TIGRE
« Lenvenhoëck, Hartfoëker, Redi, Gaden et quelques autres médecins, écrit un chirurgien célèbre de la première moitié du xvu° siècle, Elie Col de Vilars (1), ayant examiné la semence au microscope, y ont remarqué un mouvement si varié et si admirable, qu'ils n'ont fait aucune difficulté d'assurer que son agitation provenait d'autant de petits vers ou de petits animaux de différent sexe, mâles et femelles, dont le nombre est si grand.ique Laewenhoëck dit en avoir vu plus de 50.000 dans une portion de la semence d’un coq grosse à peu près comme un grain de sable. Ces auteurs prétendent que c’est en cela que consiste la vertu prolifique de la semence du mâle et qu’un de ces vers étant conduit aux ovaires par les trompes de la matrice s’insinue dans un œuf pour y être fécondé…..
« On distingue deux parties dans la semence, l'une prolifique, préparée dans les testicules, les épididymes et les vésicules séminaires (sic); l’autre. inféconde qui vient des prostates, des glandes de Cowper et de celles de M. Littré, etc... »
Un auteur plus ancien, Noguez, note dans ses ouvrages (®) que « lorsqu'un animal est privé des parties qui séparent la matière séminale, il est plus mo, plus lâche et moins robuste; d’où je conclus deux choses : 1° que la semence est repompée en partie et. qu’elle va se rendre dans la masse du sang; 2° qu’elle
(1, Gours de chirurgie, T. 1, pages 95 et 97 (Paris, 1. Rollin, quai des Augustins, 1753).
. (2) NOGUEZ : L'Anatomie du corps de ‘L'homme, 2e édit., p. 194. (Paris, Cavelier, 1726.)
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a quelque chose d'exfrêmement actif qui fortifie les parties solides, ou bien que l'animal irrité par cette liqueur fait de plus grands exercices qu'il dissipe beaucoup plus, que les parties solides se fortifient par là ete. et c'est de là peut-être que dépend la force d'un animal qui est muni de tout ce que la nature lui a donné. »
Tout cela nous prouve que nos ancêtres £taient armés pour reconnaître l'impuissance dans les deux sexes. Leurs connaissances étaient fort grandes et nul doute qu'ils eussent pu écrire un ouvrage substantiel sur les conditions générales d'aptitude au mariage que n’eût pas désavoué un spécialiste contemporain en la matière, le D’ E. Apert (4). Comme celui-ci, ils nous auraient exposé les conditions ana-
‘ tomiques nécessaires à l’homme. La taille, le thorax,
l'envergure peut-être, la chevelure, les organes génitaux, la morphologie eunuchoïde, lPaptitude aux exercices physiques, rien n'eût été oublié, Peut-être même eussent-ils été plus loin que ce dernier qui écrit qu’ « il faut savoir limiter beaucoup ses exigences ». Sans doute n’eussent-ils pas parlé de la formule de Pignet utilisée actuellement par les conseils de révision, d'après laquelle
R LT — (P +E) Robusticité = Taille — (Poids + Circonférence thoracique),
Ja robusticité R étant d'autant plus grande que Le chiffre
est plus petit, mais n’est pas inférieur à 8 ou 6. Au-
dessus de 25 la robusticité serait faible. Ils ne la con-
(1) Dr E. Arerr : L'examen médical en vue du mariage (Paris, Flammarion, 1927).
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naissaient pas. Ils ne connaissaient pas davantage celle de Messerli qu’on dit plus pratique et que voici :
R — B — [T — (P+0C)] Moyenne À Robusticité de a circonférence Taille Poids Circonférence thoracique
La robusticité est d'autant meilleure que R s'élève au-dessus de (.
Et après celle de l'époux, celle de l'épouse. Ils se seraient appesanti sur les particularités de l'anatomie générale féminine, sur son teint, ses cheveux, sa beauté, la conformation spéciale de son bassin. Il suffit de considérer les peintures des diverses écoles des xvi° et xvir° siècles, italiennes, espagnoles, flamandes et françaises pour être rassurés sur ce point. Ils savaient à quel âge on doit se marier et qu’il faut distinguer entre l’âge chronologique et l’âge biologique. Ils avaient même des idées sur la longévité familiale et sur l’hérédité en ce qui concerne les ascendants ct les collatéraux. Il est déjà question de ces choses dans la Bible et chez les Anciens et nos pères outre leurs études et observations personnelles, prisaient fort, selon moi, ces sources de connaissances.
Quant à ce qui concerne l'examen séparé de la femme, ils le pourraient faire utilement, non seulement par l'inspection, mais encore par le toucher vaginal et le speculum connus depuis l'antiquité et dont parle Celse 1) : « Il faut introduire le doigt indice, bien graissé, dans l’orifice. Quand il s’entrou-
(1) GELse : De Re Medica, Libr. VIL, cap. 29, cité in J. ASTRUC : L'art d'accoucher, page XXXVII (Paris, Cavelier, 1771)
vira, y en mettre un second ensuite dans les mêmes circonstances et ainsi jusqu'à ce que tous les doigts y soient introduits, dont on se servira alors, en les écartant, comme d'un speculum uteri, pour dilater cet orifice et faciliter l'introduction de la main qui doit agir dans la matrice. [Medicus unctae manûs indicem digitum primum debet inserere, atque ibi continere, donec iterum id os aperiatur : rursusque alterum digitum dimittere debebit, et per cosdem occa-
siones alios, donec tota esse intus manus possit.]|