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exerce un empire sur les esprits . Il adorait d'ailleurs renseignement, ce qui est la meilleure façon d'être aimé de ses élèves.
Ces sympathies de la jeunesse se sont encore élargies sans rien perdre de leur vivacité, lorsque à la mort de Boutmy, A. Leroy- Beaulieu se rendit à l'appel du Conseil d'administration de l'École et accepta le titre et les fonctions de directeur. Gomment il a rempli ces fonctions, comment il a vraiment remplacé celui qui paraissait irremplaçable, comment il a mené l'Ecole à des destinées encore plus hautes que celles où elle avait touché sous l'impulsion de son fondateur, comment son influence sur l'admirable phalange des professeurs de l'Ecole s'est fait sentir sans heurt et comme par un échange naturel de dévouement à l'enseignement, de profonde estime et de vibrante affection réciproque, comment son autorité sur les élèves s'est afïîrrnée, suivant la tradition de l'École, sans bruit et sans rigueurs apparentes, par la confiance mutuelle, par le respect du caractère et de la dignité de chacun, par cette espèce de discipline consentie et pratiquée volontairement qui est la discipline idéale : tous ceux qui l'ont vu à l'œuvre, même dans ses dernières tristesses ou ses dernières souffrances, l'ont présent
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à resjDrit, et Timage en est si vivante dans n souvenirs qu'il est inutile d'y insister. A. Leroy- ; Keaulieu avait, à l'exemple de son prédécesseur, 1 idée la plus élevée du rôle de l'Ecole coiniuei source de la formation des esprits et des cœurs de I ceux qui doivent participer de plus près à la vie l de la nation, chez nous ou à l'étranger, et cela J a tous les degrés de l'existence sociale, aussi bien I comme chargés de fonctions administratives, quel comme élus aux mandats politiques, ou mémfl comme simples citoyens des diverses pairies. IwÊ avait, se conformant à une des dernières pensées I de Boutmy, encore élargi le cadre de ceux aux-l quels l'enseignement de l'Ecole devait être profi^B table, en créant cette section des finances privées, ?. destinée aux jeunes gens qui, en dehors des car- , rières publiques, veulent trouver dans l'activité ] industrielle ou financière des grandes institutions privées, un débouché à leurs facultés et à leur amour du travail...
...Je m'arrête, n'ayant voulu, dans ces page rapides, que dire un adieu d'émotion profonde à celui dont la perte creuse un tel vide. Je laisse a d'autres plus compétents ou de plus de sang-froid dans leur deuil, le soin d'analyser les œuvres de notre ami, de mettre en relief les qualités de
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pensée et de forme qui s'y révèlent, d'en suivre la constante logique, de ra^Dpeler sa carrière académique, de constater l'écho qu'ont trouvé en i Europe et dans le monde l'écrivain, le publiciste, le conférencier, le directeur. Il s'est fait aimer, et il a fait aimer davantage au dehors la France dont il <'tait le représentant moral, connu de tous ceux qui pensent. Il a été courageux, parfois intrépide dans son action publique ; et il a été courageux dans sa vie privée, lorsque, à deux reprises, il fut h appé cruellement en ses plus chères affections ^ . Il a été un défenseur résolu, éloquent, trop rarement suivi chez nous, mais semeur, pour l'avenir, des idées libérales, un champion de la justice pour les individus, du droit pour les nations et entre les nations.
Peu d'hommes parmi nos contemporains ont, dans cette voie généreuse, laissé des empreintes aussi profondes et durables que le penseur à l'aspect frêle, mais au regard vif et pénétrant, à la volonté énergique dans sa douceur apparente, que fut Anatole Loroy-Reavdieu.