‹ Québec en 1730Chapitre 5 sur 9 · DIX · texte numérisé non relu

DIX

truction d’une cathédrale à part. M. de Léry écrivait à la cour en 1725 :

1 Sur cette épidémie, voir les Ursulines de Québec, t. IL, p. 15.

2 Trente ans plus tard, une nouvelle épidémie de picote sévit au Canada, Voici ce qu'écrivaient à la cour MM. de Beauharnais et Hocquart le 14 oct, 1733 :

‘ La petite vérole, qui a affligé ce pays depuis la fin de l'automne 1732 jusqu'aujourd’hui, et qui a enlevé près de 2,000 personnes à la colonie, avait épuisé les ressources des particuliers. La suspension de tous travaux s'est nécessairement ensuivie de la disette, les ouvriers et journaliers de Québec devenaient de jour en jour à charge aux gens aisés, et encore plus à nous qu'à tout autre, par des importunités trop fréquentes,

‘Nous n'avons trouvé d'autre expédient pour les tirer de la misère, que de leur procurer du travail, Nous en avons fait passer une partie à Montréal, qui ont été employés utilement aux travaux des fortifications, et nous avons gardé ici ceux qui étaient les plus chargés de famille. Nous les avons employés à former le commencement d'une digue de pierres sèches dans la rivière Saint-Charles, près du palais, ouvrage également utile et avantageux au commerce, et qui procurera aux bâtiments de mer la sûreté et l'abri qu'ils ne trouvent pas à beaucoup près dans l'endroit dit le Cul-de-Sac, à la basse ville, ce dernier endroit étant le seul où les bâtiments pussent hiverner et caréner. Ils y sont exposés aux accidents du feu, lors des carènes, à cause de la petitesse du lieu.... La nouvelle digue remédiera pleinement aux inconvénients, et les bâtiments trouveront, dans le nouveau port qu'elle forme, un hiverne-

ment commode, ,..,.” Sec, I, 1899, 2

“ Les messieurs du chapitre de Québec m'ont assuré qu'ils travaillaient en France pour obtenir de Sa Majeste une loterie, comme on a fait pour la paroisse de Saint-Sulpice à Paris, pour que le revenant bon fût employé à la construction &’une cathédrale à Québec. Ils m'ont demandé un dessin pour cet édifice, J'ai fait un plan avec toutes les élévations et profils, et j'y ai joint un mémoire. J'ai l'honneur de vous les envoyer...” "

C'est sur ce plan de M. de Léry que fut reconstruite en 1745 * l'an cienne cathédrale ou église paroissiale, consacrée en 1666 par MA de Laval, qui existait encore en 1730, et dont Charlevoix faisait la description suivante :

‘ La cathédrale (de Québec) ne ferait pas une belle paroisse dans un des plus petits bourgs de France: jugez si elle mérite d'être le siège du seul évêcké qui soit dans tout l'empire français de l'Amérique, beaucoup plus étendu que n’a jamais été celui des Romains. Son architecture, son chœur, son grand autel? ses chapelles sentent tout à fait l'édifice de campagne. Ce qu'elle a de plus favorable est une tour fort haute, solidement bâtie, et qui de loin a quelque apparence.”4

Telle était l’église où se chauta le premier Te Deum, à Québec, pour

1 Lettre de Chaussegros de Léry au ministre, 29 octobre 1725.

2“Le 23 décembre 1744, il fut décidé dans une assemblée, de rebâtir l'église paroissiale sur le même emplacement, d'après les plans de M. Chaussegros de Léry, ingénieur en chef, La maçonnerie fut confiée à Charles Vallée, François Moreau et Joseph Routier, la charpente à M. de Lorme, maître charpentier. Ici nous touchons aux constructions modernes. Les fondations des lourds piliers de la nef sont de l'église primitive de 1647. Les tours sont de 1684, mais tout le reste date de 1745. Alors en effet l'église fut allongée de 40 pieds et élargie de deux bas-côtés, de 28 pieds chacun.

‘“ Les longs pans étaient en pierre brute recouverte d'un enduit, Un simulacre de pierre de taille régnait autour des croisées aux arcades surbaissées, et des portes à plein cintre. La façade présentait alors, outre les trois portes, deux fenêtres cintrées l’une sur l'autre au-dessus des portes latérales, et une autre entre deux ouvertures circulaires au-dessus de la porte principale. Les travaux furent terminés le 15 novembre 1748, Il y avait juste cent ans que la première église en pierre avait été bâtie. La sacristie était sur la rue Buade.

