‹ Quelques Applications Dermiques et Transdermiques De L'InsulineChapitre 18 sur 20 · FIGURE 5 FIGURE · texte numérisé non relu

FIGURE 5 FIGURE

Le 9 mars 1932, la malade revint à la consultation de l’Institut; elle présentait une énorme ulcération qui envahissait la partie inférieure de l’aile gauche du nez avec destruction du bord inférieur et propagation à la région correspondante de la lèvre supérieure; bords décollés, durs, sanieux, saignant facilement au toucher.

On fit alors une application locale, une fois par jour, d’une solution d'insuline concentrée à 400 u. el. pour 5 ce., pendant deux mois. Peu de jours après le début de l'application, l’ulcération se mit à saigner, mais une cicatrisation commença à se manifester assez lentement, et cette lenteur de cicatrisation s’est produite chaque fois que nous avons utilisé des concentrations d’insuline supérieures à 200 u.c. pour 5 ce.

La figure 5 montre l’aspect de la lésion au début du traitement par les rayons X, le 11 mai 1932 (600 r.; distance foyer-peau : 50 em.; filtre : 1 mm.; voltage : 190 kv; intensité : 4 mA).

Le 11 juin (fig. 6), toute l’ulcération était cicatrisée, et cet état s’est maintenu jusqu’à ce jour (10 janvier 1933) sans aucun autre traitement. La petite masse apparente à la base de la narine est une masse sanguine coagulée, provoquée par un traumatisme accidentel.

OBSERVATION III. — M.D., femme de 60 à 65 ans. Depuis sept ans, présentait sur le dos du nez un paquet de vésicules indolores, ramifiées, qui s’est creusé sans s’agrandir depuis six mois. À cette période, une vésieule s’est transformée en ulcère qui a grandi rapidement, saigne facilement (fig. 7). La narine droite fut presque complètement détruite par une ulcération qui envahit le dos du nez à son tiers inférieur et attaqua même la paroi interne de la narine gauche, fond irrégulier, saignant au toucher, à bords décollés et indolores. Ganglions sous-maxillaires bilatéraux, plus nombreux à gauche (durs, mobiles, indolores, avec dégagement d’odeur d’acétone). Biopsie : careinôme baso-cellulaire.

Cette malade reçut d’abord une série d'applications de rayons X à la dose quotidienne de 100 r. avec un total de 1.200 r. (voltage : 155 kv; intensité : 4 mA; filtre en 1 mm.; distance foyer-peau : 50 em.). Ce traitement n'a pas modifié l’aspect de l’ulcère.

Avant l’application de linsuline, on fit à la malade une application du liquide solvant de ce produit pendant deux semaines, sans modification de

l’ulcère. L'application d'insuline deux fois par jour fut commencée le 22 janvier 1931.

Le 16 mars, la majeure partie de l’ulcération se présentait recouverte d'un épithélium se continuant directement avee celui de la peau normale des régions voisines, qui disparut après la cicatrisation du reste de l’ulcération de la muqueuse.

Cette observation montre que, dans certains cas, l'insuline peut déterminer la cicatrisation d’un uleère néoplasique de la peau, même si ce traitement fait suite à un traitement inefficace par rayons X.

Nous devons signaler que quoique la cicatrisation externe provoquée par lPinsuiine se fût maintenue parfaite pendant treize mois, une uleération néoplasique recouvrit ensuite la cicatrisation presque complètement. La malade abandonna tout traitement et, quand elle revint à l’Institut, la néoplasie s'était

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propagée à la face interne de la muqueuse des fosses nasales. Comme il était impossible d'appliquer l’insuline localement et intérieurement sur cette ulcération néoplasique, la malade fut soumise à une application de rayons X à une dose totale de 1.800 r., dans les conditions déjà indiquées. La lésion cicatrisa complètement (fig. 8).

Il est intéressant de noter que la eicatrisation a débuté, comme nous avons pu le constater, le premier jour de lirradiation, ce qui paraît démontrer que, quoique les applications d'insuline eussent été faites déjà depuis longtemps, il persistait un état de sensibilisation locale à l’action des rayons X provoquée par ce produit.

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