MORTE
ration intense, une somnolence invincible, de la chute des cheveux. |
L'évolution est entrecoupée de poussées de bronchites et d’adénoïdites. La durée est longue et dépasse plus de 6 mois.
Obs. XX (Docteur CRÉMET)
Enfant G.., 3 ans, est atteint en février 1934, à la campagne, d’une éruption bulleuse, à poussées successives prenant surtout la face, durant des semaines et laissant des traces.
Peu à peu se constitue un tableau acropathologique d’acrodynie typique ; en outre, on note une atrophie avec hypotonie musculaire considérable, de la photophobie, de la conjonctivite, des sueurs, une grande apathie intellectuelle et physique. Au cours de l’évolution, une double adénite axillaire dut être incisée.
Traitement : chlorure de calcium, uvestérol, sulfarsénol; l’enfant a fait depuis de nouvelles poussées plus atténuées.
Toutes nos observations ne concernent que de tout jeunes enfants ; sur nos 32 malades, 4 seulement avaient dépassé l’âge de 5 ans.
Tous les auteurs considèrent que le sexe ne paraît avoir aucune influence dans l’étiologie de lacrodynie. Notre statistique comprend 17 garçons et 15 filles.
L'influence des saisons a été contestée par beaucoup d'auteurs. En ce qui nous concerne, il nous a été possible de préciser le début de la maladie dans
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30 de nos observations ; nous avons constaté la plus grande fréquence de l'affection dans les mois froids de l’année avec une prédilection pour les mois de février et de mars ; 21 cas débutèrent de novembre à mai.
Nous ne pouvons tirer aucune conclusion de la répartition géographique des cas que nous publions ; il n’ÿ a pas eu dans notre département de foyers d’acrodynie, pas plus qu’il ne peut être question d’épidémies.
Il est curieux de constater que presque tous nos cas, si l’on met à part les observations anciennes et isolées I et II, sont de dates très récentes. L’acrodynie, « maladie qui ressuscite », a fait presque en même temps son apparition dans tous les coins de notre département.
Rocaz, dans sa monographie de l’acrodynie, a remarqué que les cas qu’il observait se répartissaient électivement le long de certains cours d’eau du Sud- Ouest. Dupont, dans sa thèse, inspirée par le Docteur Chevrel, fait la même constatation pour la région de Rennes. La répartition de nos cas n’obéit à aucune distribution géographique semblable.
Teutes les fois que nous avons pu le faire, nous avons cherché à savoir si les localités dans lesquelles se sont déclarés les cas d’acrodynie n’ont pas été également le siège d’autres affections prédominantes et particulièrement d’encéphalite aiguë ou de poliomyélite. Malheureusement il nous a été impossible de réunir à ce sujet des documents certains.
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“Nous sommes d’accord avec tous les auteurs qui se sont occupés de la question pour constater que la- crodynie est une maladie rurale : sur nos 32 malades, 23 venaient de la campagne, 2 du littoral, 5 de la banlieue, 2 seulement étaient des citadins.
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L'ACRODYNIE FAMILIALE
L'opinion générale est que l’acrodynie infantile n’est pas une maladie contagieuse ; l’allure épidémique de la maladie serait plus apparente que réelle. À propos de l’épidémie survenue en 1925 à Chalonsur-Saône et dans ses environs, Pehu écrit :
« Si donc il y a eu au sens propre épidémie, celle-ci a consisté dans l’apparition simultanée de plusieurs cas, maïs sans que, du moins directement ou d’une façon latente, la contagion ait joué un rôle. » |
Si la contagion est niée par presque tous les auteurs, il y a cependant quelques réserves à faire à ce sujet, car des cas familiaux d’acrodynie ont été signalés. | |
Kuiper rapporte une intéressante observation : elle concerne un enfant de 4 ans atteint depuis 7 semaines d’acrodynie et dont la petite sœur était morte quelques semaines auparavant de la même maladie.
Ledoux, de Besançon, cite un cas analogue de contagion probable chez deux cousins qui furent mis en contact pendant quelques heures. L’un d’eux était en pleine évolution d’une acrodynie typique, le second ne fut atteint qu'environ cinq mois plus tard. « Sil
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Rod
y a eu contagien en ce cas, dit l’auteur, il faut admettre que l'enfant est resté longtemps porteur du germe de la maladie avant que celle-ci n’éclate. »
A la Société de Pédiatrie de Paris (séance du 2 mars 1933), G. Blechmann, H. Montlaur et Mile A. Lecomte posent nettement le problème de la contagion à l’occasion de la présentation de deux frères acrodyniques; ils considèrent leur observation comme la première authentique. Les troubles observés chez les deux enfants sont « absolument superposables ». Afin d’éclaircir la pathogénie de la maladie, les auteurs procédèrent à une enquête familiale. « Les résultats ont été nuls aussi bien en ce qui concerne l'hygiène que les conditions d’alimentation », mais ils pensèrent, à tort croyons-nous, que le problème étiologique se compliquait du fait que le frère aîné des deux malades était indemne de toute atteinte.
Nous avons relevé dans la littérature d’autres exemples d’acrodynie familiale qui rendent plus probants encore le caractère contagieux de l’acrodynie.
Si, dans l’observation de Blechmann, comme dans celle de Ledoux, il y eut un intervalle de plusieurs mois avant que les mêmes manifestations n’éclatent chez le second malade, dans les cas que nous allons citer il en fut tout autrement.