‘ Pendant le siège de Québec en 1759, toute la partie en bois fut incendiée, à l'exception de la base du clocher, et les murs furent endommagés par les boulets et les obus. On se réfugia d'abord dans la chapelle des ursulines ; et lorsqu'en 1764 fut rétablie la chapelle du séminaire, qui avait également beaucoup souffert, mais qui n'avait pas été détruite, on y fit les offices paroïissiaux. En 1767, on résolut de réparer l’église sur les mêmes plans que précédemment. Les travaux commencèrent en 1767. M. Laflèche fut chargé de la charpence, et M. Charles Vallée, de la menuiserie. On l’allongea de 22 pieds du côté du sanctuaire, en sorte que sa longueur fut de 216 pieds, et la largeur de 94, les murs compris. Elle fut logeable en 1771. Depuis ce temps, les seuls changements qu’il y ait eu à l'extérieur sont dans la façade. Le gouverneur Carleton fit don, en 1775, d’une horloge à trois timbres pour orner le clocher que l’on avait réparé en 1772.” (Québec, ses Monuments anciens et modernes, ouvrage inédit de l’abbé Louis Beaudet.)

8 Voir dans Henri de Bernières, p. 71, des détails intéressants sur cet autel, et sur l’ancienne cathédrale ‘en forme de croix latine ” de Mgr de Laval. 4 Ibid., p. 63.

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la naissance du Dauphin. Celles des récollets et des jésuites, de construction beaucoup plus récente, valaient aussi beaucoup mieux.!

L'église des récollets, au témoignage de Charlevoix, était ‘ digne de Versailles ”. Elle était ornée de vitraux coloriés, et de beaux tableaux dus au pinceau du célèbre frère Luc, Lu flèche de son clocher, que respectèrent les obus en 1759, était d'une pureté de ligne admirable,

Cette église et le monastère qui y était contigu s'élevaient au haut de ce qu'on appelle encore aujourd'hui la place d'armes, en gagnant la rue Saint-Louis, D'après les plans que nous avons, il n'y avait qu'un petit coin du couvent qui entrât dans l'emplacement qu'occupe aujourd'hui la athédrale anglicane. En partant de la rue du Trésor, et montant tout droit vers la rue Saint-Louis, on passe nécessairement sur l'emplacement occupé autrefois par le couvent et l’église des récollets, dont il ne reste plus que le souvenir, Ces édifices étaient donc en face du château : la façade de l’église, le perron à plusieurs marches qui conduisait à la porte d'entrée était presque en droite ligne avec la porte du fort et celle de la résidence du gouverneur, dont les récollets étaient les aumôniers naturels, Le gouverneur n'avait qu'un pas à faire pour aller chez les récollets ; et s'il voulait avoir la messe au château, dans sa chapelle privée, il n'avait qu'à leur en exprimer le désir.

Lorsque Frontenac demandait au ministre, en 1690, de nommer “un aumônier pour la garnison du château de Québec”, ajoutant ‘qu'il était plus nécessaire que celui qu'on avait établi au conseil”, c'est-à-dire, au palais de l'intendant, il voulait sans doute obtenir un traitement pour ces religieux, car ils remplissaient déjà d'eux-mêmes, et de grand cœur, les fonctions d'aumônier.

L'église des jésuites était attenante à l'angle nord-est du collège, et avait le portail au nord, les longs pans d’un côté donnaient sur la rue des Jardins, ceux de l'autre côté sur le jardin des pères. Elle était, comme la cathédrale d'alors, en forme de croix latine, surmontée d’un clocher sur le transept, avec une tourelle carrée à gauche du portail.

Voici ce que Charlevoix écrivait de cette église: “ Elle n'a rien de beau en dehors, qu'un assez beau clocher, Elle est toute couverte d'ardoises, et c'est la seule du Canada qui ait cet avantage, car tout est ici couvert en bardeaux. En dedans, elle est fort ornée. Une tribune hardie, légère, bien pratiquée, et bordée d’une balustrade en fer, peint, doré, et d’un bon ouvrage. Une chaire de prédicateur toute dorée et bien travaillée en fer et en bois ; trois autels bien pris; quelques bons tableaux ; point de voûte, mais un lambris plat assez orné ; point de pavé, mais un bon plancher, qui rend cette église supportable en hiver, tandis qu'on est transi de froid dans les autres. Les colonnes du grand autel sont creuses et grossièrement marbrées,”

1 Le Foru et le Château Saint-Louis, p. 267.

? Kalm, Voyage en Amérique.

Non loin de l'église des jésuites s'élevait le pieux sanctuaire des ursulines, qui existe encore aujourd'hui, Il avait été bénit par MF de Saint-Vallier le 15 août 1722. On avait mis vingt-cinq ans à le bâtir, tant les ressources faisaient défaut à cette époque ; et les principaux personnages de la colonie avaient aidé à sa construction par leurs dons généreux.

