‹ Quelques Aspects Cliniques De L'Acrodynie InfantileChapitre 8 sur 21 · ENG · texte numérisé non relu

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Obs. V (Docteur ARONDEL)

Enfant C.. Michel, 3 ans, né à terme, a marché à 13 mois ; élevé au lait Nestlé ; aucune maladie jusqu’en février dernier où il fait une rougeole, père et mère bien portants ; une sœur.

Examen, 9 avril 1935 : l’enfant nous est amené parce que, depuis le début de mars, il éprouve de la difficulté pour marcher, il se lève mais s’assied aussitôt et reste des heures immobile sur un petit fauteuil. Il a un aspect triste, un petit air malheureux, il est grognon et dort très mal. L’anorexie est marquée : il prend 300, 400 grammes de lait par jour, il vomit, est constipé, perd ses urines, alors qu'auparavant il était propre. Il a constamment les pieds et les mains froides et il a eu « comme des engelures » il y a 15 jours, 3 semaines. Les sueurs sont très abondantes, « comme on n’en a jamais vu ». L’amaigrissement est notable, mais la fièvre est absente.

En raison des troubles de la statique et de la marche, on fait un examen radiographique du bassin qui est normal.

A l’examen on est en présence d’un bel enfant blond, mais amaigri. Taille: 0 m. 945. Poids: 12 kgs 500. L’hypotonie musculaire est manifeste. Les réflexes existent, mais ils sont diminués. Légère cyanose des extrémités qui sont froides ; pas de desquamation.

Pouls : 112 ; T. A. : 13-8 (Pachon).

Urines : ni sucre, ni albumine.

Traitement : rayons U. V.; stérogyl; uroformine.

19 juin 1935 (Docteur A. Luneau) : « Enfant très amélioré — récupération du sommeil, de l’appétit, de la gaieté ; a perdu la démarche « en canard » du début. Les troubles asphyxiques, inappréciables lors de ma

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dernière visite, réapparaissent par intermittence, aux dires de la mère. T. A.: Mx: 12 ».

Et le médecin traitant insiste sur l’heureux et rapide effet du traitement mis en œuvre : « Je dois à la vérité de déclarer que cette amélioration, qui s’est fait attendre plusieurs semaines, s’est révélée brusquement à l’occasion de la première séance des U. V et de suite a marché à pas de géants, tous les traitements antérieurs étant restés sans action apparente. »

Obs. VI (Docteur ARONDEL)

Enfant Charles-Paul.…., 2 ans 1/2, Saint-Mars-la-Jaille; n’a fait aucune maladie importante ; père et mère bien portants (phobie de syphilis), 7 frères et sœurs en bonne santé. ; |

Examen du 27 février 1935 : Wassermann négatif. Pouls : 160. Poumons, foie et reins normaux.

Au point de vue digestif : anorexie ; troubles nerveux caractérisés par de l’insomnie ; légère rougeur au niveau de l’extrémité des membres.

L'enfant a été pris en octobre par de la faiblesse des jambes ; il refuse de marcher, change de caractère, devient grognon, prend des attitudes bizarres dans son lit : jambes en l'air, ne peut supporter les couvertures. Démangeaisons au niveau des mains et des pieds. Prurit généralisé.

L'examen est difficile, l’enfant grogne.

À eu de la rougeur des extrémités avec desquamation, actuellement rien.

Le diaghostic d’acrodynie est certain.

Traitement : stérogyl, acétylcholine : 0 gr. 02.

Le 24 mars : après une rougeole, l’enfant décède de broncho-pneumonie,

HÉBAUD 2

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Obs. VII (Docteur ARONDEL)

P..., 4 ans, garçon, Chaillé-les-Marais, enfant né à terme, n'ayant fait aucune maladie notable. Parents bien portants. Seul enfant.

Examen, le 17 avril 1935 : acrodynie typique, évoluant depuis 2 mois avec des troubles psychiques, moteurs et vaso-moteurs très marqués ; éruption miliaire généralisée.

