‹ Que faut-il entendre par hystérie?Chapitre 25 sur 29 · NET NO EE · texte numérisé non relu

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maladroit que le sain. Un bon moyen pour éviter la suggestion consiste à rechercher l’anesthésie avec un diapason, suivant la

méthode de Max Egger. Par cette méthode on peut déceler des

anesthésies insoupçonnées. Il,est des malades qui examinés ainsi ne sentent rien. Ën mettant le diapason sur le coude, la clavicule, la tête, il n’y a aucune perception sonore, alors que cependant l’acuité auditive des malades est normale et qu'ils entendent la voix chuchotée des deux côtés. Il n’est pas vrai-

semblable d'admettre que les malades connaissent les théories

sur l'audition solidienne et pensent, par exemple, à simuler une

surdité par le coude ou la clavicule. ARE é;

Les zones d’anesthésie que l’on peut mettre ainsi en évidence ne sont pas superposables à des territoires nerveux déterminés, mais correspondent bien plutôt à des zones fonctionnelles. Tout se passe comme Si existait chez l’homme normal une réparhition fonctionnelle de la sensibilité. C’est cette répartition fonctionnelle qui est troublée dans l’hystérie. On constatera par exemple une anesthésie cutanée de la zone épigastrique. Presque toujours on trouvera en pareil cas une anesthésie de la zone musculaire sous-jacente et une anesthésie de l’estomac se révélant par de l’anorexie et de l’atonie, de la dilatation. Il en est de même pour les membres. :

On trouve aussi très souvent des points douloureux le fong

de la colonne vertébrale ou sur la boîte cranienne. Lorsque ce

sont les membres qui sont atteints on trouve ces points aux renflements lombaires ou cervicaux et sur la zone rolandique

correspondante. Pour les viscères ces points sont répartis sur la colonne vertébrale et en sont comme une sorte de projec-

tion. Il semble aussi que chaque viscère possède un point cérébral en rapport avec l’anesthésie périphérique. Nous avons remarqué quelquefois que ces points correspondaient bien à ceux décrits par Sollier (voir: Genèse et Nature de l’'Hystérie, par P. Sollier).

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Tous les organes pouvant être intéressés par l’anesthésie il s'ensuit qu'une symptomatologie complète devrait passer en revue tous les appareïls. Pratiquement il nous a semblé que deux appareils étaient plus spécialement atteints dans l’'hystérie : l'appareil gastro-intestinal et le cerveau. Vient ensuite l’appareil uro-génital.

b) Anesthésie gastrique. Anorexie. — L'hystérique déclaré présente en général une anesthésie de toute la zone épigastrique et une anorexie bien spéciale, Pendant des semaines et même des mois ces malades n'éprouvent pas la moindre envie de manger et semblent d’ailleurs ne pas souffrir le moins du monde de ce manque de nourriture. De fait tous leurs échanges vitaux sont considérablement ralentis. Ils semblent plongés dans une espèce d'hibernation et de ralentissement vital. Naturellement nous excluons les cas de mythomanie où les malades simulent une anorexie à l'entourage et mangent en cachette.

Dans l’anorexie hystérique il existe le plus souvent de l’ato-

nie et de la dilatation.

c) Anesthésie intestinale. Constipation. — Il n'existe peut être pas de constipation plus opiniâtre que celle du véritable hystérique. Elle résiste en général à tous les traitements et ne disparaît qu'avec le retour de la sensibilité normale. On trouve, en général, une anesthésie de toute la zone abdominale. Quelquefois on trouve deux points douloureux dans la région infé rieure du côlon ascendant et du côlon descendant. Peut-être

ces points correspondent-ils aux fameux points ovariens.

d) Anesthésie uro-génitale. Anurie. Aménhorrée. — L'hystérique présente très souvent une anesthésie complète de la zone uro-génitale. Parallèlement on constate une diminution AE quefois énorme de la quantité d'urine. Celle-ci peut tomber à

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cent ou deux cents centimètres cubes dans les vingt-quatre heures. Cette urine est, en général, très faiblement minéralisée. De temps en temps il se produit une élimination plus abondante de phosphates. Les règles sont où bien complètement supprimées ou bien sont très faibles et irrégulières. Par contre 1l y a presque toujours des pertes blanches ou jaunûtres.

e) Anesthésie cérébrale. Insomnie. — Quand on explore la sensibilité cranienne, soit avec un diapason, soit avec un vibrateur quelconque, on constate la présence de zones plus ou moins grandes qui ne laissent pas percevoir la vibration. En particulier, quand on applique le vibrateur sur la partie de la zone ro- landique correspondant à un membre anesthésié, la vibration nest pas perçue. .

Parallèlement à l’anesthésie cranienne on constate toujours des troubles du sommeil et très souvent de l’insomnie. Cette insomnie est souvent absolue. S'il y a encore un peu de sommeil, celui-ci est troublé par d’horribles cauchemars. Il est rare qu'il n’y ait pas aussi du somnambulisme. Nous croyons avec Sollier que si l’hystérique ne dort pas, c’est parce qu’il est toujours dans une sorte de demi-sommeil, dans un état de vigilambulisme. Cet état intermédiaire entre la veille et le sommeil exalte l’automatisme cérébral.

