II. — ETUDE DE LA REDUCTION PAR DIFFERENTS SUCRES
Nos essais de vérification par la méthode Fleury- Boutot ayant donné des résultats satisfaisants et, d’autre part, notre liqueur paraissant stable, nous avons essayé d'étudier l’action de différents sucres, tels que glucose, lactose et maltose, sur notre liqueur.
À. — APPLICATION AU GLUCOSE.
Nous avons, tout d’abord, étudié l'éciou de quantités
CT
variables de glucose, après un chauffage de 10 minutes au bain-marie.
Nous donnons ici la moyenne de quelques essais faits au cours de nos expériences ; cet exposé a uniquement pour but de donner une idée de ce que l’on peut obtenir avec la méthode ; d’autre part, ces essais ayant été faits avec des échantillons d'’acétate de cuivre plus ou moins hydratés, nous avons obtenu, dans certains cas, des écarts assez sensibles dus à la différence de concentration en cuivre ; nos chiffres ne sont donc pas, par suite, d’une moyenne absolue.
Glucose Cuivre réduit Glucose Cuivre réduit.
(en poids) (en cm3 Cu N/20) (en poids) (en em Cu N/20)
Notre réactif est donc assez sensible puisqu'on obtient une réduction nette avec 0 gr., 002 de glucose. Ayant remarqué quelques écarts au cours de nos expériences, nous avons pensé qu'ils provenaient probablement de ce que nous n'’étions pas au bout de la réduction ; nous avons donc essayé de prolonger l’action du bain-marie ; ces écarts étaient surtout sensibles avec de fortes quantités de glucose, nous avons donc fait quelques essais avec 0 gr., 02 de glucose et avec 0 gr., 10. Nous obtenona les résultats suivants :
MA TCRES
Temps de chauffage. Glucose. Cuivre réduit.
en minutes) (en poids) (en cm3 Cu N/20) 10 0,02 14,80 15 » 15,40 20 » 16,80 40 » 17,40 10 0,10 51,00 20 » 61,40 40 » 66,80
Nous voyons donc que la réduction n’est pas complète après un chauffage de 10 minutes au bain-marie, et il importe, pour avoir des résultats exacts, de laisser la fiole 10 minutes exactement au bain-marie.
Nous avons vu précédemment que la concentration en cuivre avait une influence considérable sur la réduction par le glucose, il nous a paru intéressant d’examiner, .si en augmentant la durée de chauffage, on pouvait, avec une liqueur diluée, arriver au même résultat qu'avec la liqueur pure : nous avons donc fait les essais suivants avec 0 gr., 02 de glucose :
Cuivre réduit.
Temps de chauffage (en cm3 Cu N/20)
RE
(en minutes Liqueur pure liqueur diluée liqueur diluée ; au 1/2 au 1/4 10 14,80 12,40 7,60 20 16,40 15,80 9,80 40 16,80 16,20 10,15 80 17,40 16,80 12,50
EST ue
Il semble donc bien, que, jusqu'à un certain point, en augmentant le chauffage on puisse arriver à obtenir avec une liqueur diluée, le même résultat qu'avec la liqueur pure.
B. — APPLICATION AU LACTOSE
Nous avons alors examiné quelle était l’action du lactose ; nous obtenons Îles résultats suivants, après un chauffage de 10 minutes au bain-marie :
Lactose Cuivre réduit
(en poids) (en cm3 Cu N/20) 0,20 1,40 0,10 0 0,08 0
Nous n'’obtenons donc aucune réduction par 0 gr., 10 de lactose ; nous avons d’ailleurs contrôlé ce résultat par la méthode Fleury-Boutot.
Nous avons vu précédemment qu'après un chauffage de 10 minutes au bain-marie la réduction par le glucose n’était pas complète, nous avons voulu examiner s’il ne serait pas possible d'augmenter la durée de chauifage pour obtenir une plus grande réduction par le glucose sans obtenir de réduction par 0 gr., 10 de lactose. Nous avons donc fait quelques essais avec 0 gr., 10 et 0 gr., 08 de lactose. è
Nos résultats sont exprimés en cm° Cu N/20 :
RE ET. CR ol To 010 10 0 0 15 0,60 1,20 20 1,40 2,20 40 7,80
Il semble donc bien impossible d'augmenter la durée du chauffage sans provoquer immédiatement, même avec 0 gr., 08 de lactose, une réduction assez sensible ; nous continuerons donc à effectuer nos dosages après un chauffage de 10 minutes au bain-marie. :
Glucose en présence de lactose.
Nous avons voulu étudier ensuite si la présence de 0 gr., 10 de lactose dans une solution de glucose ne changeait pas les résultats du dosage : nous avons alors fait les essais suivants, en faisant varier le glucose et le lactose. Après un chauffage de 10 minutes au bain-marie,
nous trouvons (en exprimant nos résultats en em° Cu N/20) :
Lactose Glucose (en poids). ; (en poids).
LEON. : URSS
I1 semble résulter de ces essais que le lactose est entraîné par la réduction du glucose et cet entraînement est d'autant plus sensible que la quantité de glucose à doser est plus faible ; c’est ainsi qu’en présencé de 0 gr., 06 de glucose nous ne trouvons aucune modification, tandis qu'avec 0 gr., 01 de glucose nous trouvons, au contraire, un entraînement très sensible.
Nous avons, d’ailleurs, vérifié quelques-uns de ces essais, en particulier ceux avec 0 gr., 02 de glucose, par la méthode Fleury-Boutot, nous obtenons des résultats identiques.
Nous avons ensuite essayé de diminuer la quantité totale de sucres réducteurs et nous avons fait des dosages avec des quantités variables de glucose et de lactose dont le total équivalait à 0 gr., 050 de sucres réducteurs.
Nous avons, d’autre part, porté la durée du chauffage de 10 à 15 minutes, après nous être assuré que nous n'avions aucune réduction par 0 gr., 05 de lactose. Nous remarquons alors, qu’en présence de 0 gr., 005 de glucose et de 0 gr., 045 de lactose, il se produit encore un léger entraînement du lactose ; de plus, dans certains cas, avec des quantités plus fortes de glucose on obtient des écarts de réduction, ce qui serait expliqué par ce fait que l’on se trouve sur la limite de réduction du lactose et que, par suite, quelquefois, le lactose se trouve luimême réduit.
Il semble donc assez difficile, dans ces conditions, d'obtenir des résultats très précis pour la réduction du glucose en présence de lactose.
On se trouve, en effet, en présence de ce dilemme : ou diminuer la durée du chauffage pour ne pas obtenir de réduction par le lactose, mais alors, le glucose n'étant pas oxydé complétement, on obtient des écarts de réduc-