Son, suppose
My camel told me : « Tbreescore days and ten I traversed bill and dale, yet never found Food to stop hunger, drink to stay my drouth ; Yet, hère I stand alive, wbich take in proof That to survive was found impossible t h « Nay, ratber take thou, non-sur viving beast (Reply were prompt), on flank tbis tbwack of staS Nowise affecting flesb tbat's dead and dry !
Tbou wincest ? Take correction twice, amend Next time tby nomenclature t Call wbite — white I » Tbe sourly-Sage, for wbom life*s best was deatb, Lived out bis seventy years. looked baie, laugbed loud, Liked — above ail — bis dinner, — lied^ in sborl. »
(A Beaii'Stripe, — FeriêhtcJis Fancies,)
actes, qu'il faut juger de leurs convictions les plus profondes. Ce ne sont pas leurs livres qui montrent leur foi, c'est leur vie.
Comment, d'ailleurs, pourrait-on être sincèrement pessimiste ? Le monde ne paraît-il pas adapté à la vie humaine comme un palais préparé pour elle ? L'homme s'y trouve comme serait le Persan qui, allant rendre visite à la cour du Schah, y trouverait tout prêts des appartements destinés à lui seul, contenant tout ce qu'il lui faut, meublés d'après ses besoins et ses goûts, avec même des pantoufles faites pour son pied et brodées à son initiale. Que ce Persan ne dise pas qu'il doit en remercier le hasard ou les esclaves du Schah ; que sa gratitude aille plus haut. De même l'homme ne doit pas remercier les forces aveugles de la nature ; celles-ci n'ont fait qu'obéir à un ordre supérieur, arrangeant les choses pour le bien de l'homme. Il ne faudrait pourtant pas voir là une de ces vieilles théories exclusivement anthropocentriques contre lesquelles la pensée moderne s'élève si fortement. Qui suis-je, en effet, pour que le monde entier ait été créé pour moi ? — Non, dira Browning, il n'est pas créé pour moi ; il l'est pour chacune de ses créatures. Je puis considérer l'étoile comme un flambeau qui rendra mes nuits divines, mais je n'affirme point que ce soit là son seul rôle dans l'univers. L'insecte sur la feuille de palmier considère cette feuille comme préparée pour lui fournir nourriture et demeure, mais il ne préjuge rien de tous ses autres usages. Ainsi chaque créature trouve l'univers entier adapté à ses propres besoins, comme si elle était la seule existante, et si l'infini gravitait autour d'elle. La conception qui faisait de l'homme le centre du monde pouvait nous sembler trop écrasante pour être vraie. Cette nouvelle conception n'est-elle pas plus merveilleuse encore ? L'univers, qui semble marcher vers ses fins inconnues, sans se préoccuper des individus innombrables qui le composent, est, au contraire, une demeure préparée pour chacun d'entre eux ; il en favorise l'existence et le développement ; il le sert de la façon la plus profitable, comme si chacun était une créature unique, le fils bienaimé de Dieu. Que l'on ne vienne pas dire, en objection, que c'est chaque espèce, chaque individu, qui, à force de modifications successives, s'est adapté lui-même à cet univers afin de pouvoir y vivre ; que nous jouissons à présent de l'œuvre lente, obscure et pénible des générations passées. Personne ne songe à le nier. Mais ce don de transformation, même au prix de douleurs passagères, cette faculté d'adaptation de soi-même à l'univers, n'est-ce donc rien ? Considé-
rons-la plutôt comme une autre de ces lois merveilleuses^ qu'il faut admirer avec amour, et qui donnent à chaque être la plus grande somme possible de bonheur
Telle est, pour Browning, la vue d'ensemble de la création. Sansdoute, l'adaptation de chacun au monde et du monde à chacun n'est point parfaite. Il y a le mal et la douleur. Mais ceux-ci ont, comme nous le verrons bientôt, leur rôle nécessaire, et leur suppression serait un mal plus grand encore que leur existence. Ils ne dominent d'ailleurs pas assez pour détruire l'optimisme des âmes fortes et des esprits sensés, de sorte qu'en réalité chacun des êtres de la création peut pousser le cri enthousiaste de Pippa :
Dieu est dans son ciel ; tout est bon dans le monde !