L'ensemble des édifices appartenant aux communautés religieuses faisait honneur à la ville, Voici ce qu'écrivait, par exemple, le Suédois Kalm au sujet du couvent des jésuites :

“La maison est magnifique et a une apparence superbe, tant du dehors qu'à l'intérieur : on dirait un vrai palais. C'est un édifice en pierre, à trois étages—outre le grenier, —à toit carré très élevé et couvert en ardoise ; il ressemble au nouveau palais de Stockholm, et renferme entre ses murs une cour spacieuse, Ses dimensions sont telles que trois cents familles pourraient y loger à l'aise, et cependant, dans le moment, il n'abrite pas plus de vingt jésuites.

“Muis quelquefois leur maison en contient un bien plr's grand nombre, surtout au retour de ceux qui ont été envoyés comme missionnaires dans le pays, A chaque étage, il y a un long corridor, sur lequel donnent des chambres, des salles ou d’autres pièces pour les pères

‘Tout y est bien ordonné, et les jésuites sont des mieux partagés ici. Le collège forme une maison à part ; de grands vergers et des jardins potagers coupés de belles allées l'entourent de tous côtés. Outre les arbres de culture, il y a là de nombreux vétérans que la hache du bûcheron a respectés, seuls restes des forêts primitives qui ont vu lescommencements de la ville. On y a planté aussi beaucoup d’arbres fruitiers, et le jardin est rempli de toutes sortes d'herbes et de végétaux... ..”?

Quant aux constructions du séminaire, on sait ce que Frontenac, avec sa pointe de malice ordinaire, en écrivait en 1679 : le séminaire avait été depuis lors détruit par deux incendies successifs; mais il s'était relevé de ses cendres à peu près sur les mêmes lignes :

‘M. l'évêque (de Laval), disait-il, empêche lui-même qu'on en puisse douter (de son revenu) par les grands et superbes bâtiments qu'il fait faire à Québec... Le palais qu'il fait construire, au dire du frère Luc, récollet, qui en a donné le dessin, coûtera plus de 400,000 livres... Le bâtiment est fort vaste et à quatre étages; les murailles ont sept pieds d'épaisseur; les caves et les offices sont voñtés ; les fenêtres d’en bas sont faites en embrasures, et la couverture est d’ardoise toute apportée de France.

‘ Mais ce qu'il y a de plus fâcheux, c'est que ce palais est situé au milieu d’un jardin, qui a été dressé à force de mines et aplani par le moyen de terres apportées d'en bas au haut du rocher sur lequel il est, et qui

1 Les Ursulines de Québec, t. II, p. 109, 2 Kalm, Voyage en Amérique.

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occupe le seul endroit où l'on peut faire un fort pour la défense de la rade de Québec et ds vaisseaux, que l'on ne saurait défendre par aucune batterie si on pe lu fait dans ce jardin..." !

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Jetons maintenant un coup d'œil sur les résidences des trois person: nages les plus en vue dans cette fête patriotique de 1730 : le gouverneur, l'évêque et l'intendant,

Le château Saint-Louis, résidence du gouverneur, s'élevait sur le bord de la côte, juste au-dessus de la basse ville, appuyé sur de très fortes assises, Tel qu'il était en 1730, il avait été bâti par Frontenac dans les dernières années de sa deuxième administration,

C'était un grand bâtiment en pierre, à deux étages, modeste et simple dans son architecture, mesurant environ 120 pieds de longueur sur 35 de profondeur, avec trois pavillons ou avant-corps sur la fagade principale, et deux autres du côté du fleuve. Entre ceux-ci régnait une magnifique terrasse de 80 pieds de longueur sur 12 pieds de profondeur, presque surplombant au-dessus de l'abîme, avec une belle balustrade en fer, et pavée de dalles. ‘On y a une vue splendide de la cité et du fleuve, écrivait Kalm. C'est le promenoir par excellence de l’après-dîner, et aussi de ceux qui ont affaire au gouverneur général, en attendant qu'il puisse les recevoir.”

C'est de cette terrasse, alors réservée naturellement au gouverneur, que, dans la soirée du 11 septembre 1730, les hôtes du château Saint-Louis contemplèrent le feu d'artifice qui se déploya avec magnificence sur la falaise de Lévis ; * 1à aussi, comme nous l'avons vu, se prit le dîner en l'honneur du Dauphin.

Aujourd'hui cette terrasse, agrandie, et dégagée de toutes les constructions qui l’enserraient, est devenue la propriété du public. Le peuple, qui n'avait que la terrasse de l'évêché pour prendre ses ébats, et qui, pour en jouir, avait même été obligé de forcer la consigne, est monté d’un

1 Henri de Bernières, p. 70.

2? L'un de ces pavillons, celui de l'ouest, était de date plus récente que le reste du château. Il avait été bâti par l'intendant Raudot, sous M. de Vaudreuil, Mme de Vaudreuil écrivant au ministre, après son retour au Canada en 1724, lui parlait de la maison que son mari avait fait construire à Montréal pour le gouverneur; puis elle ajoutait :

‘Je vous assure qu’on la trouvera plus solidement, bâtie que n'est le paviilon du château qui vient d'être fait, où tout le bois qu'on y a employé est pourri, et les planchers de mauvais sapins, que M. Raudot sait bien ne pouvoir durer ici en hiver, par rapport aux grappins que les hommes portent sous leurs souliers : la ferrure en est infâme, et plus grossière que n'est celle des maisons des paysans en France. .."

