‹ Quelques âmes d'éliteChapitre 20 sur 26 · ANATOLE LEROY-BEAULIEU I · texte numérisé non relu

ANATOLE LEROY-BEAULIEU I

leur dans ce rôle d'éducateur politique qu'il affectionnait et où il excellait.

Déjà menacé par un mal contre lequel son tempérament dejDuis longtemps délicat ne le défendait plus suffisamment, mais soutenu par sa passion pour les nationalités jeunes et vivaces dans lesquelles il sentait de vives affections envei s notre pays, et dont la renaissance le touchait au cœur, il devait faire dans la capitale tchèque une conférence, et malgré son affaiblissement Jîhysîque il la fit jusqu'au bout : mais l'un de ses auditeurs me dépeignait avec un souvenir ému, ses efforts, les soins qu'il fallut lui donner en l'absence irréparable de celle qui avait été la fidèle compagne de ses voyages et qui, hélas ! ne l'accompagnait plus : et en même temps il me décrivait son ardeur, sa jeunesse persistante de sentiment et de regard, la chaleur de son accent, son action profonde sur l'assistance entraînée ; et je retrouvais notre ami tel que nous l'avons vu et aimé dans ses dernières années, presque vieillard par l'apparence physique, jeune par la vivacité, la fermeté, la vibration continue de son intelligence et de sa volonté.

C'est là l'image que nous devons garder de lui, l'image d'une intelligence toujours en travail et

aboutissant à des vues lumineuses et parfois pro- € phétiques*, sur tous les sujets dignes d'être observés et médités, d'un cœur chaud, profondément dévoué à ses principes libéraux, profondément affectionné à ses idées et à ses amis, : à ses confrères, à ses collègues, à ses élèves français et étrangers. C'est dire qu'il a beaucoup aimé tous ceux qui m écontent et qui déplorent sa perte. Je le remercie au nom de 1 Ecole ; après l'avoir prise des mains de Boutmy déjà glorieuse, il l'a grandie et développée, il nous laissée prospère, et riche dl^venir. Je le remercie des soins qu'il lui a consacrés, du pieux dévoue- ^ ment avec lequel il s'est donné à elle jusqu'à sonv^ dernier soupir, de l'illustration accrue qu'il lui-; a conférée en la faisant participer à la célébrité de son nom, à la grandeur de son caractère, à la gloire de ses travaux.

I. Nov. 1918... T^es derniers événements ont singulièrement confirmé ses prévisions sur les transformations de l'Europe centrale et orientale.

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