I. Nouvelle batterie de deux canons
K. Palais de l'intendant.
M. Porte du Palais.
N. Redoute du Dauphin et casernes.
O. Redoute du Roi et casernes.
P. Batterie du Clergé : vingt-huit canons.
Q. Maison du commandant.
R. Poudricre.
Naturellement, les autorités françaises avaient prévu ce mouvement, et depuis quelques semaines les troupes étaient campées à Beauport et travaillaient à s'y fortifier.
De leur côté, les soldats anglais débarqués à la pointe Lévis n'y restaient pas inaélifs, et ils y dressèrent des batteries qui commencèrent à bombarder Québec dans la nuit du 12 juillet.
Hélas ! ce bombardement devait durer deux mois, et les batteries de la ville ne pouvaient riposter et imposer silence aux artilleurs anglais : elles manquaient de munitions.
La basse ville fut en grande partie démolie et incendiée. La façade du château Saint-Louis fut criblée de boulets. Dans un mémoire adressé aux évêques de France par M*' de Pontbriand, ce prélat disait : '^ Cent quatre-vingts maisons ont été incendiées par des pots-à-feu ; toutes les autres criblées par le canon et les bombes. Les murs de six pieds d'épaisseur n'ont pas résisté ; les voûtes dans lesquelles les particuliers avaient mis leurs effets ont été brûlées, écrasées et pillées pendant et après le siège. L'église cathédrale a été entièrement consumée...."
Pendant que les batteries de Lévis démolissaient peu à peu Québec, celles de Montmorency bombardaient le camp de Beauport, mais sans grands résultats.
Wolfe cherchait sa voie. Dans la nuit du 18 juillet, trois de ses vaisseaux remontèrent le fleuve, et allèrent mouiller à l'embouchure de la rivière Etchemin. Dans la crainte d'un débarquement de ce côté, six cents hommes de la marine française, commandés par le major Dumas, se rendirent sur les lieux pour s'y opposer.
Le 28 juillet enfin, Wolfe se décida à faire une tentative du côté de Beauport. Tout en bombardant Québec avec plus de violence, il fit les préparatifs d'une double attaque sur les gués de la rivière Montmorency, où il envoya des détachements, et contre les redoutes que les Français avaient élevées sur les hauteurs de Beauport. Le 31 juillet parut à Wolfe le jour favorable à l'exécution de son projet, car une forte brise du sud-ouest allait favoriser le mouvement de ses vaisseaux. Vers onze heures, deux transports, armés chacun de vingt canons, mirent à la voile et
vinrent s'échouer à une portée de fusil du camp français, en face de la redoute Johnstone.
^^ Peu après/' dit Tabbé Casgrain, dont nous résumons le récit, ^^un vaisseau de ligne de soixante-quatre canons, monté par l'amiral Saunders, vint s'embosser un peu plus bas, vis-à-vis la redoute de Test."
Dès qu'ils furent en position, ces trois vaisseaux ouvrirent une vive canonnade sur le front des retranchements français, pendant que les quarante gros canons placés sur la rive gauche du saut Montmorency, les prenaient en flanc. Les forces françaises se concentrèrent vers le fleuve, pour défendre les tranchées, mais elles n'avaient que vingt canons, de moindre calibre, à opposer aux cent quarante bouches à feu des Anglais.
Bientôt, trois ou quatre cents embarcations, chargées de carabiniers, se détachèrent de Lévis et de l'île d'Orléans, et vinrent se placer en arrière des deux transports échoués.
La canonnade continuait, mais ne produisait pas tout l'effet que Wolfe en attendait. Ni les troupes régulières, ni les Canadiens ne lâchaient pied, et Lévis, qui dirigeait la défense, donnait ses ordres avec un sang-froid admirable, sans se soucier des boulets qui pleuvaient à ses côtés. Du quartier général, Montcalm surveillait les opérations, prêt à se porter où besoin serait avec les bataillons qu'il avait sous la main.
A une heure et demie de l'après-midi, une colonne anglaise, forte de deux mille hommes, fit mine d'aller attaquer les gués de la rivière Montmorency, défendus par le capitaine de Repentigny (l'un des héros de la légende du Chien d'or) ; et Lévis envoya à ce dernier cinq cents Canadiens et les sauvages, comme renfort. Mais ce n'était qu'une feinte, et, quand la colonne anglaise rétrograda, les Canadiens revinrent aux retranchements.
Le soir venait ; et comme la marée achevait de baisser, l'embouchure de la rivière Montmorency était guéable. Wolfe crut que le moment était venu pour lui de faire un grand effort.
Ses troupes de terre descendirent la falaise de Montmorency, se formèrent en colonne sur la grève, et franchirent le gué. En même temps, les embarcations s'approchèrent du rivage, et les
Légende du plau du Saint-Laurent, de Sillery aux chutes de Montmorency,
et des opérations du siège de Québec, fait sous le commandement
du vice-amiral Saunders et du major- général Wolfe,
au 5 septembre 1759.