‹ Quelques aspects de la foi moderne dans les poèmes de Robert BrowningChapitre 32 sur 52 · Embarkfor the vastitude, ô Mind · texte numérisé non relu

Embarkfor the vastitude, ô Mind

Of an absolute bliss I Leave carth behind I

Hère, by extrêmes, at a mean you guess :

There, alFs at most — not more, not less :

Nowhere deficiency nor excess.

No want — whatever should be, is now :

No growth — that's change, and change cornes — how

To royalty born with crown on brow ?

Nothing begins — so needs to end :

Where fell it short at first ? Extend

Only the same, no change can mend I...

None preferred,

None felt distaste when better and worse Were uncontrastable : bless or curse What — in that uniform universe ?...

No springs.

No winters throughout its space. Time brings No hope, nofear : as to-day, shall be To-morrow : advance or retreat need we At our stand-still through eternity ?

(Rephan, — Fancies andFacts,)

savoir pourquoi agitée de désirs vagues, remplie d'un sentiment de satiété mécontente.

£t j'aspirai, non à la monotonie, mais à une différence entre chose et chose, différence qui vînt choquer mes sens par le manque de quelque valeur en elles. Ainsi j'aurais tressailli à la vision d*un Infini découvert au-dessus et au-dessous de moi, hauteur qui attirerait mon vol, profondeur qui repousserait ma chute, m*enseignant l'amour par l'existence de la haine. Oh I quel gain ce serait de voir au-dessus de moi, toujours quelque chose de supérieur ; de me mouvoir, de me rapprocher sans jamais arriver, d'aspirer toujours sans jamais atteindre l'ohjet désiré ! Cependant ce ne serait pas une aspiration vaine, puisque je ne retoucherais jamais plus le degré que j'aurais quitté. Souffrir, pourvu que ma souffrance fasse le bonheur de mon bienaimé, ou arrache quelque vérité à l'ignorance ; souffrir juste pour ceci : pouvoir ajouter une goutte à un abîme d'amour. C'est assez. Vous, hommes, vous doutez, vous espérez, vous craignez, vous agonisez, vous mourez. Qu'importe ? La fin de votre labeur est-elle hors de vue ? N'avez-vous pas l'assurance qu'une fois la terre passée, le mal deviendra le bien ? Celui qui a tout créé perfectionnera tout dans cette sphère plus haute, vers laquelle tendent tous vos désirs K

Voilà donc 1 être parfait, pour qui le bonheur consisterait au contraire dans rimperfection, le désir et le labeur. N'est-ce pas la même parole que celle des sages anciens : « Si Dieu nous avait tout donné, nous devrions encore lui demander le besoin. » C'était ce que

1. And I yearned for no sameness but différence In thing and thing, that should shock my sensé With a want of worlh in them ail, and thence Startle me up, by an Infinité Discovered above and below me — height And depth alike to attract my flight, Repei my descent : by hâte taught love.

Oh, gain were indeed to see above Supremacy ever — to move, remove, Not reach — aspire yet never attain To the object aimed at I Scarce in vain, — As each stage I left nor touched again.

To suffer, did pangs bring the loved one bliss, Wring knowledge from ignorance, — just for this, To add one drop to a love-abyss I Enough : for youdoubt, you hope, O men, You fear, you agonize, die : what then ?

Is an end to your life's work out of ken ?

Hâve you no assurance that, earlh at end, Wrong will prove righl 7 Who made shall mend In the higher sphère to which yearnings tend ?

(Rephan. —Fanciesand Facts.)

demandait l'esprit parfait de Tétoilc de Rephan ; il eut sa récompense.

Une voix me dit : Ainsi, tu veux l'action et non le repos, la flamme et non le feu qui s'étoufiFe. Tu veux conquérir par ton mérite ; tu n*es pas satisfait d une abondance qui est de la disette ? Tu t'es élevé au-dessus du monde de Rephan : que ta place soit sur la terre ^ !

Ne nous plaignons donc point de l'imperfection, de la douleur et du mal. Sans eux point d'idéal, point de progrès, point de vie: un ciel qui serait un enfer.

Mais ils ne sont pas immuables ; ils ne doivent pas rester tels qu'ils sont. Leur existence absolue et éternelle serait un échec de Dieu. Ils doivent, pour chacun de nous, diminuer, disparaître peu à peu, et chaque âme, pour être adaptée au dessein général du monde, doit marcher vers l'absolu. Or cet absolu n'étant point atteint ici-bas, la présence de l'imperfection est une garantie que d'autres vies nous sont réservées, afin que nous puissions continuer la poursuite et l'évolution éternelles. Ainsi, de même que Rousseau et les déistes voyaient dans le triomphe du mal sur la terre une des plus fortes raisons de croire à l'immortalité de l'âme, de même Browning en fait un fondement de sa foi. Mais il dépasse Rousseau en ne considérant pas le mal momentané comme un mal réel dans la vie de l'univers, et en en faisant au contraire un élément nécessaire à l'existence même du bonheur et du bien. Ce n'est pas non plus l'idée de justice, de récompense ou de châtiment, qui domine dans sa conviction de Timmortalité personnelle ; c'est le sentiment de l'amour suprême de Dieu et du progrès infini à accomplir. Ce sont là les traits fondamentaux qui ont donné leur forme spéciale à sa conception de la vie présente et de la vie à venir.

1. A voicc said : « So wouldst thoustrive, nor rest? a Burn and not smoulder, win by worth, « Not rest content with a weaith that's dearth ? « Thou art past Rephan, thy place be Earth ! »

Page 1