‹ Que vaut l'emploi de l'acétate de cuivre: Comme réactif différentiel du glucose et du lactose?Chapitre 59 sur 70 · I. — INFLUENCE DE LA MANNITE · texte numérisé non relu

I. — INFLUENCE DE LA MANNITE

Nous avons vu, précédemment, que la mannite avait un effet inhibiteur sur la réduction par le glucose ; nous avons alors fait quelques essais, en présence de 0 gr., 02 de glucose et de quantités variables de mannite en employant, comme le conseille Boutot : 10 cm° de liqueur À, 10 em de liqueur B et nous avons complété le volume à 40 cm, après avoir ajouté 0 gr., 02 de glucose.

Après un chauffage de 7 minutes au bain-marie, nous obtenons les résultats suivants :

Mannite Cuivre réduit (en poids). (en cm3 Cu N/20).

Nous voyons donc que nous retrouvons ici, mais fortement diminués, les mêmes écarts que nous obtenions avec la liqueur de Barfœd. La mannite semble donc, en milieu alcalin, diminuer, mais à un degré moindre qu’en milieu acide, la vitesse de réduction par le glucose.

Un essai témoin avec 0 gr., 50 de mannite seule nous

avait montré une réduction à peine sensible ; en tous cas, l’action inhibitrice de la mannite reste très marquée.

$ II. — ETUDE DE L'AUTO-REDUCTION

De nombreux auteurs ont constaté que la liqueur de Fehling présentait des phénomènes d’auto-réduction assez sensibles. Nous l’avons, d’ailleurs, vérifié nousmêmes au cours de plusieurs essais.

Prenant 10 cm° de liqueur A Bertrand et 10 cm° de liqueur B Bertrand, nous avons, après avoir complété le volume à 40 cm, effectué un premier dosage du cuivre à froid et les autres après un chauffage plus ou moins long au bain-marie : nous obtenons alors les résultats suivants :

Temps de chauffage Cuivre réduit).

(en minutes). (en cm$ Cu N/20).

Nous avons donc üne réduction très sensible ; notre liqueur datant déjà de plusieurs jours, nous avons contrôlé ces résultats avec une liqueur que nous venions de préparer ; les résultats ont été sensiblement les mêmes.

La liqueur de Fehling présente donc des phénomènes

d’auto-réduction évidents; d’ailleurs Quismmmine et Tuomas (32), après beaucoup d’autres expérimentateurs, avaient constaté ces phénomènes ; mais à l’encontre de certains auteurs, ils prétendent que cette auto-réduction est due, non pas entièrement aux impuretés de la solution tartro-alcaline, mais aussi à la durée et à la méthode de chauffage.

Ils opèrent au bain-marie à 80° et, après 30 minutes de chauffage, ils n’observent aucune réduction, à condition que la liqueur ait été conservée à l’obscurité. L’action de la lumière sur la conservation de la liqueur de Fehling est, en effet, considérable ; Fehling, lui-même, et de nombreux expérimentateurs après lui, l’ont décrite ; après 10 à 20 heures, on obtient déjà un précipité sensible si on emploie la liqueur de Fehling en une seule solution ; 50 cm, exposés à la lumière solaire directement, seront complètement décolorés au bout de 2 mois et il ne restera plus qu’une petite quantité de cuivre.

VoLmar (38) constate que cette instabilité de la liqueur de Fehling est due, généralement, à une altération photochimique, décomposition accompagnée de dégagement gazeux, formé surtout par de l’hydrogène. La lumière ultra-violette a une action plus énergique encore, alors qu’à l'obscurité il ne se produit rien,

Avec des échantillons de liqueur de Fehling, en deux solutions (Formule Bertrand), exposés dans les mêmes conditions, seule la solution incolore B se décompose avec mise en liberté d'hydrogène, par suite de la photolyse de l’acide tartrique qu'elle renferme. Cette solution prend alors des propriétés réductrices énergiques el réduit à chaud le sulfate de cuivre, ce qui est une cause d'erreur dans les résultats.

Nous avons tenu à confirmer ces résultats en étudiant également l’action de la lumière sur la liqueur de Bertrand. Les essais précédents sur notre réactif et sur la liqueur de Barfæd nous ont montré que ces liqueurs ne présentaient aucun phénomène d’auto-réduction. En même temps que les expériences sur l’acétate de cuivre, nous avons placé, dans des fioles triangulaires de Roux, pour bouillons de culture, un échantillon de liqueur A de Bertrand, un de liqueur B et un autre du mélange à parties égales de ces deux liqueurs. Ces fioles ont été ensuite exposées à la lumière, lumière peu intense car nos essais ont été faits en octobre et novembre.

Nous avons, d’autre part, préparé, dans les mêmes conditions, des échantillons que nous avons conservés à l’obscurité.

Au bout d’un mois environ, nous avons constaté un abondant précipité d’oxydule dans le mélange liqueur À + liqueur B, exposé à la lumière ; le dosage nous montre, d'autre part, une diminution, en cm° Cu N/20, de 2 cm° 70 par prise d'essai : iky a donc eu une réduction très sensible.

Effectuant alors le dosage des échantillons conservés à la lumière et de ceux conservés à l'obscurité, nous trouvons :

Temps de chauffage Cuivre réduit (en minutes). £ (en cm3 Cu N/20).

RS EU à la lumière à l’obscurité.

Les phénomènes d’auto-réduction sont donc beaucoup

plus marqués avec la liqueur conservée à la lumière qu'avec celle conservée à l'obscurité ; cette dernière n’avait d’ailleurs donné aucun précipité d’oxydule, tout au plus une très légère diminution, à peine sensible, dans le dosage du cuivre total.

Avec les liqueurs conservées séparément, nous obtenons les résultats suivants :

Temps de chauffage Cuivre réduit (en minutes). (en cm3 Cu N/20).

à la lumière à l'obscurité. 7 0,20 0,20 15 0,35 0,35 30 0,65 0,70

Nous trouvons donc à peu près les mêmes résultats ; la lumière ne semble pas, par conséquent, avoir eu une influence très manifeste ; cependant, nos essais ayant été faits, après exposition à une lumière peu intense, nous ne pouvons en déduire que la lumière n’a aucune action.

$ III. — INFLUENCE DE LA DILUTION

Nous avons vu précédemment, qu'avec le réactif de Barfœd, l'addition d’eau avait une influence considérable sur la réduction par le glucose ; en milieu alcalin, cette influence paraît bien moindre si l’on en juge par

les résultats suivants :

Glucose Cuivre réduit (en poids). (en cm3 Cu N/20).

Liqueur À + liqueur B

+ H°0 q.s.p'. 40° 0,02 12,40 Liqueur À + liqueur B

Cette étude entraîne, par suite, celle de l'influence de la concentration en alcalin et de la concentration en cuivre dans un milieu alcalin.

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