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Dans la restauration de la sensibilité c'est d’abord le point périphérique qui disparaît, puis le point médullaire et enfin le point cérébral. Ces points cérébraux sont exceptionnels dans la partie frontale antérieure. La zone motrice, au contraire, ainsi que la zone pariéto-temporale et occipitale en est fréquemment le siège. Eè point qui persiste le plus longtemps est le point occipital, qui correspond au centre de la vision. L’œil, en effet, recouvre très tard toute sa sensibilité. L’estomac aurait deux centres symétriques par rapport à la sagittale et un peu en arrière du sillon de Rolando. L’intestin, deux points symétriques au niveau de l'occiput, au-dessus de la scissure perpendiculaire. La vessie, un point unique, médian, un peu au-dessus de ceux de l'intestin. Les poumons, deux points symétriques au niveau du pied de la deuxième frontale. Le larynx deux points situés au niveau du pied de la troisième frontale. Le cœur un point unique médian en avant du point de l’estomac. |
Les organes génitaux deux points symétriques en avant de la zone du membre inférieur. Tous ces points ont été déterminés cliniquement d’abord par M. Sollier, puis expérimentalement en opérant sur des sujets guéris ou n’ayant aucun trouble de la - sensibilité.
Ainsi donc pour M. Sollier toutes les manifestations hystériques, qu’elles soient physiques où psychiques, sont toujours sous la dépendance d’un sommeil plus ou moins complet des centres cérébraux fonctionnels. Chaque centre cérébral endormi a une répercussion dans sa sphère organique, se manifestant surtout par une anesthésie périphérique plus ou moins intense.
Nous avons tenu à donner un aperçu assez complet de la conception de Sollier parce que, mieux que tout autre, elle s'oppose aux théories psychologiques de l’hystérie et, en particulier, à celle de Janet. Pour Sollier, en effet, le trouble physique, fonctionnel, précède toujours le trouble psychologique. Pour Janet et toute son école c’est le contraire qui a lieu. L'un
NL Die et l’autre me semblent s'être trop limités et ne voir qu'un seul côté de la question. En réalité il n’y a pas de phénomène psychologique qui ne soit en même temps, en un certain sens, un phénomène physique. Tout phénomène psychologique est tou-
jours accompagné de modifications circulatoires d'intensité va- J
riable, très probablement de variations dans la pression ventri-
culaire. Il est très vraisembfable d'admettre que l'irrigation de la cellule cérébrale varie avec chaque phénomène de conscience. Inversement l’observation la plus élémentaire nous apprend que toute modification du chimisme ïintra-cellulaire amène des perturbations quelquefois formidables dans les phénomènes psychologiques et dans l’unité de la conscience,
Cette modification’ de la cellule cérébrale pourra être ou complète et totale aboutissant à la mort ou purement fonctionnelle et dynamique, par une sorte de syncope ou d’'inmibition cellulaire. Dans les deux cas la conscience sera profondément modifée.
Si M. Janet a trop isolé le phénomène psychologique et n’en a pas vu la signature physique concomittante, M. Sollier à fait le contraire. Il a négligé l'influence énorme que le moral peut avoir sur le physique. Il n’a pas vu combien l'émotion et certains états psychologiques peuvent avoir une action intense sur ces centres cérébraux dont il nous a cependant montré toute l’importance. Il nous dit bien que l’hystérie est un trouble de 1: sensibilité et de la cénesthésie dus à un sommeil plus ou moins profond des centres cérébraux, mais il ne nous dit pas pourquoi ces centres ont la possibilité un peu anormale on l’avouera de ‘s'endormir. Tout le côté étiologique de l’hystérie semble avoir été un pet négligé par M. Solier. Nous sommes persuadé comme nous le montrerons plus loin que certaines affections, comme la fièvre typhoide, la tuberculose, le paludisme ; les traumatismes, certaines intoxications (exogènes ou endogènées), peuvent laisser comme reliquats un état instable des centres céré-
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braux dont nous parle Sollier. C’est sur ce terrain instable qu’agira l'émotion comme cause déterminante.
Mais si nous nous permettons ces quelques critiques, nous n'en reconnaissons pas moins l'immense valeur des recherches de M. Sollier. Nous nous en sommes inspiré dans le traitement des hystériques dont nous avons eu à nous occuper. Notre maitre, M. Jourdan, a pu, par ce procédé remettre sur pied des hystériques qui depuis des années traïnaient une vie misérable. Guidé par lui, nous avons pu en faire autant nous-même et nous rendre compte des réactions liées au retour de la sensibilité. < É
Dans certains cas légers, nous avons pu constater la disparition des phénomènes pathologiques par simple fixation de l’attention. Le plus souvent nous avons dû opérer par réveils partiels pour arriver ensuite au réveil général. Nous avons pu constater dans deux cas au moins la régression de la personnalité. |
Pour ce qui est des points médullaires et cérébraux dont nous parle Sollier, nous croyons avoir fait certaines observations qui viennent à l'appui de cette thèse. En particulier nous avons constaté les points médullaires correspondants aux organes génmitaux, aux membres inférieurs, aux intestins, à l'estomac, aux poumons, aux membres supérieurs. Pour le cerveau, nous avons
presque toujours trouvé la zone rolandique correspondante à un membre anesthésié, douloureuse. Nous avons presque toujours constaté le point occipital correspondant aux yeux. Nous sommes moins affirmatifs pour les centres cérébraux correspondants à l'estomac, aux intestins et au cœur, mais nous croyons cependant les avoir observés. Nous espérons que de nouvelles observations viendront bientôt compléter nos recherches sur ce point si important de la physiologie cérébrale.
M. Sollier nous excusera de lui faire une dernière objection
concernant le traitement des hystériques. Nous avons vu que
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pour lui l’hystérie se résume dans un sommeil physioiogique des centres cérébraux. Son traitement, d'accord avec sa conception, est donc purement physique. Son procédé de resensibilisation consiste à réveiller ces centres, soit pendant l'hypnose, soit à
l’état de veille, en ordonnant au malade de se sentir de la tête.
aux pieds. Il est vrai qu’on obtient ainsi dans un grand nombre de cas des guérisons complètes et durables. Mais très souvent aussi il arrive que, chez certains sujets, cette méthode ne fait disparaitre que les symptômes. Après sa guérison le sujet reste aussi instable qu'avant et il lui suffira du plus petit prétexce pour retomber dans son état antérieur. :
C’est dans ces cas qu’un autre traitement peut intervenir avec quelque chance de succès. Et ce traitement sera beaucoup plutôt prophylactique. Il s’adressera non seulement à la sensi: bilité, mais au malade tout entier, à son corps comme aussi à son esprit. À son corps d’abord en menant une vie hygiénique et saine et en écartant toutes les causes capables d’avoir une répercussion sur son système nerveux; à son esprit ensuite, en lui apprenant, par des exercices gradués, à développer et à conquérir son controle cérébral. Quoiqu’on en ait dit, cette orthopédie mentale est possible quand on veut s’en donner la peine. ee
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