3 Probablement à l'endroit où s'élèvent aujourd'hui l’église Notre-Dame, et la statue de M£r Déziel, qu'on a appelé à juste titre le véritable fondateur de Lévis.

terrasse, à laquelle on a aonné successivement les noms de terrasse Durham, Dufferin et Frontenac,

La façade principale du château, celle où se trouvaient le portique et la grande porte d'entrée—dans le pavillon du milieu,—donnait sur une Vaste cour ayant environ 4 ancres en superficie, entourée d'une muraille de 16 pieds de hauteur, # Du côté de l'ouest, deux forts bastions à chaque 1 angle (de la muraille) étaient unis par une courtine, au centre de laquelle était une porte pour les sorties ; les autres faces de la muraille présentaient des ouvrages d'une description à peu près semblable, mais d'une moindre dimension"! “Un piquet de soldats montait la garde tant devant la grande porte que dans la cour; et à l'entrée ou à la sortie du gouverneur et de l'évêque, ces militaires présentaient les armes, les tambours battant aux champs,” *

Cetie muraille avec ses bastions, c'était le fort Saint-Louis, espèce de citadelle qui renfermait le château, une prison, une poudrière, des corps de gardes et quelques autres bâtiments. L'ensemble ne manquait pas de grandeur ; l'aspect en était imposant,

Tout cela a disparu ; et la citadelle est montée d'un cran, plus forte, plus exposée aux regards, moins accessible au public,

Le promontoire de Québec s'élève, en effet, comme par trois échelons bien distincts. Le château Saint-Louis occupait celui du milieu ; l'évêché | reposait sur l'échelon inférieur : c'était le premier édifice que l'on rencon-

trait à droite, en montant la côte de la basse ville, Il était vaste, ayant été bâti dans le but d'y établir un séminaire. Voici en effet ce qu'écrivait | ME Dosquet en parlant du prélat (M# de Saint-Vallier) qui l'avait | construit : 3 |

“IT est de notoriété publique qu'il voulait établir à l'évêché un sémi- | naire, qu'il a commencé, et qu’il n’a discontinué que faute de sujets. [la | fait arracher de ce bâtiment tout ce qu'il a pu en ôter. Il se repentait de |

l'avoir fait, et s'il avait été en son pouvoir, il l'aurait vendu." 4 | En arrivant au Canada, en 1729, M# Dosquet trouva cet évêché dans

un état pitoyable, et fut obligé d'y faire faire de très coûteuses répara-

tions, Voici ce qu'il écrivait plus tard à la cour à ce sujet : “Je laissai pendant deux ans l'appartement inhabitable, puisqu'on en

avait enlevé le plancher, qui était pourri, et qu'il n’y avait point de pla-

! Bouchette, Description topographique de la Province du Bas-Canada.

? Kalm, Voyage en A mérique.

* ‘Il est probable que ce palais a été bâti avec le secours des gratifications ou des aumônes que M, de Saint-Vallier ramassait dans les voyages qu’il faisait en France : il paraît qu'il ne le regardait pas Comme une maison qui lui était propre...” (Lettre de M£r Dosquet au ministre, 7 sept. 1731.)—‘Mme de Maintenon faisait à M. de Saint-Vallier des gratifications considérables, Lui-même faisait, lorsqu'il venait en France, des quêtes à la cour et dans Paris, Un évêque lui donnait tous les ans 5,000 francs ; d'autres personnes de piété entraient dans les bonnes œuvres, et lui faisaient un revenu annuel.” (Mémoire de Mer Dosquet, 1738.)

* Lettre de Mer Dosquet au ministre, 1731,

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fond. On y avait mis simplement les soliveaux, Pendant ce temps je me tenais dans une mauvaise chambre, ÆEntin, M. de Léry, ingénieur, me représenta que le palais courait risque de tomber, si je n'y remédiais, Comme il est bâti sur une pente, le mur était ouvert de haut en bas. Il fit ôter tous les soliveaux, qu'il jugeait n'être pas assez forts, et il en fit mettre de gros comme des poutres, serrés l'un près de l'autre, et liés avec des bandes de fer pour soutenir le mur qui menaçait ruine, 11 fit aussi recrépir tout le palais, parce que la pluie pénétrait à travers les pierres, et pourrissait les dedans,

“Ces répurations parurent à tous si nécessaires que je crus ne pouvoir refuser de faire ces avances, . ., Si je n'avais regardé que mon utilité personnelle, je me serais logé au séminaire, dans un pavillon que j'ai fait réparer à mes dépens, et où j'ai disposé un appartement pour un évêque. . ., !”

