NOTRE-DAME DES VICTOIRES
L'histoire de cette église est résumée dans les inscriptions de ses murs. Sa fondation y est consignée dans des termes qui en font un événement : car ils rappellent que c'est sous le ponticat d'Innocent XI, sous le règne de Louis XIV, pendant Tépiscopat de François de Laval, et alors que le marquis de Denonville était gouverneur de la Nouvelle-France, que la première pierre fut posée.
Elle fut dédiée alors à l'enfant Jésus. Mais elle était à peine terminée et ouverte au culte, que l'amiral Phipps parut devant Québec avec sa flotte formidable destinée à l'anéantir.
Le comte de Frontenac avait remplacé M. de Denonville, et l'on connaît les péripéties de ce siège mémorable. Le bombardement de la ville dura plusieurs jours, et le danger de la colonie était imminent. Les dames de Québec, très alarmées, supplièrent la sainte Vierge de délivrer leur ville, et firent vœu d'aller en pèlerinage à l'église de la basse ville. Trois jours après, Phipps leva le siège, et toute la population célébra sa délivrance par de grandes fêtes religieuses et des processions.
La petite église reçut à cette occasion le nom de Notre- Dame de la Viéloire.
Louis XIV fut si heureux d'apprendre ce triomphe, qu'il fit frapper une médaille pour en perpétuer le souvenir. On en voit le dessin reproduit en peinture au-dessus de l'autel aéluel de l'église. C'est un petit tableau original et naïf.
La France viétorieuse y est représentée assise sur des trophées et des drapeaux au pied de deux arbres du pays ; un castor va se réfugier auprès d'elle, et le dieu sauvage du fleuve épanche son urne aux pieds de la France, qu'il contemple avec admiration. On y lit cette inscription latine : Kebeka liherata M.D.C.X.C.^ et en exergue : Frauda in nova orbe victrix. '' Québec délivré, 1690. La France viélorieuse dans le nouveau monde." '
Vingt et un ans après, Québec fut menacé d'un nouveau danger. Une flotte anglaise formidable, commandée par l'amiral Walker, entra dans le fleuve en destination de Québec, et pour en faire le siège.