à laquelle l'imagination du sujet doit suppléer. Une grande lafitude lui est laissée pour broder son thème. Mais ce qui caractérise avant tout l'hystérique c’est son merveilleux pouvoir d’objectiver et d’extérioser ses idées. C’est grâce à ce pouvoir qu’il peut contrefaire toutes les maladies et donner naissance à ces syndromes fictifs. Ces syndromes restent soumis aux lois de l'activité imaginative. L’hystérie serait donc ( la mythomanie des syndromes »:
L'hystérie, comme la mythomanie, se distinguent du mensonge et de la vraie simulation en ce que la volonté et la conscience. du sujet n’interviennent que d’une façon accessoire et secondaire. Les mensonges de l’hystérique et du mythomane, nous dit M. Dupré, oscillent toujours entre ces deux pôles : i#agination reproductrice (hétéro-suggestion, imitation) et magination créatrice (auto-suggestion).Les mêmes caractéristiques existent chez l’hystérique.Les mêmes motifs sontsusceptibles de faire apparaître ou de modifier les manifestations hystériques et my= thopathiques. La seule différence que veut bien reconnaître M. Dupré entre l’hystérique et le mythomane, c’est que ce dernier fabule surtout en paroles et en actions, tandis que le premier fabule surtout avec son corps. Il peut le faire, grâce à l’instabilité toute spéciale de la physiologie de ses organes. Le miensonge de l’hystérique serait surtout physiologique. M. Dupré désigne cette tendance spéciale à réaliser des syndromes par le
uporee nom de psycho-plasticité et propose de remplacer le terme d’hystérie par celui de mythoplastie. À
Que devons-nous penser de cette conception? L’hystérie n'est-elle vraiment qu'un trouble de l'imagination?
Tout d’abord nous sommes complètement d'accord avec M. Dupré quand il nous dit que la possibilité de réaliser des suggestions pathologiques ou déraisonnables n’est pas l'apanage. des seuls hystériques. Nous avons constaté cette même suggestibilité, non seulement chez des débiles imaginatifs, mais aussi sur des non malades. Nous en dirons autant pour la mythomanie et les troubles de l'imagination. Cette possibilité de simuler des syndromes existe à des degrés divers, chez presque tous les membres de la grande famille névropäthique, et cela en dehors de toute hystérie. Je ne veux rappeler que tous ces faux gastropathes et ces faux entéropathes qui forment au moins les trois quarts de la clientèle des maisons de santé ‘et qui courent de villes d'eaux en villes d'eaux, ou de spécialistes en spécialistes. Nul mieux que ce genre de malades n’est apte à recevoir et à réaliser la suggestion médicale inconsciente. Souvent un examen médical malheureux est chez eux le point de départ de symptômes très pénibles qu’il sera très difficile ensuite de faire disparaître. Le médecin devrait toujours faire très attention à la façon dont il examine ces malades et surtout aux paroles qu’il prononce devant eux.
Je ne veux pas dire d’ailleurs que les troubles présentés par les pseudo-pathes soient superposables aux troubles hystériques. Mais dire en face d’un hystérique astasique-abasique, par exemple, que c’est là un mensonge physiologique, ce n’est pas expliquer ce phénomène, mais le constater. Pourquoi ce mensonge physiologique se produit-il? M. Dupré semble n’y voir qu’un trouble psychologique de l'imagination. On ne s’explique pas très bien dans cette hypothèse comment il se fait que certains troubles hystériques soient si tenaces et demandent quelquefois
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des mois de traitement assidu. I1 semblerait, au contraire, que si l'imagination était seule en cause, elle pourrait facilement défaire ce qu’elle a produit. Le plus souvent l'imagination seule du sujet est incapable d'apporter la moindre modification à son état. Il faut l'intervention d’un autre facteur extérieur. Celui-ci sera, suivant le cas, soit un agent physique (gymnastique, massage. électricité, hydrothérapie, isolement), soit une volonté étrangère, soit le plus souvent la réunion de ces deux moyens. /
. Dans tous les cas ce que l’on cherche à produire, c'est le réveil des centres psychiques inférieurs, des’ centres polygonaux de Grasset qui, momentanément, avaient été séparés de leur centre directeur O. Je tiens à faire remarquer que ce résultat pourra souvent être obtenu par des moyens physiques seuls. On voit alors disparaître comme par enchantement tous les troubles psychologiques, ce qui semble bien prouver que la fixité et la durée de certains troubles psychologiques est due précisément à une modification physique des centres cérébraux. Sans cette signature physique les troubles psychologiques pourraient disparaître dès que la cause qui leur aurait donné naissance aurait disparu elle-même. C’est pourquoi nous devons tenir compte de ce trouble fonctionnel physique toutes les fois que nous nous: trouvons devant un véritable hystérique. Pour ces raisons nous ne pouvons accepter complètement au moins, la mythomanie de M. Dupré pour expliquer l’hystérie. La mythomanie existe, mais elle existe aussi en dehors de l'hystérie. Quand à la mythoplastie ce n’est qu'un mot nouveau qui ne nous explique rien.