L'évêché était bâti en pierre, mais couvert en basdeaux, I faillit brûler en 1734, Le gouverneur et l’intendant écrivaient à la cour :

“ Le fou prit au toit par des étincelles sorties d’une cheminée. Le bardeau de la couverture s'enflamma si promptement que, sans le secours que nous y fimes apporter, non seulement le palais épiscopal aurait été consumé, mais aurait causé un incendie général à la basse ville, la seule force de la flamme étant capable de transporter bien loin un bardeau léger et combustible tel qu'est le bardeau de bois de cèdre qui est en usage ici. . . . Nous concerterons avec M, l'évêque ce qu'il y aura de plus convenable, ou pour démolir entièrement le comble et y substituer une terrasse à l'italionne, ou, en laissant subsister la charpente, la faire couvrir de planches, de tuiles, d'ardoises, ou de fer blanc.” *

Des trois résidences du gouverneur, de l’intendant et de l’évêque, celle de l’intendant était de beaucoup la meilleurs, la plus comfortable, celle qui avait le plus de mine à l'extérieur. Elle était de date récente, le palais de l'intendant ayant brûlé dans la nuit du 5 au 6 janvier 1713, et ayant été rebâti ensuite.

C'était une bonne et grande maison en pierre, à deux étages, sans compter le rez-de-chaussée, et avec des pavillons ou avant-corps à chaque façade. Elle s'élevait au pied du côteau Sainte-(reneviève, à quelques pas de la rivière Saint-Charles : dans les environs se trouvaient le magasin du roi, le magasin aux poudres, le hangar aux affûts, des corps de garde, etc,

Une lettre de l’intendant Hocquart, en date du 8 octobre 1734, nous donne des détails intéressants sur l'intérieur et les divisions de ce palais : M. Hocquart s'excusait de ne pouvoir loger chez lui le contrôleur de la marino, M. Varin, comme on l'en avait prié:

“ [1] se trouvera au second étage du palais, disait-il, une chambre,

1 Lettre de Mgr Dosquet au ministre, Rome, 6 janvier 1739, ? Lettre de Beauharnais et Hocquart au ministre, 7 octobre 1734.

avec peu de dépense, propre pour y établir le bureau du contrôle, et arranger tous les registres et papiers . . . mais il n'est pas possible que le sieur Varin puisse venir s'y établir et y loger avec sa femme, son domestique et la famille qui pourra lui venir.

“ Le rez-de-chaussée du palais, du côté de l’eau, consiste en caves et salles voûtées, dont partie est employée pour des cuisines, offices, caves pour légumes et à vin, et du côté du nord-est en trois voûtes où sont les archives.

‘“ Le premier étage est vaste, à lu vérité; mais le vestibule la grande salle d'entrée et l'appartement où je loge au sud-ouest ne peuvent pas se diviser. Du côté du nord-est, sont les juridictions et salles des parties, et les bureaux des commis de l’intendance * et de mon secrétaire.

“ Le second étage, si on en excepte la chapelle, n’est propre que pour y loger des domestiques, pour y mettre un garde-meubles, J’y ai seulement une chambre de réserve, et mon secrétaire la sienne. Le reste est en passage, et occupé par trois escaliers, De plus, la partie du nord-est est tellement exposée au vent, à la pluie et à la poudrerie,t qu’elle est inhabitable pour l'hiver.

“ La relation nécessaire d’affaires que j'ai avec M. Varin, surtout pendant l'automne, m'a fait priver avec plaisir d’un cabinet attenant ma chambre, pour la facilité du service, et il peut y arranger, ou dans une autre que je ferai disposer, ses regisires et ses papiers . . .”

Lo roi accordait 300 francs pour la desserte de la chapelle intérieure du palais ; mais l’intendant Champigny se plaignait en 1699 que le service ne s’y faisait pas d'une manière régulière :

‘Sa Majesté a la bonté d'ordonner 300 francs pour la messe dans la maison du palais où je demeure. Non seulement M. l'évêque nous en prive les grandes fêtes de l’année, celles de la Vierge et des apôtres, mais aussi une partie de l'été. Cependant, ajoutait-il, il y a beaucoup de nécessité de l'y faire dire tous les jours, tant à cause du conseil et de la

1 Jean-Victor Varin, conseiller et contrôleur de la marine, avait épousé à Montréal l’année précédente, 19 octobre 1733, Charlotte Liénard de Beaujeu.

