LEÇON DE GRAMMAIRE
La nouvelle orthographe allemande.
CERTIFICAT D'APTITUDE PRIMAIRE (ALLEMAND
Le Trompette de Sâkkingen.
La Saint-Fridolin (suite).
En hochant la tête, un farouche marinier, sur un radeau de sapin grossièrement assemblé, fit passer là l'étranger. Inculte était l'île ; tilleuls et aulnes foisonnaient dans le sol marécageux, et sur la rive aux innombrable galets se dressaient de vieux saules, se dressaient quelques huttes au toit de chaume. C'est là qu'en été, quand
le grand saumon de mer remonte le Rhin, les pôcheurs alamans, avec leurs lances acérées, venaient le guetter.
Page 54. — Vers 20. — Mit Kopfschûtteln, avec des hochements de tête. On sait que le participe présent français est souvent rendu en allemand par un iniinitif ; p. ex. : en lisant, beim Leaen ; en écrivant, beiin Schreiben ; en courant, Un Laufen ; ou par un substantif: il est mort en combattant pour la patrie, er starb im Kampfe fûrs Vaterland ; il a acquis une belle fortune en travaillant ; er hat sich ein schônes Vermôgen diirch seine Arbeit erworben, etc.
Vers 22, — Wild ; ici, farouche, et non sauvage ; ce dernier sens est tout spécial. Le plus souvent wild^ en dehors de l'idée de non civilisé, en parlant des personnes, doit être traduit par fougueux, impétueux, bruyant, turbulent ; par ex. : wilder Knabe, garçon turbulent; diewilden Kinder, les enfants bruyants. Cmp. : Und der wilde Knabe brach | 's Rôslein auf der Heiden (Goethe Heidenrôslein).— Ihn zausen bei dem weissen Bart I Nach solcher wilden Buben Art. (W. MûUer. Frûhlingseinzug). — Fuhr ûber, passer, faire, passer, franchir. Ober, on le sait, n'est séparable que dans le sens de passer par dessus, franchir un obstacle. Er setzte ûber, — Fahren est ici actif, comme page 52.
Vers 23. — Rauh; V rude, âpre, rigoureux; 2° brut, informe; 3* (en parlant d'une contrée, et c'est ici le cas), désert, stérile.
Vers 24' — Wuchern, V verbe neutre, se multiplier rapidement, pulluler, foisonner, exubérer ; 2° verbe actif et réfléclii, gagner, ramasser par l'usure.
Vers 26, — Weidenbaum ou die Weide, le saule ; ne pas confondre die Weide, le saule, avec die Weide, le pâturage.
Vers 2g, — Der Meerlaclis, aussi Salm ; le grand saumon est un poisson de mer. — Seine Rheinfahrt macht, fait son voyage du Rhin. Au moment du frai, en mai, le saumon remonte en bandes les fleuves en Allemagne, surtout le Rhin, l'Elbe, l'Oder et le Weser; il remonte jusqu'à ce qu'il trouve un fond plat et gréveux. C'est là aussi que les pêcheurs le guettent et le prennent.
Sans se rebuter, le saint se mit à l'œuvre ; elle s'éleva bientôt sa maison de bois, solidement fixée dans le sol, devant la maison l'arbre de la croix. Et, quand le soir, sa clochette sonnait au loin VAi>e Maria et que, pour prier, il s'agenouillait devant la croix, maint habitant de la vallée du Rhin regardait avec appréhension, là-bas, du côté de l'île.
Il était récalcitrant l'Alaman ; il haïssait jadis les dieux des Romains, il haïssait maintenant le Dieu des Francs qui à Zulpich, comme la foudre, avait terrassé leur armée.
Vers 4' — Blockhaus, maison faite de troncs d'arbres superposés, maison en bois. Gomme terme militaire : fortin en bois, redoute en madriers, blockhaus.
Vers g. — Am Kreaz, au pied de la croix ; cmp, ani Derg, au pied de la montagpie.
Vers II, -^ Scheu, qui s'effraye, s'effarouche, timide, peureux, farouche, ombrageux (en parlant des chevaux) ; scheu werden (en parlant des chevaux), s'emporter, prendre le mors aux dents.
Vers i5. — Wetter ; ici pour Donnerwetter.
Vers i6, — Die Heerschaar = das Heer^ rarmée. L'expression Heerschaar est surtout employée dans le style biblique ou soutenu. Der Gott der Herschaaren, le dieu des armées ; die himmlischen Herschaaren, Tarmée céleste.