Rocaz et Lartigaut rapportent en effet l’histoire d’un frère et d’une sœur, âgés l’un de 5 ans 1/2, l’autre de 4 ans 1/2, qui furent atteints tous les deux en même temps d’une acrodynie typique. Les symptômes de l’un ont été calqués sur ceux de l’autre, la
guérison survint en même temps chez l’un et chez l'autre.
Beutter a pu établir une notion précise de transmission pour un frère et une sœur atteints à un mois d'intervalle.
Dans sa thèse, Dupont a constaté chez deux sœurs une acrodynie typique qui débuta en même temps chez les deux enfants.
Nous avons pu réunir une double série de cas familiaux. Les deux premières observations concernent deux sœurs qui habitent le Bocage vendéen, région où l’acrodynie n’avait pas encore fait son apparition. Voici leur histoire :
Obs. XXI (Docteur P. DEFOULOY)
En juillet 1934, Mme R.., de Belleville, consulte un
praticien yonnais pour l’aînée de ses filles, Paulette, âgée de 4 ans, parce qu’elle est devenue très grognon et qu’elle a des « boutons » sur le corps. Le diagnostic d'infection gastro-intestinale est porté; on prescrit calomel et ferments lactiques. Une quinzaine se passe, loin de s’amender les troubles du caractère s’exagèrent, l’éruption s'étend, l’enfant transpire abondamment puis refuse capricieusement la nourriture. Enfin un symptôme nouveau apparait, la gêne puis l’impossibilité de la marche. C’est alors que l’enfant est vue par le Docteur P. Defouloy ; elle est dans son lit, pleure et trépigne, le regard est fixe et fuit la lumière, le facies est crispé; l’attention est attirée sur l’éruption qui couvre tout le corps avec prédominance aux cuisses et aux régions lombaires.
L’éruption est scarlatiniforme. De plus, les extrémités des mains et des pieds sont rouges, violacées, boudi-
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nées, froides et desquament surtout à leur face interne.
Le diagnostic de scarlatine méconnue est sur le point d’être porté, surtout que la mère semble se souvenir de l’existence d’une angine au début du syndrome, mais en poussant l’interrogatoire, on apprend que la desquamation aurait été concomitante à l’éruption sur le corps. Celle-ci d’ailleurs serait variable, s’exaspérant par à-coups, après certaines nuits où la transpiration aurait été plus marquée.
L'appareil pulmonaire est normal ainsi que le foie et la rate ; le ventre n’est nullement ballonné ; on note sur la langue les festons de la glossite exfoliatrice marginée; on note également de la tachycardie à 140 et une tension artérielle un peu élevée : 14 au Vaquez.
Abolition presque complète des réflexes patellaires et impossibilité de la marche, malgré toute absence de paralysie ; l’enfant fait quelques pas d’une démarche ébrieuse, puis s’affaisse au sol.
Insomnie nocturne tenace ; température à 37°5. Ni sucre, ni albumine.
Un spécialiste appelé met au point le diagnostic d’acrodynie, maladie complètement inconnue dans la région du Bocage Vendéen.
Traitement : injections tous les deux jours de 0 gr. 05 d’acétylcholine, administration de vitamines per os. Malgré cela, la maladie s’aggrave, l’impotence à la marche s’est compliquée de fonte musculaire, d’atonie de tous les muscles. L’acrocyanose atteint le bout du nez.
Au bout d’un certain temps, la maladie tourne court, puis s’amende. Le traitement est longtemps continué; on lui ajoute des paquets pluriglandulaires. En 6 mois, l’enfant est rétablie. Elle jouit maintenant d’une santé parfaite.
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Obs. XXII (Docteur P. DEFOULOY)
Enfant R.…, 18 mois, de Belleville, sœur de Paulette. Il y avait environ un mois que cette dernière était traitée pour de l’acrodynie lorsque sa jeune sœur, qui couchait dans la même pièce, présentait les symptômes typiques du même mal, « symptômes copiés » sur ceux de sa sœur : même fébricule : 37°5, éruption miliaire, troubles du caractère, insomnie, syndrome acropathologique identique, glossite exfoliatrice marginée.
Le même traitement fut mis en œuvre, mais, comme l’enfant présentait à l’encontre de sa sœur, qui semblait très saine, un facies d’hérédo-syphilitique (nez en selle, expression de petit vieux), il fut fait une série d’acétylarsan.
Bien que prise un mois plus tard, la plus jeune a guéri, en même temps que l’aînée, n’ayant pas été comme celle-ci l’objet de légères rechutes terminales.
Nos deux autres observations concernent deux frères et, bien qu’elles rentrent par conséquent tout à fait dans le cadre de ce chapitre d’acrodynie familiale, nous préférons toutefois en réserver l’exposé au chapitre « Acrodynie et Névraxite ».
Les deux frères dont il s’agit, respectivement âgés de 6 et 5 ans, firent, à un mois d’intervalle, une forme d’acrodynie caractérisée par l'existence de symptômes encéphalitiques (crises de somnolence, convulsions, troubles moteurs). Ces observations nous paraissent très intéressantes au double point de vue de la contagion et de la similitude des symptômes apparus.
Les deux petites malades du Docteur Defouloy
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couchaïent dans le même lit, la cadette fut atteinte environ un mois après son aînée,
Les deux frères vivaient sous le même toit, ils présentèrent les premières manifestations de leur mal à moins d’un mois d'intervalle.
Mais ce qui nous semble le plus curieux, c’est que les deux frères firent tous deux une forme encéphalique d’acrodynie et que, chez les deux sœurs, la maladie, plus typique il est vrai, fut absolument identique dans ses symptômes et son évolution.