METHODE DE LE GRAND
En 1921, Le Grann (24) reprend la technique de Barfœd, et l’applique à la séparation et au dosage des mono et des di-saccharides. Pour cela il emploie le procédé suivant : il calcule, d’abord au moyen de la liqueur de Fehling, la somme des monoses et des bioses réducteurs è il dose ensuite, par la liqueur de Barfæd, les monoses seulement ; par différence entre les deux dosages, il obtient la quantité de bioses contenus dans la prise d'essai.
Voici, d’ailleurs, son procédé tel qu'il l'indique :
« 1° Dans une fiole conique de 150 cm° environ de « capacité, j'introduis 5 cm° de solution sucrée (conte- « nant au plus 0 gr. 100 de sucres réducteurs) et 15 cm° « de liqueur de Barfæd.
«2° Je chauffe jusqu’à l’ébullition, que je maintiens « exactement 3 minutes.
« 8 Je filtre le liquide, sans le laisser refroidir, sur « un filtre plat ordinaire, en évitant autant que possible « d'entraîner l’oxydule de cuivre.
« 4° Suivant les indications de M. Gabriel Bertrand, je « dissous l’oxydule de cuivre dans une solution de sul-
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« fate ferrique. Je fais passer tout le liquide sur le filtre, pour dissoudre l’oxydule qui pourrait s y trouver. Le filtrat est recueilli. Re
« 5° Je dose, dans le filtrat, la quantité de sulfate fer- « rique transformé en sulfate ferreux par l’oxydule de « cuivre, à l’aide de la solution titrée de permanganate « de potasse (1 cm° de permanganate correspondant à,
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« 6 mgr. de cuivre.
« Une table des poids de cuivre obtenus par des quan- « tités déterminées de sucre, me permet ensuite de cal- « culer le poids de sucre contenu dans la liqueur à ana- « lyser ».
Le Gran» (24) formule ensuite quelques remarques :
1° Ne pas chauffer trop longtemps pour éviter l’évaporation de tout l'acide acétique, et par suite, précipitation de sels basiques.
2° Opérer dans un milieu contenant moins de 1 0/00 de sels alcalins ou alcalino-terreux.
Après divers essais, Le Grand constate que c'est avec 15 cm° de réactif de Barfæd et 5 cm° de liqueur sucrée qu'il obtient les meilleurs résultats.
Nous avons alors fait quelques essais sur la réduction par le glucose et par le lactose, en employant la technique indiquée par Le Grand ; cependant nous avons employé la méthode de dosage que nous avons décrite précédemment, méthode qui supprime l'inconvénient de la filtration due à la méthode de Bertrand.
Nous avons donc pris 15 cm° de réactif de Barfæd, et 5 cm° de liqueur sucrée contenant 0 gr. 02 de glucose ; nous avons versé le tout dans une fiole de Pelet graduée à 200 cm*°. Nous avons placé cette dernière sur une flamme, et comme le fait Le Grand, nous avons main-
tenu l’ébullition pendant 3 minutes. Après ce temps, nous avons plongé le vase dans l’eau froide quelques instants, et nous avons complété à 200 cm° avec de l’eau distillée ; nous avons prélevé 50 cm° et opéré le dosage sur cette portion. Cette opération est rendue nécessaire par suite de la forte teneur en cuivre de notre prise d'essai : un dosage direct nécessiterait en effet des quantités considérables d’hyposulfite de soude N/10. Pour obtenir le résultat total, il suffit de multiplier par 4 le résultat obtenu. Nous avions bien essayé d’éviter cette opération en opérant avec de l’hyposulfite de soude plus concentré : N/2,5 par exemple ; mais les résultats n’ont pas été satisfaisants ; le terme de la réaction n’apparaissait pas nettement, il se produisait rapidement une décoloration de la liqueur ; nous avons donc continué à employer l’hyposulfite de soude N/10.
D'autre part, nous trouvant dans un milieu déjà acide, nous avons abaissé à 5 cm° la quantité d’acide chlorhyÿdrique à 1/2 nécessaire pour effectuer la réaction.
Le dosage devient donc le suivant :
Aux 50 cm° de liqueur prélevés précédemment, ajouter 5 cm d'acide chlorhydrique à 1/2, agiter très rapidement, et verser immédiatement : 20 cm° d’hyposulfite de soude N/10 exactement mesurés, et 10 cm de sulfocyanure de potassium à 20 0/0, préparés préalablement dans un vase d'Erlenmeyer ; continuer ensuite le dosage comme nous l'avons exposé dans la première partie.
Avec 0 gr. 02 de glucose, nous obtenons 13 cm°,40 de cuivre N/20 passés à l’état cuivreux, ce qui représente 42 mgr. 61 de Cu ou 47 mgr. 97 de Cu’O.
Nous avons alors fait des essais, dans les mêmes conditions, avec des doses variables de lactose : nous obtenons les résultats suivants :
DRRERUR
HAT RSS
LACTOSE CUIVRE REDUIT
(en poids) (en cm3 Cu N/20) 0,05 0,80 0,10 1,60 0,20 2,80 0,40 6,00
Nous voyons donc que, déjà avec 0 gr. 05 de lactose, on obtient une réduction ; il semble donc assez difficile d'utiliser, dans ces conditions, le réactif de Barfœd, pour doser, d’une façon sensible et précise, le glucose en présence de lactose, même en opérant, comme l'indique Le Grand, sur une prise d'essai contenant au plus 0 gr. 100 de sucres réducteurs.
D'autre part Le Grand constate que, si le liquide à examiner contient une concentration de sels alcalins ou alcalino-terreux supérieure à 1 0/00, il se forme des précipités basiques gênant la réaction.
Comme il opérait sur le lait de vache où la concentration en sels, en particulier de chlorure de sodium, est supérieure à 3 0/00, il était obligé de diluer le liquide à examiner jusqu'à obtention &’une concentration maxima de 1 0/00, en sels alcalins ou alcalino-terreux.
De notre côté, nous avons fait quelques essais en ajoutant au réactif des quantités variables de chlorure de sodium ou de sulfate de soude et nous avons constaté également la formation de précipités basiques, lorsque nous opérions dans les mêmes conditions que Le Grand.
Conclusion. -— En résumé, la méthode de Le Grand offre certains inconvénients : réduction avec le lactose
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dès que celui-ci dépasse 0 gr. 09, et formation de précipités basiques en présence de sels alcalins ou alcalino-, terreux.
Nous avons alors examiné un autre réactif, toujours à base d’acétate de cuivre : le réactif de Roaf.