After death
Life : man created new, ingcniously Perfect for a vindiclive purpose now That man, fîrst fashioned in beneficcncc, Was proved a failure ; intellect at length Replacing old obtuseness, memory Madc mindful of delinquent s bygone deeds Now that remorse was vain, which life-long lay Dormant when lesson might be laid to heart.
A faculty of immense suffering
Conferred on mind and body, — mind, erewhile
Unvisited by one compunctious dream
During sin*s drunken slumber, startled up,
Stung through and through by sin*s significance
Now that the holy was abolished — just
As body which, alive, broke down beneath
Knowledge, lay helpless in the path to good,
Failed to accomplish aught legitimate,
Achieve aught worthy, — which grew old in youth,
And at its longest fell a eut- down flower, —
Djring, this loo revived by miracle
To bear no end of burthen now that back
Supported torture to no use at ail,
And live imperishably potent — since
Life's potency was impotent to ward
One plague off which made earth a hell beiore.
{The Inn Album, iv.)
avait prononcé sur lui le jugement final. Or, à ce moment-là, il avait au fond de son âme fait le choix entre le monde et Dieu, et choisi le monde. Quelle est la sentence divine : « Tu as voulu le monde ? Prends-le. Il est à toi tout entier et pour l'éternité. » Alors tous les trésors de Tunivers s'ouvrent devant lui, le spectacle inépuisable de la nature, tous ses secrets, toute la science que les hommes peuvent imaginer ; puis, au delà de la nature, Tart, tous les idéals des poètes et tous les rêves des artistes ; au delà de l'art l'amour, et tout ce que les cœurs humains peuvent donner de chaleur et d'affection. Il semble que ce soit là le ciel, et au premier abord l'âme déborde de reconnaissance et de joie. Mais bien vite arrive le désenchantement. Qu'est-ce que le monde avec toutes ses richesses, sinon l'antichambre du palais, divin, la tapisserie splendide de la porte en dehors de laquelle il lui faudra toujours rester ? La splendeur même de notre univers, vue dans toute sa plénitude, nous fait mieux deviner ce qu'il peut y avoir au delà, dans le royaume invisible de Dieu, et remplit Tâme d'un désir intense qui doit être à jamais inassouvi. L'art ? Même désillusion ! Contempler un Raphaël, un Michel- Ange ? Combien plus beau l'idéal qu'ils n'ont fait que rêver, et qu'ils accomplissent maintenant là-haut, sous l'œil de Dieu, avec des moyens parfaits et un génie infini I Quelle torture de penser que jamais nous ne le contemplerons, et qu'il faudra nous contenter de nos pauvres rêves terrestres ! L'amour lui-même, la chose la plus divine, à laquelle le malheureux réprouvé s'attache enfin et où il trouve une consolation, qu'est-ce en comparaison de l'amour infini et éternel de Dieu, source vivante de tout amour humain ? Mais, s'attachant à cette dernière planche de salut, il a confiance en l'amour. Possesseur indigent de l'univers, misérable, il erre dans la campagne tous les ans, le matin de Pâques, dans l'espoir que peut-être quelque jour ce jugement sera changé pour lui, maintenant qu'il aime et qu'il voit la vérité. « La miséricorde de Dieu est infinie, et qui sait ?... » Ainsi l'enfer, pour une âme attachée à l'univers matériel, c'est simplement la possession de ce qu'elle a désiré et l'exclusion de ce qu'elle n'a point voulu. Il n'en faut pas plus ; le châtiment est assez grand ; c'est la peine du dam des théologiens, la privation de la vue de Dieu. Pour 1 ame qui a été coupable, la plus grande punition, c'est la vue claire de sa faute. Point n'est besoin d'autre souffrance. La conscience du mal accompli, la sensation de l'irréparable, les remords et les regrets, sont un enfer bien plus épouvantable que
toutes les peines physiques. Ferishtah enfant brûla pour s'amuser un livre précieux où son père avait écrit les résultats de son expérience et les maximes de sa sagesse. Il ne voulait que faire de la flamme, et n'en savait pas davantage. Maintenant qu'il comprend ce qu'il a fait, ses regrets sont une punition suffisante. C'est ainsi qu'agissent les hommes ; leur châtiment sera de sentir la grandeur de leur faute :
Le pardon ? Donne-moi plutôt Toubli. Le passé est passé et perdu. Quelque prés que je sois des yeux de Dieu, j'en serais plus près encore si je m'étais servi des degrés qu'il offrait à mes pieds et que je repoussai impatiemment. C'est cela que j'appelle l'enfer. A quoi bon une autre punition* ?
Si les fautes étaient punies par la souffrance physique sur cette terre, ce serait déjà une réparation, et on en souffrirait moins : Tinjustice trop punie devient plus juste. Mais les fautes qui ont été cachées sont bien plus terribles.
Les fautes que vous n'avez jamais soupçonnées, celles que vous avez louées en ne les appelant point des fautes ! Ah I celles-là, que ne les avezvous découvertes ! Que n'avez-vous écrasé ces œufs d'où pouvaient sortir des serpents ^ ?
Ces serpents sont les remords, d'autant plus terribles dans la vie à venir qu'ils ont été moindres ici. Personne ne pourra y échapper lorsque la vérité apparaîtra, et nous pouvons être sûrs qu'elle se montrera à tous, même aux yeux les plus fermés et aux cœurs les plus endurcis. Pour ceux-là peut-être apparaîtra-t-elle sous son aspect le plus terrible, tel que le décrit le pape au moment où Guido, criminel sans remords, marche vers son exécution :