‹ Quelques âmes d'éliteChapitre 12 sur 26 · ÉMILE BOUTMY I · texte numérisé non relu

ÉMILE BOUTMY I

tration et de sa clarté de pensée, dans l'étude profonde qu'il a faite de Chateaubriand, et ensuite de Taine.

n a \ oulu que, chez lui-même, l'écrivain l estat modeste derrière le philosophe politique ou l'organisateur d'éducation : mais l'éciivain grandira à mesure que l'éloignement permettra do contempler dans l'homme qui \ ient de disparaître, à la fois tant de facultés, sinon contradictoires, du moins que l'imagination contemporaine a de la peine ù se représenter unies dans un même cerveau. Frappé par de grands malheurs, profondément ébranlé jusque dans les racines de son être intime par le grand drame de V Affaire oii il s'était passionnément, ainsi que sa femme, rangé du côté des défenseurs de ce qu'il jugeait la vérité el la justice, atteint de demi-cécité, forcé de se faire lire et de dicter, chancelant dans sa santé, Boutmy a travaillé jusqu'au bout, conciliant ses propres études avec la direction de l'école sur laquelle il veillait passionnément et infatigablement, et qu'il polissait, en quelque sorte, comme ses écrits, y voulant toujours, à la fois, des progrès et le maintien des bonnes traditions. Il vivra o

dans ses collaborateurs, dans ses élèves, dans son École, dans ses amis, dans ses li^-res, dans les

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idées justes qu'il a inculquées par renseignement et par ses ouvrages, dans les grandes causes auxquelles il s'est dévoué. Il demeurera l'un des représentants les plus éminents v[ les plus éclatants de la méthode scientifique et historique qui a fécondé la seconde moitié du xix*' siècle, qui portera de nouveaux fruits dans le xx®, en s'appHquant à loutos les branches de la connaissance ; l'une des figures les plus nobles, des caractères les plus attachants, des consciences les plus élevées, que les hommes de ma génération ont pu aimer et admirer.

anatolp: leroy-beaulieu

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