IT. Symptômes mentaux et psycmques. — Ce qui frappe tout d'abord dans l'état mental du véritable hystérique, c’est sa torpeur intellectuelle. Il en est de son esprit, de son intelligence, comme de ses mouvements. [ls sont lents et maladroits. Toutes les facultés qui exigent une participation du moi psychologique semblent comme endormies ou en tout cas très ralenties La volonté semble inexistante. Le malade est quelquefois incapable de vouloir les actes les plus simples. Le plus petit obstacle est pour lui une montagne et il ne peut le franchir, sans

NS ‘ Mau une aide étrangère. Cette aboulie se montre tout spécialement vis-à-vis des actes nouveaux. Les anciens, au contraire, peuvent, en général, être accomplis grâce à l’automatisme psychologique qui se développe au maximum. Le pouvoir d'attention s’affaiblit considérablement et tend à disparaître. Parallèlement on constate une diminution de la mémoire dans toutes ses formes. Le malade ne peut plus se souvenir des actes qu’il vient de faire. À un degré plus avancé il oublie toute une partie de sa vie passée. : Mais avant d'atteindre ce degré d’amnésie il passe par une période intermédiaire où le souvenir de sa vie passée devient de- plus en plus flou, de plus en plus impersonnel. Aussi la notion de temps disparaît chez le véritable hystérique. Il vit dans une espèce de rêve perpétuel et il en arrive à ne plus distinguer la réalité de ses propres rêves. Les mensonges sont très fréquents chez lui, maïs ils sont en général faciles à distinguer du mensonge du vrai mythomane. Ainsi donc l’état mental de lhystérique peut se résumer: forpeur intellectuelle généralisée, aboulies, amnésies, perte de la notion de temps, fabuiarion.

Diagnostic différentiel. — On a souvent dit que l’hystérie était capable de simuler toutes les affections organiques du système nerveux et des différents appareils. D'un autre côté il est certain que le syndrome hystérique peut se montrer associé à d’autres affections bien déterminées comme le tabes, la sclérose en plaques, le goître exophtalmique, la paralysie agitante, l'épilepsie, la neurasthénie, la chorée, la mythomanie, le pithiatisine Etc.

Le diagnostic différentiel avec les affections organiques du système nerveux a été fait très souvent et par les maîtres les plus autorisés. Qu'il nous suffise de rappeler l'ouvrage de notre président de thèse, M. le professeur Vires (« Maladies nerveuses, Diagnostic, Traitement », Nous nous contenterons ici

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de faire le diagnostic de l'hystérie avec quelques affections d'ordre un peu spécial. Nous voulons parler surtout du pithiatisme de M. Babinski et de la mythomanie de M. Dupré. Nous

rappellerons tout d’abord en quoi le vrai hystérique diffère du simple névropathe, qui lui aussi, peut présenter des crises, simples orages émotifs. Enfin pour terminer nous verrons qu’il est possible de différencier l'hystérie des narcolepsies et de certaines maladies de la nutrition qui, à première vue, simulent aussi

l’hystérie.

a) Comme nous l’avons vu plus haut, la grande caractéristique du névropathe, c’est l’instabihté. Cette instabilité intéresse tous les organes, mais plus spécialement l’appareil cardio-vasculaire et l'appareil gastro-intestinal. Il n'existe pas chez lui cet aspect ( figé » si caractéristique du véritable hystérique Le névropathe ne présente ni anesthésies ni paralysies véritables. Tout au plus peut-on trouver chez lui de légères dysesthésies et quelques tremblements. Les crises du névropathe se différencient des crises hystériques d’abord par leur moindre violence et leur moindre durée, ensuite parce qu’elles ne laissent aucune amnésie à leur suite. De plus il est toujours possible ds calmer et d’arrêter une crise de herfs aussi forte soit-elle, tandis qu’il n’est pas toujours possible d'arrêter une vraie crise d’hystérie. Au point de vue mental le névropathe ne présente pas non plus la torpeur intellectuelle et l’endormissement ‘12 l'hystérique. :

Le névropathe n’est qu’un distrait tandis que l’hystérique est un endormi ou un vigilambule.

b) Le pithiatique est presque toujours un membre de la famille névropathique. Comme tel il présente les stigmates de cette famille: l'instabilité physique et mentale. Toutefois chez lui c’est l’instabilité mentale qui prédomine. Aussi il est relati-

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vement très facile de suggestionner un pithiatique et de lui faire accepter les idées les plus absurdes. Le véritable hystérique, au contraire, est assez difficilement suggestionnable. Ii semble qu'il est trop endormi pour réaliser la suggestion. Ce n'est que lorsqu'il commence à se « réveiller » qu’il devient accessible à la suggestion.

De plus, tous les troubles que l’on peut produire sur le pithiatique, par suggestion, sont peu durables et disparaissent en général d'eux-mêmes. Au contraire, rien n’est plus difficile à faire disparaître par exemple qu'une anesthésie chez certain: hystériques.