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| T'AYSTERIE" D'APRÈS SOELIER
L'une des théories les plus curieuses et les plus intéressantes qui ait été proposée pour expliquer les phénomènes hystériques est certainement celle de P. Sollier (voir: Nature et Genèse de l’hystérie). Elève de Charcot, comme Babinski et Janet, Sollier fut très vite frappé de l’insuffisance des théories psychologiques de l’hystérie. Ses recherches qui datent de 1893 eurent pour point de départ la constatation de la constance des troubles du sommeil chez les hystériques. Pour lui l’hystérique ne dort pas parce qu'il est déjà plongé dans un sommeil pathologique. L’hystérique est un vigilambule. Pour le guérir, il n'y a qu’un moyen: il faut le réveiller, ce réveil peut se faire soit à l’état de veille én portant toute l'attention du sujet sur les zones anesthésiques, soit pendant l’hypnose en commandant au sujet de sentir ces mêmes régions. Il ne s’agit pas là de suggestion, car le retour de la sensibilité normale s'accompagne toujours des mêmes réactions chez tous les sujets. De plus, ce retour de la sensibilité peut se communiquer aux organes voisins; ce qui semble indiquer un processus physiologique. Une fois mise en train, la restauration continue d’elle-même. Tous les organes sont susceptibles de pérdre leur sensibilité propre dans l’hystérie. Les sensations provoquées par la restauration de la sensi-
bilité sont caractéristiques pour chaque organe et se font toujours dans un ordre déterminé, qu’il ne dépend pas du médecin de changer. Dans les cas légers et récents, le simple révéil suffit à ramener une sensibilité normale et à faire disparaître tous les accidents somatiques où psychiques. Dans les cas profonds et anciens, il faut opérer en deux temps. Dans un premier temps le réveil simple a pour effet de ramener le malade au moment où toutes ses impressions sont devenues subconscientes. Dans un second temps, on procède progressivement au réveil de l’organisme, pour arriver finalement au réveil total. Le réveil se fait le plus souvent dans l'hypnose légère. On ferme les yeux du sujet et on lui ordonne de se réveiller de la tête aux pieds. Le sujet s’étire, se contorsionne, puis se réveille.
Dans les cas légers, les moyens physiques peuvent suffire (douches, électricité faradique, massages, frictions, mouvements, isolement).
M. Sollier nous énumère longuement les réactions propres à chaque organe quand il recouvre sa sensibilité. D'une façon générale, il y a tout d’abord des mouvements inconscients, puis des mouvements conscients, puis des secousses, des picotements. des brülures, des démangeaisons, puis des chatouillements, des énervements et enfin de la détente. C’est tout d’abord la sensibilité à la douleur qui réapparaît, puis la sensibilité tactile et enfin la sensibilité musculaire.
On peut expérimentalement provoquer ces phénomènes en anesthésiant par injonction les organes de certains sujets. Les réactions sont encore les mêmes. Dans tous les cas il apparaît certains points hyperesthésiques sur le crâne et ceux-ci sont en rapport avec les troubles périphériques. Ces points du crâne sont au niveau des centres qui commandent les orgäânes atteints.
Tous les viscères peuvent présenter de l’anesthésie. Pendant la restauration chaque organe réagit d’une façon particulière. Ainsi pour l'estomac il y a tout d’abord des gargouillements,
— 70 —. # puis des fourmillements, puis des élancements, suivis d’une sensation de plénitude, puis l'estomac semble se rapetisser et la . faim réapparaît. Quelquefois de légères hématémèses. Les intestins, les organes génitaux, l'appareil respiratoire, les organes des sens, ont chacun leurs réactions spéciales. Le cerveau luimême serait toujours plus ou moins anesthésié dans l'hystérie. Tous les troubles seraient dus au sommeil plus ou moins profond des centres cérébraux. Le cerveau, comme les autres viscères, peut retrouver sa sensibilité propre. La restauration donne des réactions motrices (secousses de la tête), des réactions sensitives. et des réactions psychiques. À un certain moment, il se fait de la régression de la personnalité jusqu’au début de la maladie, puis progression de la personnalité qui repasse par toutes les phases de l'existence. Tous les troubles psychiques disparaissent alors. = el
Tous les accidents mentaux ne sont pas d’origine psychologique pour M. Sollier, mais bien la conséquence directe d’altérations plus ou moins profondes de la sensibilité, et prédominantes dans les viscères, les membres, les centres nerveux ou les organes des sens.
Parmi les accidents hystériques, les uns sont passagers, paroxystiques. Ils sont dus à des variations de la sensibilité. Les autres sont permanents, ils sont dus à des états plus ou moin; stables de la sensibilité. Pour Sollier, les attaques sont des réactions du corps pour retrouver sa sensibilité.
Un des côtés les plus intéressants des recherches de P. Sollier, c'est que cet auteur a reconnu l'existence de points médullaires et cérébraux correspondant aux organes où aux viscères anesthésiés. C’est ainsi que les renflements lombaire et cervical présentent dés points douloureux quand il y a de l’anesthésie des membres. I] existe aussi un point correspondant à l'estomac, au cœur, aux poumons, aux intestins. [1 existe un rapport entre l'organe périphérique, le point médullaire et le point cérébral.