The centre-fire heaves underneath the earth
And the earth changes like a human face ; The molten ore bursts up among the rocks.
Winds into the stone's heart, outbranches brigbt In hidden mines, spols barren river-beds, Crumbles into fine sand wbere sumbeams bask — God joys therein The wroth sea*s waves are edged With foam, white as the bitten lip of hâte, Wben, in the solitary waste, strange groups Of j'^oung volcanos corne up, cyclops-like, Staring together with tbeir eyes on flame — God tastes a pleasure in their uncouth pride.
Ce tableau de la création recommence tous les jours. Il a fait la joie de Dieu et du monde ; il a fait celle de Paracelse, qui le voyait se dérouler à travers la majesté des périodes géologiques ; mais il fait aussi celle de Tâme simple et naïve qui se contente de le regarder et d'en jouir. Le chant de Pippa, la jeune fille qui passe en répandant sur le monde ses notes joyeuses, qui verse dans les âmes des rayons d'idéal qu'elle ne connaît pas elle-même, c'est le chant du monde entier dans sa joie, parlant à l'humanité de lumière et de bonheur.
L^année est au printemps ; le jour est au matin ; le matin est à ses sept heures ; le flanc de la colline est perlé de rosée ; l'alouette prend son essor ; l'escargot s'avance sur l'épine ; Dieu est dans son ciel ; tout est bon dans le monde * .
Mais c'est là la joie de l'enfant, celle du printemps et du matin, de la jeunesse de Pippa, de la jeunesse de la création, telle que la voit Paracelse vieilli. Ce sont aussi les premiers hymnes du poète. Persisteront-ils lorsque les années auront fait leur œuvre, et que la vie aura passé sur lui, avec son cortège inévitable de souffrances, de
Then ail is still ; earth is a wintry clod :
But spring-wind, like a dancing psaltress, passes
Over its breast to waken it, rare verdure
Buds tenderly upon rough banks, between
The witbered tree-rools and the cracks of frost,
Like a smile striving witb a wrinkled face ;
Tbe grass grows bright, the boughs are swoln with blooms
Like cbrysalids impatient for the air ;
The sbîning dorrs are busy, beetles run
Âlong the furrows, ants make their ado ;
Above, birds fly in merry flocks, the lark
Soars up and up, shivering for very joy ;
Afar the océan sleeps ; white fisbing-guUs
Flit where the strand is purple with its tribe
Of nested limpets ; savage créatures seek
Their loves in wood and plain — and God renews
His ancient rapture.
{ParaceUus^ v.) 1. Theyear's at the spring
And day's at the morn ;
Moming's at seven ;
The hill-side s dew-pearled ;
The lark*s on the wing ;
The snail's on the tborn :
God's in his heaven —
AU's right with the world I
{Pippa passes.)
séparations et de déceptions ? Il faut le demander aux œuvres de sa maturité.
L'impression reste la même. Peut-être n'y a-t-il plus l'exubérance joyeuse du jeune homme qui sent la force bouillonner en lui et la vie s'étendre sous ses pas, pleine d'espérances et d'illusions. Mais il y a toujours le même jugement général sur la vie, exposé d'une façon calme et précise, comme le résultat d'une longue expérience et d'une réflexion mûre. Il le fait dire par Apollon aux Parques :
L'homme est-il heureux? — S'il en est autrement, dissipez ce doute qui m'assiège. Quel est donc l'ami qui salue jamais un homme autrement qu'en lui disant : « Vis aussi longtemps que se succéderont les saisons v.au lieu de : « A toi la mort immédiate * 1 ))
Et il chante avec elles les joies de la vie dans une danse folle :
L'enfance ? Qu'importe que la rose du matin pâlisse et s'en aille en une effusion de larmes ? Avoir espéré une fois n*est point chose à mépriser I Aimer une fois ! La douleur même de l'amour le rend plus cher. Le succès d'une minute compense des années de déceptions. L'âge mûr ? Le réel ? Non ! Louez le possible. Ce qui est ? Non ! Chantez ce qui peut être ; c'est là Tessentiel de l'homme. La vieillesse ? Là se termine la crainte ; la lutte est finie ; l'homme a vécu sa vie ; il a échappé à la mêlée, non sans égratignures, mais sans blessure. Il a en quelque sorte éludé les coups de la fortune ; il conquiert aujourd'hui. Demain, nouvelles occasions et forces nouvelles ! Louez donc la vie de l'homme, qui n'est pas une défaite, mais un triomphe ^ I