Pouls : 140. T. A. : 10-7.

A noter les caractéristiques suivantes : hépatomégalie qui a été considérable, actuellement le débord sous-costal n’est plus que de deux travers de doigts. Adénopathies et troubles urinaires : pollakiurie sans germes microbiens (Docteur Ballet).

Traitement : rayons U. V.; insuline ; stérogyl.

L'enfant est mort en mai d’une broncho-pneumonie.

Obs. VIII (Docteur ARONDEL)

S... Jacqueline, 2 ans 1/2, habite la banlieue de Nantes, née à terme, accouchement long et difficile, a dû être ranimée.

Poids à la naissance : 3 kgs 300 ; élevée au sein jusqu’à l’âge de 6 mois, puis au lait Dryco, puis aux farines, épinards, carottes. À moins bien poussé depuis l’âge de 1 an; premières dents à 8 mois; premiers pas à 15 mois. Bon développement intellectuel. Père et mère bien portants. Seule enfant. Pas de fausse couche.

Examen le 4 décembre 1934 : malade depuis un mois et demi ; enfant grognon, ayant perdu sa gaieté ; photophobie, anorexie, amaigrissement, fatigue ; troubles qui furent d’abord attribués à une poussée dentaire.

Depuis un mois, doigts boudinés, violacés, desquamants, toujours froids de même que les pieds.

En outre, prurit et démangeaisons. Donc acrodynie

TRE Ps eut

sûre d'autant plus que le pouls est très rapide (170) et la tension artérielle très élevée (13 1/2) — mais pas d’insomnie.

Traitement : rayons U. V.; stérogyl; acétylcholine. Juillet 1935 (Mme Thomas) : « La maladie s’est prolongée 2 ou 3 mois et n’a été influencée par aucun traitement. »

Obs. IX (Docteur ARONDEL)

G... Michel, 4 ans, de Bouaye. Né à terme. Poids à la naissance : 4 kgs 250; élevé au sein, n’a fait aucune maladie notable, a eu une croissance régulière. Père et mère bien portants, une sœur de 3 mois.

Examiné le 10 mai 1935 : anorexie, polydypsie, insomnie, attitudes bizarres (tête entre les jambes). Troubles moteurs accentués ; l’enfant ne marche plus, on se demande s’il ne s’agit pas d’une paralysie infantile. L’enfant a du prurit et des sueurs abondantes. Le début de tous ces troubles remonte à 3 mois.

A l’examen : hypotonie musculaire considérable, réflexes diminués; extrémités froides, cyanosées, non tuméfiées; légère et fine desquamation. L’enfant se plaint que ses dents « bougent ».

Examen des urines : ni sucre, ni albumine, réaction de Gerhart +.

Traitement : acétylcholine, stérogyl, bromure.

16 août (Docteur Rivière) : L'enfant va mieux depuis 2 semaines, il a moins de sueurs, moins de prurit, plus d’appétit.

Obs. X (Docteur ARONDEL)

G.., 2 ans, né à terme, élevé au sein pendant un an, puis au lait de vache ; premières dents à 5 mois ; a marché à 10 mois. Mère bien portante, père albuminurique. Seul enfant.

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24 juin 1935 : envoyé par le Docteur Vergnet pour des poussées fébriles irrégulières ; malade depuis un mois et demi. Le début s’est manifesté par le refus de marcher et par des troubles du caractère. L'évolution est coupée de poussées fébriles irrégulières à 39°-39°5. Les troubles urinaires, rétention et dysurie, tout d’abord très importants, sont actuellement très atténués. Les troubles psychiques sont manifestes : insomnie, agitation, attitudes bizarres. L’enfant a eu les doigts de la maïn rouges, boursouflés, avec une fine desquamation.

Le pouls est à 160. T. A.: 13 1/2-9.

La rate est percutable ; le foie déborde de 2 travers de doigts ies fausses côtes. Il n’y a pas de ganglions, l'examen radioscopique est négatif.

