II. — INFLUENCE DES SELS ALCALINS ET ALCALINO-TERREUX
Nous avons vu précédemment que, dans le procédé Le Grand, la présence de sels alcalins ou alcalino-terreux gênait la réaction par suite de la formation de précipités basiques ; nous avons vu, d’autre part, que l'addition d’acétate de soude au réactif de Barfæd empéchait la for-
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mation de ces précipités. Cependant nos essais précédents se sont bornés à la simple constatation de formation ou non de précipités basiques ; nous avons voulu approfondir notre étude et savoir si l’action des différents sels alcalins ou alcalino-terreux se bornait uniquement à la formation de précipités et n'avait pas d’influence sur la réduction par les sucres réducteurs. Pour cela nous avons fait des essais avec chacun de ces différents sels mis en contact, dans chaque expérience, simultanément avec 0 gr., 02 de glucose.
Nous avons étudié successivement, d’une part, les sels des métaux alcalins et, d’autre part, les sels des métaux alcalino-terreux.
l. — SELS DES MÉTAUX ALCALINS
Les sels étudiés ont été : le sulfate de sodium, le chlorure de sodium, le nitrate de sodium, le nitrite de s0dium, le bromure de potassium et l’iodure de potassium.
1° Sulfate de sodium. __ Si nous nous reportons aux essais faits avec le réactif de Barfœæd, nous voyons que 0 gr., 10 de sulfate de sodium ajouté à la liqueur donne un précipité basique qui ne se forme pas si l’on ajoute 2 gr. d’acétate de soude. Un nouvel essai, avec 0 gr., 10 de sulfate de sodium ajouté à notre liqueur, ne nous donne, après un chauffage de 10 minutes au bain-marie, aucun précipité basique et le dosage nous montre que ce corps ne réagit pas sur notre liqueur.
Mettant alors 0 gr., 02 de glucose en contact avec notre liqueur contenant 0 gr., 10 de sulfate de sodium, nous
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ne constatons, après un chauffage de 10 minutes au bainmarie, aucune différence dans la réduction ; les résultats sont les mêmes avec ou sans sulfate de soude.
Des essais faits avec 0 gr., 10 de lactose ne nous montrent aucune réduction dans les deux cas.
Des essais semblables avec le réactif de Barfœd, mais en présence de ? gr. d’acétate de soude, nous ont donné des résultats identiques.
Conclusion. — Nous pouvons donc conclure que la présence de 0 gr., 10 de sulfate de soude n’a aucune influence sensible sur la réduction.
2° Chlorure de sodium. - Nous avons renouvelé les mêmes essais avec le chlorure de sodium. A partir de 0 gr., 10 de chlorure de sodium nous obtenons la formation d’un précipité basique.
Prenant donc 0 gr., 08 de chlorure de sodium comme quantité limite, nous avons étudié l'influence de ce sel sur la réduction ; un dosage préalable nous a montré que ce dernier n'avait aucune action sur la liqueur cuivrique.
Mettant en contact 0 gr., 02 de glucose avec notre liqueur, à laquelle nous avions ajouté 0 gr., 08 de chlorure de sodium, par prise d’essai, nous n’obtenons, après 10 minutes au bain-marie, qu’un très léger précipité d’oxydule à peine perceptible ; précipité si léger que nous avions cru, tout d’abord, après un examen rapide, qu'il n’y avait aucune réduction ; cependant le dosage nous montre qu'il y a eu réduction, mais réduction beaucoup plus faible. Nous trouvons en effet un écart de 6 cm* Cu N/20 entre le dosage sans chlorure et le dosage en présence de chlorure ; la réduction par le glucose est
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donc fortement diminuée par suite de la présence des chlorures.
Des essais semblables avec 0 gr., 10 de lactose ne nous ont montré aucune réduction, dans un cas comme dans l’autre.
Voulant nous rendre compte si cette action des chlorures se manifestait également avec le réactif de Barfœd, nous avons fait des essais avec ce réactif, mais en ajoutant 2 grammes d’acétate de soude, pour éviter la formation de précipité basique. Les résultats nous ont montré que cette diminution de réduction se faisait également sentir avec le réactif de Barfœd.
Variation des chlorures. — Devant cette action manifeste des chlorures, nous avons voulu savoir si cette diminution de réduction variait parallèlement avec la concentration en chlorure.
Nous avons alors fait des essais avec 0 gr., 02 de glucose, en présence de 0 gr., 02, 0 gr., 04, 0 gr., 06 et 0 gr. 08 de chlorure de sodium. Après plusieurs essais avec la liqueur contenant 67 gr. 0/00 d’acétate de cuivre, nous trouvons comme moyenne de réduction
Chlorure de sodium Concentration par litre. Cuivre réduit (en poids). de liqueur sucrée. (en cm3 Cu N/20). 0,08 8 9,40 0,06 6 11,20 004 « 4 13,40 0,02 r 15,00 0 0 16,00
Nous voyons donc que nous trouvons une réduction de plus en plus forte, se rapprochant de la réduction nor-