Le pithiatique ne présente pas d’une façon nette, ni les troubles du sommeil, ni l’anorexie, si spéciale de l’hystérique, ni la constipation, ni la torpeur intellectuelle.

- Toutefois il est des cas plus complexes où l’on trouve côte à côte les symptômes du pithiatisme et de l’hystérie. En pareil cas linterrogatoire attentif du malade peut nous montrer qu’il s'agit d’un névropathe pithiatique devenu secondairement hystérique, à la suite d’une infection, par exemple. Le pithiatisme peut aussi se trouver associé à de la dégénérescence et à de l’hystérie. Nous en avons un cas très net dans notre observation VI.

c) Le mythomane comme le pithiatique fait presque toujours partie de la famille névropathique et en présente tous les signes. Chez lui aussi, il y a prédominance de l'instabilité mentale. Cette instabilité se révèle par les mensonges les plus incohérents. Ces mensonges sont, en général, très apparents.

Les troubles présentés par le mythomane sont, en général, très fugaces et très variables. Ils varient sous l'influence des causes les plus diverses et sont loin de présenter la ténacité de ceux de l'hystérique. Le mythomane pur, comme le pithiatique pur ne présente pas ni l’insomnie de l'hystérique, ni ses

troubles de la sensibilité, ni son anorexie, ni sa constipation. Loin d’être un ( endormi » le mythomane est plutôt un ( excité » mental. :

Alors qu’il est presque toujours possible de faire disparaître par un traitement rationnel les troubles hystériques et cela d’une façon complète, il est infiniment plus difficile de changer la mentalité mythopathique. Quand il y a association de mythomanie et d’hystérie, on guérit bien l’hystérie, mais le terrain mythopathique persiste et il semble bien qu’on ne pourrait l’atténuer que par une véritable rééducation.

d) Certains auteurs ont voulu identifier l’hystérie avec la narcolepsie de Gelinau. On sait que pour cet auteur la narcolepsie est une ( névrose rare, caractérisée par un besoin subit irrésishible de dormir, ordinairement de courte durée, se produisant à des intervalles plus ou moins rapprochés et obligeant le sujet à tomber ou à s'étendre pour lui obéir ». Il nous semble que c’est là une confusion regrettable. La narcolepsie n’est pas une entité morbide, mais bien un syndrome pouvant apparaître dans les affections les plus variées. Le sommeil narcoleptique peut se rencontrer par exemple au cours des tumeurs de l’encéphale, au cours des polyoencéphalites supérieures aiguës ou des encéphalites diffuses, au cours de certaines intoxications, dans les névroses, l'hystérie, l’épilepsie, l'hypnose, dans les psychoses, dans les infections générales comme la syphilis et la tuberculose, dans l’insolation, dans l’artério-sclérose, etc., etc. Il est très rare d'observer la narcolepsie dite essentielle. D'ailleurs même dans ce cas l’hystérie peut s’en différencier par’ certains caractères. Tout d’abord la crise d’hystérie ne débute pas aussi brusquement que la crise de narcolepsie. L'’aura est beaucoup plus nette pour l’hystérie. Alors que le narcoleptique endormi

st à peu près inerte pendant toute sa crise, l’hystérique, au

contraire est très actif, loquace, violent même. S'il est vrai que

pendant sa crise le narcoleptique peut présenter des anesthésies simulant les anesthésies hystériques, par contre elles disparais

sent complètement dans l'intervalle des crises. On ne retrouve pas non plus chez lui dans l'intervalle des crises les symptômes cardinaux de l’hystérie. Toutefois il est des cas où l’hystérie peut simuler la narcolepsie, mais alors il s’agit plutôt d’une

forme narcoleptique de l’hystérie que d’une véritable narcolepsie. 2 €) H est un certain nombre de malades, chez lesquels faute de mieux on parle de ralentissement de la nutrition générale. Par certains points ces malades peuvent être comparés aux vrais hystériques. Ces malades se présentent à nous avec un potentiel vital déficient. Ils sont en général très maigres, anorexiques, constipés. Les urines sont diminuées et les règles souvent ah- - sentes. La température est presque toujours inférieure à la normale. Par contre on ne rencontre chez ces malades aucun trouble de la sensibilité et de la cæœnesthésie. Il ne se produit pas non plus de crises. Les fonctions psychiques supérieures loin d'être diminuées sont souvent remarquablement développées.

Traitement de l'hystérie. — Nous avons vu que l’hystérie a besoin pour se développer d’un terrain spécial, névropathique. Ce terrain avons-nous dit est tantôt transmis par hérédité, tantôt ‘acquis à la suite d’une infection, d’une intoxication, d’un traumatisme. Un traitement rationnel de l’hystérie devra donc tenir compte de ces deux facteurs. D'une part il devra tendre à faire disparaître le symptôme hystérique, de l’autre il devra essayer d'atteindre et de modifier si possible le terrain sous-jacent. I! importe de remarquer ici que cette action n’est pas également facile dans tous les cas. Nous avons observé, en effet, que les cas d’hystérie qui se développent à la suite d’une infection où d’un traumatisme sont relativement beaucoup plus curables que

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