Traitement : mycrolyse, stérogyl.

Obs. XI (Docteurs LE MEIGNEN et ARONDEL)

B.. Henri, 2 ans 1/2, demeurant à Sainte-Même, entre à la Crèche Médicale de l’Hôtel-Dieu, le 8 juillet 1935. Le début de la maladie peut être difficilement précisé par les parents, cela remonterait environ à un mois et demi ; c’est à ce moment qu’ils se sont rendus compte que leur enfant était fatigué et maigrissait ; il y a 2 à 3 semaines, apparition de desquamation sur les mains et sur les pieds. On a pensé à une scarlatine fruste passée inaperçue. À noter des poussées irrégulières de température.

Traitement : rayons U. V. (amélioration rapide).

Obs. XII (Docteur ARONDEL)

Enfant D... Yves, 4 ans, de la Roche-Bernard, né à terme, accouchement normal ; aucune maladie importante, rougeole il y a 3 ans.

Père et mère bien portants. Seul enfant.

Le début de la maladie actuelle remonte au mois d’avril, il s’est manifesté par des modifications du caractère, de la tachycardie, des sueurs nocturnes et de l’inappétence. Au mois de juin apparaissent des petites vésicules à l’extrémité des doigts et des orteils, tandis que l'enfant accusait des douleurs à ce niveau.

Traitement : rayons U. V., acétylcholine.

Aucune amélioration ne se produit.

Un consultant adjoint à ce traitement des injections d’hectine et des produits vitaminés per os.

En juillet et en août une certaine amélioration se manifeste surtout dans l’état général (poids, appétit, caractère et insomnie). Le pouls est toujours aux environs de 180-200, maïs les troubles vaso-moteurs vont en s’accentuant, l’enfant a des crises paroxystiques de brûlures aux extrémités, nécessitant l’immersion des doigts dans de l’eau froide.

Le 1% octobre 1935 : acrodynie typique durant plusieurs mois. À noter : les attitudes bizarres, l’enfant dort la tête entre les jambes, l’insomnie, les troubles urinaires (dysurie et rétention d’urine), les crises très douloureuses des extrémités, l’enfant cherche le froid : pendant son trajet de La Roche-Bernard à Nantes l’enfant, à 3 ou 4 reprises, a plongé ses mains dans l’eau froide, la mère s’étant munie d’un récipient spécial pour le voyage ; sensation de corps étranger aux pieds ; syndrome acro-pathologique très accentué aux mains, mains roses (Pink desease). Quelques pustules à la face palmaire.

Pouls : 170. T. A. : 15-9 (Pachon).

Traitement : stérogyl, uraseptine, gardénal, angioxyl.

Obs. XII (Mme PouziN-MALÈGUE)

Ch... Annick, 2 ans 1/2, vient du bord de la mer. Parents bien portants. Elevée au sein 2 mois, puis au lait

bo

Dryco. Pendant l’été 1933 à la mer est un peu énervée; vers le milieu de novembre, elle perce sa vingtième dent. Le 27 novembre, brusquement elle change de caractère, devient triste, prend des attitudes bizarres : elle s’accroupit dans son lit, dans les coins, se frottant dos et mains. L'enfant est restée 3 mois sans dormir. Actuellement, le sonimeil revient ; elle s’est toujours un peu alimentée.

En somme, enfant vue au moment où les phénomènes commencent à régresser, elle garde encore les mains et les pieds très rouges, lors de l’examen, et surtout le facies si caractéristique de ces petits malades de tristesse et d’anxiété.

A guéri.

Obs. XIV (Mme POUZzZIN-MALÈGUE)

Gu... Thérèse, 2 ans, Nord-sur-Erdre.

10 mai 1932: parents bien portants, une sœur de 3 mois bien portante.