Quand les soirs d'hiver, le paresseux maître de la maison était couché paresseusement sur une peau, et que les femmes lâchaient la bride à leur langue agile et bavardaient de ceci et de cela : comment le lait avait tourné dans la cruche, comment le tonnerre était tombé sur la maison, comment le jeune homme à la chasse au sanglier avait été blessé grièvement par le boutoir d'un sanglier mâle, alors gravement la vieille grand'mère Alamane disait : de cela, personne d'autre n'en est cause, que là-bas de l'autre côté dans l'île du Rhin, ce pâle étranger diseur de prières. Ne vous fiez pas au Dieu des Francs, ne vous liez pas au roi Chlodwig. Et ils craignaient l'étranger.
Vers ig. — Die Weibervôlkery mot à mot : les peuples de femmes, la gent féminine. Terme ironique pour die Weiber,
Vers 20, — Spazierejif est pïesque toujours suivi d'un infinitif, indiquant la manière dont on se promène, comme spazieren gehen^ reiterij fahren ; spazieren fiihren. Dans le style familier, humoristique, on le trouve seul : auf-und ahspazieren ; nur hereinspaziert.
Vers 21 y 23, 25. — Suppression de l'auxiliaire sein ou haben dans les propositions subordonnées ; cette suppression est très fréquente en allemand. Voir Revue f xvii, n° i, page 37. — Der Blitz,Véc\ai\r; les Allemands disent : der Blitz fàllt; en français, nous disons le tonnerre tombe. — Gefahren, voir Revue, mars 1900, p. 89, vers 20.
Vers 24» — Saujagd = Wildsau = Wildschwcinjagd,
Vers 25, — Keuler, le sanglier mâle. Eber est le terme habituel pour désigner le porc, le cochon mâle. Keuler est une expression de chasseur et ne s'applique qu'au sanglier, et cela particulièrement quand il a trois ans, comme Hauer se dit du sanglier à six ans. Le ternie Keuler vient du nom de l'arme avec laquelle le sanglier se défend : Keile ou Keule ; dans le peuple, on dit : Das Wildschwein keilt. — Schwer, lourd, ici : grièvement. Er ist schwer verwundet, il est grièvement blessé.
Une fois, c'était la fôte solsticiale, ils se rendirent dans son île, burent là, suivant la vieille coutume du pays, de l'hydromel dans d'énormes cruches et ils voulurent se saisir du saint homme. Mais celui-ci avait descendu le Rhin. « Aussi nous allons laisser à l'homme pâle un souvenir de notre jour de fête î » Et les brandons volèrent dans la hutte de Fridolin et ils bondissaient à travers les flammes aux cris d'allégresse : « Gloire et louange à Wodan ! » Silencieuse et contente, la grand'mère voyait cela de loin. Sinistre, sa face ridée brillait, éclairée par les flammes.
Page 56. — Vers 5. — Sonnenwendfeier, On appelle Sonnenwenden, Sonnenstillstandspunkte, Solstitien ou Solstitialpunkte, les deux points de l'écliptique les plus éloignés de l'équateur (a3 degrés 27 min.) ; l'un est
— go —
le solstice d'été, l'autre le solstice d'hiver. On les nomme ainsi parce que le soleil se tourne ou se retourne (wendet) pour ainsi dire en ces points et retourne de nouveau vers l'équateur dont il s'était éloigné jusque là. Ici c'est l'époque que l'on désigne par Sonnenwende ; les Germains la célébraient par de grandes fêtes.
Vers 8. — Meth, hydromel, boisson fermentée faite avec du miel et de l'eau ; jadis connue dans toute l'Europe. Parfois, pour donner plus d'arôme à l'hydromel, on y ajoute des groseilles, des cerises, des framboises, des épices et des herbes. — Tranken ans, voir Revue de mars, page 38.
Vers .9. — Fahten aufj de fahen verbe qui n'est plus g^ère usité qu'en poésie pour fahnden, fangen ; fahnden auf, courir sus à, poursuivre, chercher à saisir, à arrêter.
Vers 16. — Wodan : Odi/i, chez les Scandinaves ; Woden, chez les anglo-saxons et les frisons ; Wodan, chez les saxons, les alamans et les bavarois. C'est le maître souverain des Dieux, le Allçater^ Menschenvater, le père de tous, le père des hommes ; avec Donar et Ziu, il forme la trinité Scandinave.