‹ Quelques années de ma vie, Volume 2Chapitre 11 sur 22 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

M. Untel. ^ Madame de Malet. — Son bUleC — Je reviens de chez elle placée chei Madame la duchesse Louis de Wurtemberg. — M. Royer ne m'approuve pas. — Elisabeth de la R... — Son histoire. Je la propose à ma place. — M. de F... résiste. — Il l'accepte. — Mes adieux à Madame de Choiseuil. — Elle me blesse par ses paroles. Elle avait raison. — Mon départ. — Mon arrivée à Louisbourg. — Mort de Mademoiselle de Belonde. — Ma tristesse et mon découragement. — Je trouve les jeunes princesses intéressantes. — Madame la Duchesse. — Sa vue consolante relève mon esprit. — Sa beauté, sa bonté. — Je m'attache à mes élèves.

AI dit plus haut qae je retrouverais M. Untel ^, cet être mixte qui sentait le fripon et pouvait être un honnête homme; ^en effet y ce personnage douteux parvint à me découvrir chez mademoiselle d*A... Je le reconnus parfaitement^ malgré le changement extraordi-

1 On se rappellera sa visite chei madame Orimauld , puis chez madame teblanc. La première l^avait seule deviné.

naire qu'avait produit sur lui une violente maladie*. Il marchait à peine, boitait prodigieusement, el portait la livrée d'une grande misère. Son trUte^ état m'inspira de la pitié, à laquelle succéda un sentiment de répulsion. Cet homme savait toute Thistoire de mademoiselle d'Â..., avait connu son frère, et me dit plusieurs particularités de cette famille. Voilà un homme prodigieux, pensai-je, il connaît tout le monde, et j'en aviiis peur, comme si cette %ure humble cachait un serpent. Je lui proposai de tâcher de le faire entrer dans une maison de charité, où il serait soigné jusqu'à la fin de sa vie; il accepta, me donna une fausse adresse, ce qui le dévoila à mes yeux, et je ne le revis plusj je crois mêipe que son infirmité ne le prenait qu'à la porte.

N'y a-t-il pas de quoi frissonner en réfléchissant à cette existence qui reposait sur l'astuce et la fraude, s'introduisant dans les familles sous le^ masque qui convenait à chacune d'elles ; s'initiant à leurs secrets pour y puiser les moyens d'en tromper d'autres. Que de contrainte, que de dissimulation, que d'empire sur soi-même ! Il y a du démon làdedans. Toute moralité à part, je m'étonne qu'oa se fasse fripon , il est bien plus commode d'être honnête hon^me.

Peu de temps après le jugement du procès de

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