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vent la cause morale existe, en effet, et peut être accessible à
la psychothérapie. Mais à côté de ces cas heureux, combien de malades étiquetés (« neurasthéniques » et que l’on découvre quelques années plus tard être porteurs d’une lésion organique réelle. Qui nous dit que les troubles mentaux présentés quelques années auparavant n'étaient pas dus au sentiment confus ct sub-conscient de la lésion en évolution. Qui nous dit que le sentiment d’incomplétude ressenti par tant de nerveux ne soit pas dû à quelque trouble organique en incubation et ne se révé- \
lant pas encore par des signes macroscopiques.
Longtemps, bien longtemps avant que nous nous rendions compte d’une lésion qui nous atteint, notre sub-conscient en est averti et nous en prévient confusément. Ce malaise indéfinissable éprouvé par certains nerveux n'est souvent que le prélude d'un drame beaucoup plus grave. Combien de soi-disant neurasthéniques ne sont en réalité que des scléreux où des prédéments.: Quoi d'étonnant dans ces conditions de voir évoluer les premiers, quelques années plus tard, vers la cérébro-sclérose ou la paralysie générale, et les seconds, vers la mélancolie.
Nous pourrions en dire autant pour beaucoup de mythomanes. Souvent il existe chez eux une épine irritative, reliquat d’une ancienne lésion physique ou trouble Fonctionnel qui agit comme une auto-suggestion permanente. C’est cette épine irritative qui va déterminer la localisation mythopathique ‘et en dominer l’évolution.
Nous ne serions pas étonnés que d’ici quelques années toutes
nos classifications actuelles ne soient complètement remaniées
Au lieu de parler de psychonévroses pures, on parlera d’états généraux organiques, parallèles sinon primitifs aux troubles fonctionnels et psychiques. Le merveilleux sens clinique de Charcot avait certainement pressenti ce fait quand il parlait de « neuro-arthritisme ».-La vieille théorie humorale, si chère à l'Ecole de Montpellier, était aussi un essai dans ce sens. Nous ‘sommes persuadé que c'est dans cette direction que devra
s'orienter la thérapeutique future.
; R. LAVEZZARI.
La Rouguière, le 22 juin 1913.
ES