Enfant qui a toujours bien poussé. Fin mars commence à ne plus manger et devient triste ; demande toujours à être au lit. C'était une enfant très vigoureuse, remuante et gaie. Elle dort très mal, ne cesse de geindre et de grogner ; 20 fois par jour elle demande à uriner, très peu à chaque fois. Ce qui frappe à l’examen, c’est l’air profondément triste de l’enfant, et l’amaigrissement. Elle porte constamment à la bouche les mains qui sont rouges et légèrement œdématiées. A la nuque, des lésions de grattage. Aucune température.

J'aurais voulu revoir cette enfant, mais la mère l’a

fait magnétiser à la campagne, ce qui est évidemment la cause de la guérison survenue en 2 à 3 mois !

Obs. XV (Mme PouzIN-MALÈGUE)

Fa. Lucienne, 1 an, de Nantes. Père tousse, mère bien portante, bonne grossesse, bon accouchement. Enfant née à terme, élevée 6 mois au sein, puis allaitement mixte.

Au début de mars : photophobie, conjonctivite, érythème aux pieds et éléments éruptifs sur le dos et sur les fesses.

Le 23 mars, les mains deviennent à leur tour très rouges et l’enfant commence à se gratter.

Le 2 avril, éruption sur le dos (miliaire, sudamina), les démangeaisons vont en s’accentuant, l’enfant frotte constamment ses mains ou les porte à sa bouche ; elle demande toujours à être couchée et s’agite au lit. Elle dort très mal, elle est très triste, grognon, ne veut voir personne.

Le 3 avril, petite élévation thermique à 37°6-38°8, mais, en général, l’enfant ne fait pas de température.

Elle boit abondamment depuis 8 jours (2 litres de lait par jour), elle crie beaucoup la nuit ; elle présente un aspect typique d’acrodynie : les doigts sont humides et dépouillés aux mains et aux pieds. Enfant très triste.

Le 20 avril, les selles sont décolorées et ainsi pendant plusieurs jours.

Le 23 avril 1935 : température 38°4-38°8.

Le 24 avril : ventre ballonné; la mère fait remarquer que les incisives supérieures remuent.

L'enfant est emportée au cours d’un tableau de broncho-pneumonie.

Obs. XVI (Docteur LE CALVÉ)

Il y a 2 ans m’est conduite dans mon cabinet une enfant de 2 ans, à la figure agitée de mouvements, simulant la chorée. L'enfant s’affaisse dans les bras de sa mère, frotte l’une contre l’autre ses extrémités qui sont gonflées et rouges. |

La guérison survint au bout de 3 à 4 mois.

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Obs. XVII (Docteur LE CALVÉ)

B..., 2 ans 1/2, demeurant à Beslé.

Début il y a 2 mois, changement de caractère de l’enfant, irritabilité, troubles digestifs, érythème localisé aux pieds et aux mains qui sont couvertes de sueur, grattage continuel du nez et de la tête, déchaussement des dents, poussées sudorales généralisées.

Revue le 2 mai 1935 : l’enfant a été mieux, la guérison presque complète et le traitement ayant été suspendu, reprise des symptômes.

Obs. XVIII (Docteur LE CALVÉ)

Anne M... 21 mois, d’Allaire. En janvier 1935 fait une rougeole, l’éruption sort mal, peu à peu l’appétit se perd, le caractère change, l’enfant devient triste, irritable et présente des troubles diarrhéiques.

Puis, s'installent les troubles asphyxiques des extrémités : rougeur et gonflement des mains, des pieds, alternatives de chaleur et de refroidissement, démangeaisons avec lésions de grattage des extrémités; attitude particulière ; l’enfant se tient loin de toute source de chaleur.

Traitement : désinfection du nez par l’argyrol, injections d’acétylcholine (0 gr. 02), alternativement vitamine D et extrait surrénal, héliothérapie et U. V., poudrage des lésions cutanées.

Obs. XIX (Docteur CRÉMET)

Enfant L.., 1 an 1/2, prise à la campagne en août 1933, d’une éruption avec desquamation des extrémités. Les mains sont suintantes et humides, les doigts sont rouges, boudinés et douloureux, mais les pieds sont encore plus atteints que les mains. À noter une transpi-

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