‹ Quelques Aspects Cliniques De L'Acrodynie InfantileChapitre 16 sur 21 · EX ER · texte numérisé non relu

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écoulement nasal, les poumons sont cliniquement sains.

Le pouls bat au rythme de 120 pulsations par minute. La tension artérielle, prise au Vaquez, donne un maximum à 16 et un minimum à 12. La température est à 37°5. L'état général est satisfaisant.

Le traitement suivant est ainsi institué :

1° Désinfection du nez et des oreilles avec de l’huile goménolée ;

2° 2 grammes de chlorure de calcium pro die et per OS ;

3° Badigeonnages des pieds et des mains avec une solution contenant du cristal violet et du bleu de méthÿlène ;

4° 1 piqûre sous-cutanée quotidienne d’acécoline solution (5 cgr.);

5° Injection tous les deux jours d’hectine A (1/4 cc. 172icc;, ec, etc.).

Les résultats sont bons, au début l’enfant arrache ses pansements, puis elle devient plus calme ; quelques poussées de pyodermite, surtout marquées aux pieds, rétrocèdent rapidement ; au bout de quelques jours, l’enfant peut se tenir seule assise dans son lit.

Les plaies de ses doigts cicatrisent et la coloration rouge violet des extrémités devient moins intense.

L’appétit, le sommeil reviennent et l'enfant quitte la salle, améliorée et apyrétique, le 5 mai. Elle a reçu pendant son séjour à l’hôpital 40 injections d’hectine et 19 d’acécoline.

En somme l'examen clinique avait décelé chez cette petite malade des troubles mentaux (modifications du caractère, attitude particulière, insomnie), de l’érythrœdème des extrémités, de l’hypotonie musculaire, des troubles circulatoires (tachycardie et hy-

pertension). Le diagnostic d’acrodynie était aisé à porter, mais il convient de souligner dans ce cas la précocité et l’intensité des troubles trophiques.

La tuméfaction puis l’amputation de l’extrémité de Pindex droit furent le tout premier symptôme observé ; elles survinrent « sans raison aucune ».

Mutilante d'emblée, cette forme s’annonçait particulièrement sévère : des fissures profondes au niveau des autres doigts et l’intensité des phénomènes acrocyaniques pouvaient faire craindre une mutilation massive et rapide, comme ce fut le cas pour la petite malade observée par MM. Robert Debré et Cléret. À propos de cette observation nous insisterons plus loin sur l’heureux effet de l’acécoline associée à un traitement local rigoureux, comme thérapeutique de cette forme mutilante et sévère d’acrodynie.

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