‹ Quelles Considérations à propos du CongrèsChapitre 33 sur 60 · PA TUE · texte numérisé non relu

PA TUE

arrêt du 18 février 1677, à la suite du réquisitoire retentissant de l'avocat général de La Moignon.

Mais une question se pose.

Pouvait-on diagnostiquer l'impuissance | autrement que par le Congrès? Pouvait-on, en un mot. faire utilement un examen séparé des deux parties adverses.

Il me semble que oui. |

L'hydrocèle, la hernie inguinale, l’orchite rhumatismale, l'orchite tubercuieuse, l'hématocèle, le spermatocèle, le sarcocèle, l’amputation du pénis pour cancer ou par traumatisme, l’hypospadias, le phimosis, leS injections astringentes peuvent être facteurs d’impuissance, tout comme l'épuisement par excès antérieurs et exigeant de l'habileté de la part de la femme, la peur d’être malhabile, l'imagination (dans les cas où un sort avait été jeté), voire même l'excès de puissance, sont des causes d’impuissance masculine. Nous avons cité plus haut les causes féminines.

Or, on connaissait tout cela.

Dionis opérait l’hydrocèle, la hernie, l’hypospadias, le phimosis; Bouisson (!), le célèbre doyen de la Faculté de Montpellier, nous explique que le phimosis peut porter gêne à l’acte de la copulation, mais qu'il se voit et se traite par la circoncision pratiquée de tous temps par les Juifs depuis Abraham, qui se circoncit lui-même sur l’ordre de Dieu. Bouisson qua-

() Œuvres, T. IV, page 3 et seq., Paris, Masson, 1909,

Op

lifie cette opération d’ «insignifiante ». Janberthon remarque qu’ « un autre vice d’éjaculation, et auquel les hommes sont encore fort sujets, dépend des tumeurs ou duretés qui se forment dans les corps caverneux de la verge et qui affaiblissent et empèchent l'action des organes destinés à chasser la semence », Le même auteur signale aussi ®) le danger des injections astringentes. « Je ne saurais trop le répéter, dit-il, les injections astringentes, et contre lesquelles tous les bons praticiens crient ®, exposent toujours plus ou moins ( les malades à des rétentions d'urine, dont quantité meurent, ou du moins les réduisent-ils à la dure nécessité de ne les rendre un jour que goutte à goutte (, suscitent des dépôts urinaux d'où il résulte des fistules inguérissables, en un mot, détruisent des millions de générations dans un seul homme, par l'impossibilité où il se trouve de faire des éjaculations directes.

« Si ces remèdes sont susceptibles de causer de si grands maux et sont si contraires à la population parce qu'ils empêchent l’éjaculation et quelquefois même l'érection chez les hommes, il n’est pas moins

dangereux de les employer, pour arrêter les écoule-

(1) Traité des maladies vénériennes, page 56 (Paris, d'Iloury, 1766).

(2) Loc. Cit., page 53).

(3) Cela prouve que c'était connu depuis longtemps par les anciens médecins.’

(4) Evidemment, on ne connaissait pas encore les méthodes de Nelaton, de Guyon; on ne possédait pas l’aspireteur Potain qe vider la vessie et on ne disposait pas de l'électroïyse inéaire.

ments gonorrhéiques et autres qui arrivent aux femmes. etc. »

On sait que dans l'impuissance, conséquence de maladies organiques de la moelle épinière, le réflexe cremastérien fait défaut et le scrotum est flasque au lieu d'être rétracté et plissé. Normalement, il est flasque chez l'enfant et chez le vieillard. On ne connaissait pas, au temps jadis, la théorie des réflexes, mais on n'était pas sans avoir remarqué tout ceci.

Un des buts du mariage et le principal, est la génération. Or, on pensait que l’intromission n’était pas indispensable. C’est ce que nous explique Verdier (1

« La génération, dit-il, se prépare par l’union des deux sexes, et elle se perfectionne par l’action de la semence transmise alors dans les organes de ja femme. Mais, outre la tension qui arrive à la partie du mâle pendant cette union, et qui est accompagnée de l’éjaculation de la liqueur séminale, l’intromission de cette partie dans le vagin paraît nécessaire ; cependant on ne peut révoquer en doute plusieurs observations qui prouvent qu'il y a des femmes qui ont conçu, dans lesquelles l'intromission était absolument impossible. »

On connaissait également, dès le xvir' siècle, ce qu'était le spermatozoïde, après les travaux spéciaux

de Laevenhæck (© en la matière.

(1) Abrégé de l'anatomie du corps humain, T. II, page 171. (Bruxelles, Jean Leonard, imprimeur, 1752.)

(2) LAEVENHÆCK Antoine, célèbre physicien et naturaliste observateur, né à Delf, en 1632 ; il s'acquit une grande réputation par ses expériences et surtout par ses découvertes microscopiques, en histoire naturelle et en anatomie. Ses ouvrages ont été traduits en latin sous de titre-de Arcana naturae detecta. (L. Henin, Vocab. médical, Paris, 1811.)

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