A I ! T Ë PREMIER. — S C E N E I V
ROBERT
Et puis après... Alors tu t'imagines que, moi, j'aurai débauché une jeune fille, et que je l'abandonnerai?... Ah! non! Ah! non!
ALICE
Mon ami. cette jeune fille savait ce qu'elle taisait. Klle s'est donnée à toi librement; tu ne lui dois rien.
ROBERT
Je ne luT dois rien... Je no te dois rien... En voilà une théorie!
ALICE
C'est la mienne!
ROBERT
Tu es inconcevable, en vérité! Gomment! tues ma maîtresse; je te propose de t'épouser et tu refuses! C'est donc qu'il y a des choses, des choses...
ALICE
Quelles choses?
ROBERT
Est-ce que je sais? Dailleurs, tout dans notre liaison est extraordinaire! Car, enfin... je ne connais rien de toi.
ALICE
Eh bien, qu'est-ce qu'il te faut?
Je m'entends! Je veux dire que, depuis bientôt sept mois qup nous nousvoyons... je ne sais, ni qui tu es, ni ce que tu tais, ni où tu demeures, ni même ton nom, car tu m'as tout juste dit que tu t'appelais Alice.
ALICE
Et puis après? Ma parole! Tu parles comme une feuille de recensement. Mon nom! Mon adresse! Estque tout cela est utile... pour... faire... pour faire ce que nous faisons ordinairement. .
ROBERT, choqué.
Tu ne tiens pas le langage d'une jeune fille
ALICE
Oh! une jeune fille est rarement dans ma position.
ROBERT
Tu me déconcertes, en vérité. Enfin! mets toi à ma place. Toutes les fois que tu me quittes, je me demande si je te rèverrai. Quand tu restes, comme l'autre semaine, un jour sans venir, je ne sais plus que penser, je ne sais plus que faire... où te voir... où t'écrire...
ALICE
Et la poste restante? Est-ce que tu ne m'y as pas souvent écrit?
ROBERT
C'est entendu ! Mais n'empêche que, le jour où la fantaisie te prendrait de ne plus me voir, eh bien! mais, ça serait fini.
ALICE
Oui. irrévocablement fini. Et c'est précisément, si tu veux le savoir, ce qui fait, pour moi, le charme de notre liaison. D'ailleurs, de quoi te plains-tu? Est-ee que telles n'ont pas été nos conventions?
ROBERT
Pardon!...