‹ Québec et Lévis à l'aurore du XXe siècleChapitre 31 sur 35 · DEUX CIMETIÈRES PROTESTANTS · texte numérisé non relu

DEUX CIMETIÈRES PROTESTANTS

chantées, se réuniront au-dessus de vous en couronne aux mille couleurs. Les restes des héros qui vous entourent, tressailliront peut-être auprès des vôtres ; les derniers indigènes dont vous avez reproduit la plainte, erreront autour de cette enceinte ; vous entendrez peut-être des bruits étranges, et vous direz encore comme en vos vers harmonieux :

Perfide illusion, au pied de la colline, C'est l'acier du faucheur.

'* Cette foule religieusement émue va s'écouler; le silence va se faire en ces lieux, la nuit va descendre, mais à votre égard le silence et la nuit ne se feront jamais dans nos âmes/'

Deux cimetières protestants

Celui de Saint-Mathieu, rue Saint-Jean, est le plus ancien, je crois, des cimetières existant, excepté ceux des monastères et les cryptes des églises. Plusieurs de ses tombeaux sont en ruines, et quelques pierres tombales y sont si vieilles que les inscriptions en sont effacées.

Quand le cimetière Mount Hermon a été établi, plusieurs des morts qui reposaient dans celui de Saint-Mathieu en ont été exhumés et transportés à Mount Hermon. Mais il en reste encore quelques-uns qui sont dignes de mention : Thomas Scott, frère de sir Walter Scott, paie-maître du soixante-dixième régiment, en garnison à Québec, en 1823. Il était poète, comme son illustre frère, et celui-ci l'appelait the nnknown geuius. Le brigadiergénéral Henry Hope, qui mourut en 1789, et qui fut lieutenantgouverneur de la province de Québec. Le lieutenant général Peter Hunt, mort en 1805, et lieutenant-gouverneur du Haut- Canada. Jacobus Kerr, qui fut un de mes prédécesseurs, vice admirabilitatis jiidex^ dit Pépitaphe. Thos Carey, T ancêtre littéraire

de mon ami George Stewart, puisqu'il fut le premier réda<5leur du Mercury, en 1805 !

Le cimetière de Mount Hermon est beaucoup plus vaste que celui de Belmont. Il est aussi plus accidenté, plus pittoresque, et descend par gradins réguliers vers le fleuve, jusqu'à la falaise escarpée, d'où il domine la vaste nappe d'eau et commande un large et splendide horizon.

Il est entouré d'une haute futaie de pins et autres arbres résineux ; et ses allées sinueuses sont ombragées d'érables, de chênes, d'ormes et autres essences. Tous les tombeaux sont couverts de fleurs, et sur la verdure des gazons et des arbres se dessinent, en relief, les marbres et les granits rouges, gris et blancs. Les monuments funéraires sont assez somptueux, mais peu variés de forme. Ce sont toujours des obélisques, des colonnes, des urnes posées sur des piédestaux, des croix; mais aucune œuvre de sculpture proprement dite.

Peu ou point d'épitaphes ; des noms seulement et des dates. Mais un nom et une date contiennent quelquefois bien des choses, et ils disent toujours beaucoup aux parents et aux amis des défunts.

Le cimetière de Mount Hermon est beaucoup plus peuplé que toutes les autres nécropoles de la ville ; mais puis-je bien appliquer ce mot "peuplé" à un champ funèbre? Eh! pourquoi

Moiiuiiient de Wolfe.

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