2 Ce vestibule, au-dessus duquel était la chapelle, était ‘ pavé de pierre plate ” (Lettre de Beauharnais au ministre, 5 novembre 1729).

# Les emplois dans le service civil étaient aussi recherchés qu'aujourd'hui, M. Lanouiller de Boiselair écrit au ministre le 28 octobre 1756 : ‘Je vous supplie de vouloir bien accorder à mon fils aîné, qui a 17 ans, une place d'élève dans les bureaux de l’intendance. M. Hocquart a bien voulu l’employer en cette qualité depuis un an, et il m'a paru assez content de son travail. Je me flatte que dans quelques années il se rendra capable de remplir une place d'écrivain, et qu’il se mettra en état de mériter vos bontés .. .”

+ Notons ici ce mot poudrerie, un mot ‘‘ du cru canadien ”, suivant l'expression d’Oscar Dunn. Des Français comme M. Hocquart et Montcalin ne craignent pas de l’'employer, même dans leurs dépêches officielles, parce qu’il exprime parfaitement ce qu'ils veulent dire :

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prévôté, que pour les prisonniers, et les infirmes du quartier, qui est bien peuplé, se rencontrant plus de difficultés à aller de 1à à la paroisse pendant l'hiver, que de la basse ville.”

Du reste, peut-être par esprit d'opposition au gouverneur, dont la chapelle était desservie, comme nous l’avons vu, par les récollets, les intendants no voulaient pas de ces religieux pour aumôniers! Le chapitre, qui était chargé de la desserte du palais, aurait aimé à y envoyer quelquefois un récollet; mais l’intendant s'y opposait, et s'était fait donner des instructions par la cour à ce sujet. M. Hocquart écrivait au ministre en 1731 :

‘J'exécuterai exactement vos ordres, disait-il, en ne me relâchant point sur l'obligation où sont les chanoines de faire dire par l’un d’eux la messe au palais, ainsi qu'ils y sont obligés par les lettres patentes du mois de septembre 17137 Je continuerai, au surplus, de fournir à celui qui est dans l'usage de l’acquitter, une voiture, dans les mauvais temps.” #

J'ai essayé de donner une idée aussi exacte que possible de l'aspect physique de Québec en 1730. Quant à son aspect social, voici ce que Charlevoix écrivait dix ans auparavant : il n'est pas probable que le tableau eût beaucoup changé :

“On ne compte guère à Québec, disait-il, que sept mille âmes; mais on y trouve un petit monde choisi, où il ne manque rien de ce qui peut former une société agréable. Un gouverneur général avec un état-major, de la noblesse, des officiers et des troupes; un intendant avec un conseil supérieur et les juridictions subalternes ; un commissaire de marine, un grand prévôt, un grand voyer et un grand maître des eaux et forêts, dont la juridiction est assurément la plus étendue de l'univers; des marchands aisés, où qui vivent comme s'ils l’étaient ; un évêque et un séminaire nombreux; des récollets et des jésuites; trois communautés de filles, bien composées; des cercles aussi brillants qu'il y en ait ailleurs chez la gou vernante et chez l’intendante : voilà, ce me semble, pour toutes sortes de personnes, de quoi passer le temps fort agréablement.

“Ainsi fait-on, et chacun y contribue de son mieux. On joue, on fait des parties de promenades; l’été en calèche ou en canot, l'hiver en traîne sur la neige ou en patins sur la glace. On chasse beaucoup ; quantité de gentilshommes n'ont guère que cette ressource pour vivre à

leur aise, 1 Lettre de Mer Dosquet au ministre, 7 septembre 1731.

2 Edits et Ordonnances, t. I, p. 339.

3 L'intendant, du reste, se contentait assez facilement d’un prêtre séculier, quand même il n'était pas chanoine. L’aumônier du palais fut assez longtemps un abbé Richard, qui, après avoir été curé de Saint-Thomas, s'était retiré du saint ministère, (Jugements du Conseil supérieur, 17 juillet 1724.—Lettre de Beauharnais et Hocquart au ministre, 25 octobie, 1729.)

“Les nouvelles courantes se réduisent à bien peu de choses, parce que le pays n’en fournit presque point, et que celles d'Europe arrivent tout à la fois, mais elles occupent une bonne partie de l'année. On politique sur le passé, on conjecture sur l'avenir. Lessciences et les beaux-arts ont leur tour, et la conversation ne tombe point.

“ Les Canadiens, c’est-à-dire les créoles du Canada, respirent en naissant un air de liberté qui les rend fort agréables dans le commun de la vie, et nulle part ailleurs on ne parle plus purement notre langue. On ne remarque même ici aucun accent.

