QUELQUES LETTRES DE SULLY PRLI>HOMME
Aulnay, 12 juin gS, par Chatenay (Seine).
Mon cher ami,
\ (>h r intéressante lettre m'a rejoint à la campagne. J'y îis enrhumé et fatigué. Pardonnez-moi la brièveté de ma ! ('ponse. Certes, j'ai reçu votre ouvrage sur la politique ^ et
i je ne vous ai pas remercié déjà, c'est que je voulais être (11 étal (1( vous en donner en même temps mon impression. Mais j'ai été si accablé d'occupation que mes forces imparfaitement restaurées n'y suffisaient pas et je n'ai pu
uhever la lecture de ce livre qui exige de l'attention. Je ne pourrai en causer avec vous que plus tard ; je suis encore talonné par le poème que j'ai à faire sur le centenaire de la fondation de Tlnstitut pour le Théâtre français. C'est une besogne des plus pénibles pour moi et je ne sais si j'y réussirai.
J'ai réuni mes sept articles sur la curiosité et je les ai envoyés à Gaston Paris pour qu'il les critiquât avec sa logique puissante. Il ne me les a pas encore renvoyés : je les attends pour profiter de ses observations et porter le tout à Lemerre. J'en ai eu un bon témoignage de Lévy Bruhl qui les a lus dans la Nouvelle Revue : il m'a conseillé d'en faire un volume. Ce que vous me dites de la lecture que vous faites de mes vers à des jeunes filles me touche vivement. C est un auditoire délicat et naïf dont le jugement est sans appel pour toute une portion de mes poésies. Vous enseignez, j'en suis sur, à votre élève, les principes traditionnels dont vous avez fait une si foxte analyse. Je l'en félicite.