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ses idées. Mais ce que le médecin doit essayer de découvrir avant tout chez son malade, c'est l’état émotif qui a été la déterminante de l'apparition du syndrome hystérique. Nous avons vu que ces (( émotions-chocs » survenant chez des sujets prédisposés par. hérédité ou par infection, étaient la cause des doubles hystériques. Quand il aura découvert cet état émotif initial il essayera de le rendre de plus en plus conscient et plus soumis au contrôle du malade. Parallèlement à ce traitement psychothérapique pur, il pourra essayer d’attirer fortement l'attention du sujet sur les parties anesthésiques. Il arrivera très souvent chez ces sujets, qu'ils éprouveront assez rapidement les réactions liées au retour de la sensibilité. Il va sans dire que les moyens usuels: hydrothérapie, massage, électricité galvanique et faradique, pourront aussi être employés.
Dans les cas d’hystérie plus anciens ou plus graves, nous sommes persuadé que le traitement psychologique, au moins au début, est absolument inefficace et peut même être dangereux. Les meilleurs raisonnements n'auront aucune prise sur l'hystérique car le plus souvent il ne les entendra pas et quand il lui arrivera d'en entendre quelques bribes, il les déformera presque toujours ou les interprètera faussement. L’hystérique anesthésique n’est plus dans un rapport normal avec le milieu extérieur. Pour rétablir ce rapport il faut tout d’abord réveiller les centres moteurs fonctionnels, grâce à une rééducation fonctionnelle. Cette rééducation se fera d'abord par des mouvements passifs imprimés aux membres et aux articulations et par un massage énergique des muscles. Ces mouvements ont l’avantage de n’exiger aucune participation directe de la volonté du malade. Ils agissent probablement d’une façon réflexe sur la zone motrice et la réveille. En effet, au bout de quelques séances, le malade semble sortir légèrement de sa torpeur. Il devient alors beaucoup plus conscient des mouvements imprimés à ses membres, On peut alors essayer d’attirer l'attention du malade
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sur ces mouvements. Ce résultat pourra être atteint soit à l’état de veille, soit dans une hypnose légère quand la chose est possible. À partir de ce moment on peut obtenir des mouvements actifs, en commençant par les mouvements les plus simples et en les compliquant progressivement. Nous nous sommes servis souvent avec avantage de la gymnastique rythmée.
Le retour de la sensibilité se fait peu à peu. Il est en général précédé de certaines réactions: tout d’abord secousses et mouvements involontaires dans les zones anesthésiques, impatiences, picotements, tremblements, sensation de brûlure suivie de sensation de froid, puis détente avec sensation de bien-être, On peut aider ce retour de la sensibilité par tous les excitants cutanés (douches, frictions, bains très chauds ou très froids, électricité). |
Dans les cas les plus sérieux on est presque toujours obligé d’avoir recours à l’hypnose pour attirer l'attention du malade sur ses fonctions endormies. Le plus souvent nous nous contentons de lui fermer ses yeux pour l’isoler du monde extérieur, et nous lui ordonnons fortement de porter son attention sur tel ou tel point. Au début il ne comprend pas du tout ce que nous lui demandons et fait des efforts inouïs. Puis peu à peu l'effort se limite et se localise sur le point anesthésique.
. Comme l’a remarqué Sollier depuis longtemps, non seulement les organes volontaires sont susceptibles d’être modifiés ainsi, mais aussi les organes involontaires, comme l'estomac, l'intestin, le cœur, etc. À mesure de son réveil fonctionnel chaque viscère présente des réactions particulières. L’estomac, pa: exemple, nous donne des gargouillements très intenses perceptibles à l’oreille, en même temps que le malade accuse des contractions douloureuses surtout dans la région pylorique, puis des brülures avec sensation de déchirement, enfin détente et sensation de faim. Le réveil fonctionnel s’étend quelquefois de lui-même aux organes voisins, ce qui semble bien prouver que
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les centres fonctionnels sont dans un rapport physiologique entre eux. Le réveil cérébral total et la disparition de tous les troubles mentaux ne peut se faire que lorsque les divers centres viscéraux ont à peu près retrouvé leur fonctionnement normal. À ce moment ce réveil cérébral se fait quelquefois spontanément. S'il ne se fait pas, on peut le provoquer dans une légère hypnose en ordonnant au malade de sentir sa tête et son cerveau. On peut alors assister à des phénomènes de régression de la personnalité, puis à un retour à la personnalité normale.
. Mais il ne suffit pas d’avoir fait disparaître le syndrome hystérique, il faut encore essayer de modifier le terrain qui a permis l’éclosion de ce syndrome. Il faut veiller soigneusement à faire disparaître toute épine irritative, qui pourrait amener des récidives à brève échéance. Dans le cas de terrain acquis à la. suite d’une infection ou d’un traumatisme, il semble bien que tout rentre dans l’ordre en même temps que la disparition des symptômes hystériques. Il en est bien différent quand il s’agit par exemple d’un névropathe à hérédité chargée. Dans ce cas le terrain névropathique persiste tel quel après la disparition de l’hystérie. On trouve alors presque toujours en même temps un état diathésique héréditaire. Très souvent il s’agit de neuwroarthritisme. Souvent même on remarque une alternance remarquable entre les manifestations névropathiques et les manifestations arthritiques. Dans tous ces cas c’est la diathèse ellemême qu'il faudra viser et essayer de transformer.
Pour terminer, deux mots encore sur le traitement opothérapique de l’hystérie. Quand des troubles hystériques surviennent, soit au moment de la puberté, soit au moment de la ménopause, surtout si l’on constate des signes d’hypothyroïdisation il sera toujours bon d'essayer les extraits frais ou secs des glandes à sécrétions internes (thyroïdine, ovarine, extrait hypophysaire). à
Au point de vue mental il serait bon, parallèlement au traite-
— 94 — É ment physique, de soumettre le malade à un entraînement graduel, afin d'augmenter son contrôle cérébral. Les exercices les plus variés peuvent être imaginés dans ce but et doivent s’adapter à chaque cas particulier.
Les exercices de concentration indiqués par Vittoz, de Lau sanne, nous paraissent un essai heureux dans cette voie.
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