“On ne voit point en ce pays de personnes riches, et c'est bien dommage, ar On y aime à se faire honneur de son bien, et personne presque ne s'amuse à thésauriser. On fait bonne chère, si avec cela on peut avoir de quoi se bien mettre ; sinon, on se retranche sur la table pour être bien vêtu. Aussi faut-il avouer que les ajuste . ents font bien à nos créoles. Tout est ici de belle taille, et le plus beau sang du monde dans les deux sexes; l'esprit enjoué, les manières douces et poiies sont Communes à tous ; et la rusticité, soit dans le langage, soit dans les façons, n'est ES 8 même connue dans les campagnes les plus écartées. . . .

‘ l'out le monde à ici le nécessaire pour vivre; 6n y paie peu au rOi ; l'habitant ne connaît point la taille ; :! y a du pain à bon marché ; la viande et le poisson n'y sont pas chers ; mais le vin, les étoftes et tout ce qu'il faut faire venir de France y coûtent beaucoup. Les plus à plaindre sont les gentilshommes et les officiers qui n’ont que leurs appointements et qui sont chargés de famille. Les femmes n’apportent ordinairement à leurs maris que beaucoup d'esprit, d'amitié et d'agréments, et Dieu répand sur les mariages, dans ce pays, la bénédiction qu il répandait sur ceux des patriarches.

A ce tableau, peut-être un peu flatté, du P. Charlevoix, la sœur | Duplessis, avec son impitoyable pinceau, ajoute quelques ombres néces- | saires : ! | “ Nous sommes, écrivait-elle en 1739, dans un pays qui devient plus |

dur que jamais : nous n’y voyons rien qui puisse plaire ; on n’y parle que de misère, de mauvaise foi, de calomnie, de procès, de divisions. Tout le | monde se plaint, et personne ne remédie à rien. Je crois que Dieu châtie | cette colonie pour les crimes qui s’y commettent, et les bons souffrent | avec les méchants, les uns pour s'épurer, les autres pour faire pénitence.” Elle ajoutait, à propos d’un fléau que la mère de l'Incarnation déplo- À rait déjà de son temps : ? F “ La médisance et la calomnie règnent en Canada au delà de ce qu'on en peut penser. Notre vocation nous expose à une grande communication avec le prochain, en sorte que, malgré notre profession régulière, nous n’ignorons presque rien des mauvais bruits d'une ville.” 1 Lettres de la R. M. Marie-André Regnard-Duplessis de Sainte-Hélène, de

l'Hôtel-Dieu de Québec.

2 Lettres de Marie de l'Incarnation, édit. Richaudeau, t. IT, p. 142.

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[GosseLin] QUÉBEC EN 1730 27

M. de Beauharnais, gouverneur du Canada, expliquait d’une manière très plausible cette manie de faire des commérages qu'il avait tror vée au Canada à un degré alarmant :

# Ce qui donne occasion, disait-il, en ce pays-ci, à tous ces faiseurs de ‘apports, c’est le peu d'occupation pendant l'hiver, et le vide de nouvelles depuis le départ des vaisseaux jusqu'à leur retour.”

Il s'afHigeait d’être souvent lui-même l'objet de tous ces bavardages,. Ecrivant un jour au ministre :

‘“ Permettez-moi, disait-il, de vous représenter, monseigneur, à l'occasion des calomnies répandues contre les uns et les autres, et de celles qu'on a écrites contre moi, que s'il est permis d’en imposer à la cour sans en rien craindre, il n'y point de galant homme dans ce pays—où la calomnie me paruît régner à l’excès-—qui ne soit exposé aux traits les plus malins de ces sortes d'écrivains, ce qui aurait de grands inconvénients.”

Quant à la misère matérielle dont se plaignait en 1730 la sœur Duplessis, elle s'expliquait en grande partie par la rigueur extraordinaire de l'hiver que l'on venait de traverser, M. Hocquart écrivant le 16 mai : “ L'hiver a été fort long cette année, disait-il: l’on ne fait actuellement que de commencer les semences.” Et l'hiver précédent n'avait pas été moins rigoureux :

“ L'hiver de 1729, dit Garneau, fut pour le Canada ce que celui de 1709 avait été pour la France. Les habitants furent obligés de vivre de bourgeons, et de ce qu'on regardait alors comme n'étant guère plus nourissant, de pommes de terre. Plusieurs personnes moururent de faim. C’est pendant cette disette, en 1730, que le gouvernement fit faire à Québec la digue du Palais, recouverte aujourd’hui par des quais, pour occuper les habitants et former un abri où cent bâtiments pussent trouver un hivernage commode.”

La sœur Duplessis écrivait encore en 1729 : “ Nous avons passé une triste année, qui n’a été que la suite des troubles qui se sont élevés dans ce diocèse depuis la mort de MF de Saint-Vallier. Nous avons vu. il y a deux ans, une guerre ouverte entre le chapitre et le conseil. IT Y eut plusieurs arrêts rendus, des conseillers exilés par notre gouverneur, qui ont été rétablis, cette année, par ordre de la cour.”

