‹ Que Suzanne n'en sache rien; comédie en trois actesChapitre 13 sur 38 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les MÊMES, SUZANNE.

SUZANNE, entrant.

Bonjour, maman! (a Ad le.) Monsieur réclame de l'eau chaude pour sa barbe.

ADÈLE Bien, madame. (Elle sort par le fond.)

SUZANNE, à madame Pantois.

Tu as bien dormi ? ,

MADAME PANTOIS, l'embrassant.

Oh! moi, je dors très peu, et toi?

SUZANNE

Je dors comme une marmotte. Pas cette nuit, pourtant, à cause de Léon.

MADAME PANTOIS

Suzanne, mon enfant! Je ne te demande pas de détails.

SUZANNE

Quels détails?

MADAME PANTOIS

Sur la façon dont vous employez vos nuits. En apprenant que M. Maubert n'était pas allé à son bureau, je me suis bien doutée de... quelque chose.

SUZANNE

Oh! ce n'est pas du tout ce que tu crois! (Soupir.) Au contraire 1 Léon s'est tourné, retourné, agité ; je ne peux pas dormir quand je sens quelqu'un bouger près de moi.

MADAME PANTOIS

Qu'est-ce qu'il a?

SUZANNE

Des contrariétés sans doute. Il est rentré hier, avant dîner ; il avait l'air soucieux. Il s'est presque mis en colère parce que le repas était en retard.

MADAME PANTOIS

Tu ne lui as pas demandé ce qui le tracassait?

Ce ne doit pas être grave, sinon il me l'aurait dit. Jo sais qu'il est allé au café des Deux Hémisphères retrouver un ami.

MADAME PANTOIS

Mon gendre en colère ! Je voudrais voir ça ! Un homme doux comme un mouton !

SUZANNE

Il est même trop doux, ordinairement.

MADAME PANTOIS

Tu peux te flatter d'avoir la crème des maris, un galant homme dans toute la force du terme, poli, courtois, bien élevé, jamais une parole malsonnante, jamais un mot plus haut que l'autre...

QUE SUZANNE n'EN SACnE RTEN 33

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