La bonté divine, — U Homme-Dieu,
Une telle conception optimiste amène la conscience d'une dette due par chaque créature à son créateur. Pour l'homme, c'est la reconnaissance envers Dieu. Sur ce fait d'expérience intérieure. Browning étaie toute une conception de la divinité, et il arrive jusqu'à répondre à la question fondamentale de l'apôtre, question qui, aujourd'hui comme il y a deux mille ans, se trouve à la base de toutes les doctrines chrétiennes ; « Que pensez-vous du Christ ? » Les arguments par lesquels il nous fait passer ne sont pas toujours indiscutables. Il peut y avoir sur le chemin des degrés branlants où nous n'oserions peut-être pas poser les pieds. Mais n'est-ce pas au milieu des rochers croulants, par des pentes escarpées et glissantes, à côté de précipices vertigineux, et au prix de grands efforts, que l'on monte vers les cimes ? Ce qui importe, c'est qu'on y arrive et qu'on s'y tienne ferme. Browning y est arrivé, et c'est dans cette ascension ardue qu'il nous faut le suivre. Là peut-être est l'aspect le moins rigoureux, mais le plus personnel et le plus intéressant de sa philosophie et de sa religion.
Ainsi que nous l'avons indiqué plus haut, dans l'argumentation de Browning, le sentiment de reconnaissance et d'amour que nous avons pour le Créateur présuppose un Dieu capable de recevoir cet amour et d'en être touché. Ainsi disparaît la conception d'un Dieu impassible, qui ne serait que la personnification d'une loi physique inéluctable et suprême, aveugle et sourd comme le destin, indifférent au
monde qu'il aurait créé. Ce n'est en effet qu'à une personne que peut aller la gratitude, non à une chose sans âme ou à une loi. Ferishtah, qui regarde l'heure au cadran solaire élevé sur la colonne deSebzevar, ne songe à en remercier ni le cadran ni la loi inconnue d'après laquelle il fonctionne (A Pillar at Sebzevar, — Ferishtah*s Fondes), C'est à l'ouvrier, quel qu'il soit, que s'adressent ses remerciements ; de même c'est à Dieu, créateur et préservateur du monde, que va son amour. Il ne faudra pas venir lui dire que Dieu n'en a nul besoin. Cela lui importe peu. Si un maître est bon pour son esclave, l'esclave se dispensera-t-il de reconnaissance sous prétexte que son maître peut s'en passer ? Donc notre amour pour le Créateur est à la fois une chose due et naturelle, quels que soient la nature ou les besoins de ce Créateur mystérieux. Mais puisque cet amour est naturel, il faut que Dieu, non seulement soit capable de le recevoir, mais encore qu'il le reçoive avec plaisir A quoi servirait à une fleur d'offrir son parfum s'il n'y avait pas d'odorat pour en jouir ? A quoi bon notre amour si Dieu y est insensible ? Mais Dieu nous a comblés de tous les biens qui excitent notre reconnaissance ; il nous a fait une âme d'où l'amour jaillit spontanément. Tout cela serait donc pour rien? Il y aurait place dans la création pour cette chose inutile et absurde — l'amour de Dieu — dont nous sentons cependant si profondément la légitimité et la force I Le sens de l'adaptation de toutes choses dans l'univers nous empêche de penser cela. Il est bien plus logique et plus naturel de dire : « Puisque j'aime Dieu, c'est que Dieu est sensible à mon amour. y> Ainsi Browning franchit la première brèche, et, d'après sa conscience à lui, détermine le premier caractère de la
I divinité. Par l'intelligence il n'aurait pu arriver à concevoir rien
: d'elle ; par l'amour il y arrive d'an coup.
Si le savoir était ton unique faculté. Dieu devrait à tout jamais être ignoré. L*amour le gagne du premier bond^.
Est-il nécessaire de s'arrêter ici et de montrer pourquoi bien des esprits ne pourraient suivre Browning dans ce bond audacieux ? On peut discuter sa théorie optimiste du monde, même sans aller jusqu'au pessimisme, et voir dans la vie une chose indifférente, ni