Les troubles soulevés à Québec et dans tout le pays, à l’occasion de la mort et de la sépulture de M“ de $Saint-Vallier, l'incertitude dans beaucoup d’'esprits au sujet des représentants véritables de l'autorité ecclésiastique, la guerre ouverte du conseil supérieur et de l’intendant contre le chapitre, la rigueur déployée par le chapitre contre quelques communautés religieuses, puis enfin la longueur de l'interrègne épiscopal,' tout

? Il n'y eu pas interrègne, dans ie sens strict du mot, puisque M£' de Mornay, coadjuteur cum futurä successione de M£r de Saint-Vallier, devint évêque de Québec, ipso facto, à la mort du prélat, le 26 décembre 1727. Mais il était en France, et bien

RE ue sens - —

28 SOCIÉTÉ ROYALE DU CANADA cela avait créé une grande perturbation morale à Québec. L'arrivée de

l'évêque dans l'automne de 1729 avait un peu calmé les esprits ; mais il y avait encore du malaise,

M# Dosquet, évêque de Samos in partibus, qui administrait le diocèse de Québec en 1730, est le seul évêque de la Nouvelle-France, sous l’ancien régime, qui ne fut pas français Il était Flamand, natif du diocèse de Liège, dans les Pays-Bas? C'est précisément à sa qualité “ d’étranger ” au royaume que MM. de Beauharnais ct Hocquart attribuaient en partie le peu de succès qu'il avait eu au Canada. Ecrivant à la cour lors de son départ de Québec en 1735 :

“Nous sommes persuadés disaient-ils, que M# intentions droites et Canada.

Dosquet n’a eu que des pures pendant le temps qu'il a gouverné l'Eglise du Mais il a eu le malheur que la plus grande partie des ecclésiastiques et les communautés religieuses ont rega comme trop absolu, ce qui a éloigné la confiance auraient pu avoir en lui,

rdé son gouvernement que Îles uns et les autres

‘ Peut-être aussi qu'étant né hors du roy aperçu en sa personne des sentiments aussi évêque fran

aume, les peuples n’ont point tendres qu'aurait pu avoir un çais, comme l'étaient ses prédécesseurs.” 3

décidé à ne jamais passer au Canada.

Au printemps de 1728, ne se croyant encore que coadjuteur,

il donna sa démission en cette qualité; mais cette démission se trouva nulle, puisqu'il était déjà, sans s'en douter, évêque de Québec : et lorsqu'il apprit qu'il avait ainsi succédé à Mer de Saint-V sion de son siège, y compris les revenus (Lettre de Me Dosquet au ministre, 29 août 1730), ce qu'il fit en effet par procuration dans l'automne de 1728, sans vouloir pour cela passer en Amérique. Il y eut donc quasi-interrègne à Québec, tant qu’on n'y eut pas de nouvelles de M£r de Mornay, et un interrègne d'autant plus fâcheux, que l’on était divisé sur la question de savoir quel était, dans ce cas, du chapitre avec Son vicaire Capitulaire, ou bien de l'archidiacre M. de Lotbinière, le représentant légitime et canonique de l'autorité ecclésiastique. avec moins d’inconvénients, jusqu'à l’arrivée, dans l’automne de 1729, de Mer Dosquet, qui venait administrer le diocèse comme condjuteur de Mgr de Mornay. Celui-ci se démit de son évêché le 12 septembre 1733. et mourut le 28 novembre 1741, à l'âge de soixante et dix-huit ans, ‘écrasé par un carosse ” dans les rues de Paris, nous apprend un chroniqueur, Mer Dosquet quitta le Canada en 1735 pour n’y plus revenir, se démit, lui aussi, de son évêché en 1739, et mourut à Paris en 1777 à l'âge de quatrevingt-six ans.

allier, il résolut de prendre posses-

L’interrègne se prolongea, mais

lIlétait déjà évêque lorsque Mer de Mornay le demanda et l’obtint pour son coadjuteur en 172

28, ayant été sacré à Rome en 1725 par le pape Benoit XIII Il n'avait pas été fait évêque pour le Canada, mais pour les Indes, où il devait aller comme vicaire apostolique.

? Vie de la Sœur Bourgeois, par l'abbé Faillon, t. II, p. 282,

% On l’a fait naître à Lille. (Liste chronologique de M. Noiseux.—Les Evéques de Québec, par Mer Têtu.) C’est évidemment une erreur. Lorsque M£& Dosquet naquit en 1691, il y avait déjà longtemps que Lille appartenait à la France, et que Louis XIV avait incorporé à son royaume cette partie des Flandres, appelée la Flandre française. Non: Mer Dosquet est né à Liège (Luick), dans le diocèse de

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