‹ Quelques Aspects Cliniques De L'Acrodynie InfantileChapitre 11 sur 21 · NE TE · texte numérisé non relu

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—— tous les cas qui ne se compliquent pas d’affection broncho-pulmonaire guérissent définitivement sans laisser aucune séquelle nerveuse ou psychique comme c’est le cas, au contraire, pour l’encéphalite épidémique d’Economo-Cruchet ou la poliomyélite de Heine-Médin.

Toutefois des arguments étiologiques, biologiques, anatomo-pathologiques et cliniques plaident en faveur de la conception de Kuiper.

Cet auteur a observé une acrodynie chez un enfant dont la grand’mère avait eu, quelque temps auparavant, une atteinte d’encéphalomyélite. Rocaz avait noté cette coïncidence en 1928, en signalant le cas d’une fillette atteinte d’acrodynie dans une commune où avait sévi l’encéphalite ; l’oncle de la malade avait succombé quelque temps avant à cette affection. M. Ledoux a constaté, en 1930, dans la même région, une recrudescence de poliomyélite et l’apparition de l’acrodynie.

« Actuellement, écrit Rocaz, dans la région du Sud- Ouest de la France, il y a une recrudescence de poliomyélite et d’acrodynie infantile. »

L'observation que nous publions concerne une enfant de 7 ans qui était atteinte d’acrodynie depuis 15 jours lorsque son frère succomba à l’hôpital à une encéphalite aigué.

Obs. XXIII (Docteur CRÉMET)

L.. Yvette, 7 ans, habitant la banlieue de Nantes, fit une acrodynie très nette ; un grand changement s'était manifesté dans le caractère de l’enfant qui était deve-

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nue maussade, triste et très somnolente. Bien qu’il n’y eût aucune paralysie des membres inférieurs, la marche était impossible. Les réflexes tendineux étaient diminués mais non abolis. Cet état de somnolence, avec modification du caractère et état parétique des membres inférieurs s’accompagnait d’une légère poussée thermique et durait depuis quelques semaines lorsqu’apparurent aux doigts des lésions cutanées typiques d’acrodynie (gonflement, érythème, sudation).

Quinze jours plus tard, le frère de la malade, âgé de 4 ans, entre à l’Hôtel-Dieu, atteint d’un syndrome méningé avec raideur, signe de Kernig, céphalée, mydriase, photophobie, somnolence invincible et température ; il n’y avait ni lymphocytose, ni présence de bacilles tuberculeux à l’examen du liquide céphalo-rachidien qui était d’aspect normal. Le diagnostic d’encéphalite fut porté, l’enfant devait succomber quelques jours après son admission.

La petite fille quitta Nantes et fut soignée à Strasbourg par le Docteur Woringer; elle ne présentait plus de symptômes d’acrodynie mais on constatait l’existence d’un léger strabisme.

En somme, le frère et la sœur furent atteints en même temps d’affections différentes dans leur évolution mais très voisines par plusieurs de leurs symptômes. La petit fille fit, à n’en pas douter, une acrodynie, le garçon était atteint d’encéphalite ; mais comment ne pas rapprocher chez l’un et chez l’autre des manifestations telles que létat fébrile infectieux, les modifications du caractère, les accès de somnolence, la mydriase du garçon, le strabisme de la fille ? On est bien obligé de reconnaître la nature d’un processus encéphalitique qui fut at-

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ténué et fugace dans un cas, mais prépondérant dans l’autre, et d'établir en conséquence une relation étiologique entre ces deux observations.

Il ne nous a pas été possible d'examiner le liquide céphalo-rachidien de nos malades au début de leur affection. Ludo von Bogaert, Marcel Lelong, Jacques Odinet et Rocaz ont constaté une lymphocytose évidente au tcut début de l’acrodynie. Les réactions cytologiques deviennent normales au cours de la maladie.

Au point de vue anatomo-pathologique, les autopsies sont très rares et en général incomplètes ; le nombre des autopsies publiées n’atteint pas 50.

Sur nos 32 malades, 3 sont morts à la suite d’affections intercurrentes, un seul succomba au processus acrodynique ; chose regrettable, il ne nous a pas été permis de faire l’autopsie de ces malades.

Il existe des protocoles certains qui nous montrent des lésions nettes des centres nerveux encéphaliques, avec une prédominance des formations neuro-végétatives de la région du troisième ventricule. A la suite d’un examen anatomo-pathologique, Francioni et Vigi attribuent le syndrome neuro-végétatif de l’acrodynie à un processus encéphalitique portant sur la région infundibulo-tubérienne avec participation des ganglions du sympathique.

Stoltz, examinant les organes d’un acrodynique de Woringer, trouva un état d’hyperfonctionnement de l’hypophyse.

MM. Mouriquand, Dechaume, Bernheim, Mlle

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